‹ Histoire des ItaliensChapitre 88 sur 150 · CÉRÉMONIAL, TITRES · texte numérisé non relu

CÉRÉMONIAL, TITRES

pieuse croyance , combattue par eux ; les professeurs trouvenf qu'on porte atteinte à la liberté de renseignement, et Rome conteste aux rois le pouvoir de proposer une croyance théologique.

De grands problèmes moraux et politiques ne furent ni posés ni discutés parmi les Italiens; mais de puérils débats sur le cérémonial , des disputes d'hérédité , des querelles entre des évéques et des gouverneurs, ou bien avec le pape pour les juridictions, occasionnèrent des troubles continuels et des guerres parfois; il y avait de fréquents duels sur les voies publiques, et des villages étaient assaillis à main armée; on se faisait un bonheur d'être compté parmi la haute et la basse domesticité de TEspagne, et d^obtenir des titres empruntés à la table, aux chasses^ aux écuries, aux antichambres royales; chacun conservait avec un soin jaloux ceux qu'il avait reçus par héritage, les petites distinctions ^ et prétendait à des privilèges dont les inférieurs avaient à souffrir, et qui rappelaient ce que les nobles avaient été, sans faire connaître les motifs de leur déchéance. Aux processions , aux céré* monies , magistrats , prêtres et maîtrises luttaient pour le vêtementy le siège, le pas. Combien de fois à Naples ne furent-elles pas retardées, jusqu'à ee que le maître des cérémonies eût prononcé ! en attendant, les uns et les autres avaient les armes à la main, et les soldats ne pouvaient empêcher les. collisions. Parfois on se mettait en marche ; mais un jour qu'on avait signifié que les nobles titrés auraient un poste distinct, les nobles non titrés éteignent leurs petits cierges et s'en vont ; tantôt on réunit le eonseil, mais le syndic se retire parce qu'il trouve qu'on ne lui a point réservé un siège convenable; tantôt, dans une solennité, le gouverneur quitte l'église, irrité parce qu'il voit mettre un petit tabouret sous les pieds de l'archevêque; une fois, c'est toute la noblesse qui sort de la messe, parce que le vice-roi a fait asseoir près de lui un de ses neveux; parfois encore, un ambassadeur ne peut être reçu, parce que son rang dans la noblesse espagnole l'autorise à traiter le vice-roi d'égal à égal.

Une princesse meurt, et des commissaires royaux s'opposent aux funérailles, parce qu'elle a des armoiries et des insignes au- X. dessus de son rang, et le cadavre est mis de«côté jusqu'à ce que/ les décisions arrivent d'Espagne. Les grands de Naples agitèrent longtemps la question relative à la faculté de se couvrir devant le roi, privilège de tout grand d'Espagne; en effet, Charles-Quint avait dit à quelques-unes des regnicoles, à d'autres non, les mots si désirés : Couvrez-vous. Dans les obsèques pour la reine d'Es^

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