‹ Histoire des ItaliensChapitre 91 sur 150 · DIVERS USAGES NOUVEAUX · texte numérisé non relu

DIVERS USAGES NOUVEAUX

viatique porté à ce roi prisonnier. Les Travaglini étaient les bouffons de cette île, comme Pulcinella de Naples.

A cette époque, crût la manie pour les chanteurs , que Ton commença d'appeler virtuosi; outre les frais de costumes, de scènes, d'éclairage, on les payait 200, 300 doubles et davantage. Ferdinand de Mantoue dépensa pour une cantatrice tout ce qu'il avait retiré de la vente de Casale et tout ce qui lui restait de précieux. Le séjour fortuné de ces femmes était Venise, qui voyait accourir de tous les pays des individus, attirés par les spectacles et la liberté du masque. A Rome même, on voyait de somptueux carnavals, lorsqu'ils n'étaient pas défendus par un pontife austère.

L'existence s'embellit de beaucoup de commodités; l'usage des carrosses s'étendit, et l'on introduisitle café (1), le quinquina le chocolat et même le tabac, apporté pour la première fois en Italie par le cardinal Sainte-Croix, lors de sa nonciature en Portugal (2). Les jardins même parurent exprimer un autre changement dans les mœurs, c'est-à-dire la substitution de la vie privée à l'existence publique; on les fit plus grandioses^ en les ornant

(1) JOans le Rapport de l'ambassade à Constantinople de Jean François Morosini, baile de la république de Venise en 1585, on lit : — Tous ces gens sont très-vils, de moeurs basses, de peu d'industrie, de manière que la plupart passent le temps dj|ps une grande oisiveté. Ils sont presque toujours assis, et, comme distraction, ils ont coutume de boire publiquement dans les boutiques et même dans les rues une eau noire aussi chaude que possible, que Ton tire d'une graine appelée cavée, qui a la vertu, disent-ils, de tenir Thomme éveillé; ce que font non-seulement des hommes de basse condition , mais encore des classes les plus élevées. D'autres mangent du haschich pour se rendre gais, qoerques-uns de la thériaque ou du létifiant de Galien et autres choses sem^ blables, de l'une desquelles il parait qu'il est impossible que les Turcs ne fassent point usage. Ceux qui boivent du vin, le font de telle manière qu'ils ne cessent de manger ou de boire que lorsqu'ils sont dans l'ivresse. Ils ne se promènent jamais; ils se moquent même des chrétiens qui le font, et disent qu'ils sont fous de marcher sans nécessité. »

Un des premiers livres qui traite du café, est De saluberrima potione Cahue^ $êu Café nuncupata ; discursus Faustini Naironi BanesH tnaronitœ, Rome 1671. Prosper Alpinoa donné de cette plante une excellente description.

(2) Castore Duranti disait :

Hanc Sanctacrucius Prosper, quum nuncius esset Sedis apostolicx Lusitanas missus ad oras.

Hue adsportavit, romanss ad commoda gentis.

Presque à la même époque, Jean Nicod, ambassadeur français en Portugal, rinti-oduisait en France, où il fut appelé Nicotine, puis herbe de la reine, parce que Catherine de Médicis en faisait usage.

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