‹ Histoire des ItaliensChapitre 84 sur 150 · JEAN GASTON · texte numérisé non relu

JEAN GASTON

pécbAt ce mariage, et Cosme, încapriWe de rien refuser à un cardinal qui pouvait ttiî jouroccnper le saint-si^ge, fit enfermer Elisabeth dans un monastère. Comme il arrive d'ordinaire , l'amour du jeune homme ne fit que s'accroître ; ne pouvant aborderla veuve, il répousa par lettre, d'enfnit à Mantoue^ publia l'acte et demanda qu'elle lui fût livrée. Le grand-duc, l'archevêque et les parents refusèrent. Les meilleurs jurisconsultes de la Lorabardie déclaraient ce mariage légal 5 mais ceux de Florence ne lui donnaientque la valeur de fiançailles. Lorsque le saint-siége vint à vaquer, Acciaïuoli envoya le récit du fait et ses allégations à tous les cardinaux, ce qui enleva à son oncle tout espoir de papauté. Le grand duô s'irritait devoir son injustice rendue publique; toutetois, il remit en liberté Elisabeth, qui courut à Venise rejoindre son époux, afin d'en partagerlespeinesetla persécution ;mais comme toute l'Italie, pmr l'intérêt qu'elle prenait au sort des époux, blâmait le grandduc, celui-ci demanda à la république de les lui livrer, sous le prétexte qu'ils avaient manqué de respect et d'obéissance à leur souverain. lis s'enfuirent vers l'Allemagne, déguisés en moines; mais ils furent reconnus à Trente et conduits en Toscane. Acciaïuoli, privé de ses biens, fut condamné à passer sa vie dans la forteresse de Volterra, et sa femme menacée du môme traitement si elle persistait à soutenir la validité de son mariage; mais elle faiblit, et préféra l'existence solitaire à la prison éternelle avec son mari (Ij.

Bedi conseillait la promenade au grand-duc comme remède

aux maux occasionnés par l'intempérance ; or, comme la galerie

était le lieu de ses exercices, il y réunit tout ce que sa famille

possédait de rare , et fit venir de Rome la Vénus avec les au-

1723. très chefs-d'œuvre. Il vécut jusqu'à quatre-vingt et un ans.

Le cardinal François-Marie, frëre de Gosme, fut sécularisé ; mais Éléonore de Gonzague, qu'il épousa, ne voulut jamais se laisser approcher par ce vieillard épuisé qui, regrettant les doux loisirs de sa première existence, mourut en 4711. Ferdinand, fils aîné de de Cosme, élevé par Redi, Viviani et le cardinal Noris, rendit par les vices son âme et son corps incapables d'aimer sa femme, et mourut à cinquantre- trois ans. Jean Gaston, le fils cadet unique survivant, fut malheureux dans son mariage comme tous lesMédicis ; sa femme, duchessedu Lauenbourg, grossière, peu ainjée,détestant l'Italie , ne voulut jamais sortir de sa Bohème ; quant à lui^ pour

(I) Gallczzi, livre VIII, cli. 10.

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