‹ Histoire des ItaliensChapitre 92 sur 150 · JARDINS. AGRiGUtTURE · texte numérisé non relu

JARDINS. AGRiGUtTURE

de cascades^ de Kiosques, de moulins à vent, de grottes, de petits temples^ de perspectives , de massifs d'arbres, avec des clôtures et des haies de charme ; toutefois, on ne cherchait point à imiter la nature, mais à faire que la nature servit à l'art. Les ermitages, les tours chinoises^ les cabanes, les châteaux en ruine^ les chapelles gothiques n'étaient pas encore en usage : on préférait les dispositions symétriques, les escaliers alternant avec de petites surfaces planes et des terrasses entourées de balustrès; un demi cercle dit théâtre avec des niches, des vases; des statues et des cascades tombant de bassin en bassin et distribuées diversement; de véritables bois comme la forêt de pins de la villa Pamfili, et d'immenses prairies entourées de peupliers et de haies. On y ajoutait un casino, orné avec une recherche infinie, auquel conduisaient des allées de cyprès, et d'où l'on jouissait de quelque vuelnerveilleuse. Ce fut de cette manière que Jacques de la Porta disposa la Aldobrandini à Frascati; Annibal Lippi, les jardins du Quirinal; Algardi, la Pamfilî à la porte Saint- Pancrace ; Marchione , la Albani, et Rome en avait d'autres encore. A Gênes , on trouvait la Groppallo, la Parravicini, la Doria ; à Vérone, le jardin Giusti; sur le lac Majeur, les îles Borrgmée. De ceux de la cour de Turin le Tasse tira Tidée des jardins d'Armide, si peu magiques. .

Les riches n'avaient pas le goût de l'agricultyre , sur laquelle il nous reste peu de renseignements. Le Brescian Augustin Gailo publia en 4550 les Vingt journées de l'agriculture et des plaisirs de la villa^ dialogues prolixes et mal écrits, mais avec des connaissances pratiques; car l'auteur expose ce qu'U avait expérimenté lui-même, ou bien appris de personnes dignes de foi; Haller le traite donc avec trop de sévérité quand il dit ce Verbosus senex omnia obvia, etiàm aliéna profert; non satisfecit neque in hortis, nepie in agrorum cultu* Il parie de la culture du riz et de celle du trèfle , que l'on ne voyait alors qu'en Espagne» Le Crémonais Jean-Baptiste Gassandri , dans l'^conom/e, ou discipline domestique (Crémone, 1616), traite de tout ce qui sert à faire prospérer une famille sons le rapport de Tâme et du corps. Le Bolonais Vincent Tanaro fit V Economie du citoyen à la campagne (Bologne 1644), divisée en sept livres avec ces titres : Pain et vin, la Vigne elles Alpes, la Volaille, le Jardin, le Verger ^ les Champs, la Lune et le Soleil, Il ne semble pas qu'il fût lui-même agriculteur praticien; mais il recueillait des faits > et nous lui devons de bizarres particularités : par exemple , l'usage alors plus

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irépândn de Soutenir la vigne avec des échalas; la riche culture des choux dans les pays de montagne ; le fenouil de, Bologne ayec la tige aussi grosse qu'une cuisse. Les jonquilles se vendaient fort cher à Bologne , et c'était depuis peu qu'on y avait introduit le$ tubéreuses.

Marc Bussato de Ravenne, dans le Jardin d'agriculture (Ve-^ nîse 1592), s'étend sur la taille de la vigne et les greffes des arbres fruitiers, devançant La.Quintinie , Normand et d'autres Français; il puise beaucoup dans les anciens, et son style est négligé. Le Souvenir d'agriculture ( i567) de Camille Tarello donne de bons conseils, non empruntés aux anciens ; entre autres , il recommande le double labour et la rotation, tout en prescrivant de consacrer seulement au blé un quart du fonds, et le reste à d'autres produite; il conseille de macérer le grain dans de Turine ou bien de l'eau de chaux avant de le semer, de le répandre peu serré et de le recouvrir; il vante la culture du trèfle, et veut que l'on convertisse de temps en temps les prairies en terres à céréales. La découverte de la rotation agraire n'appartiendrait donc pas aux Anglais. Dominique Marie Clarici, d'Ancône, nous a laissé V Histoire et la culture des plantes qui sont, pour la fleur j les plus remarquables et les plus distinguées pour orner un jardin dans toutes les saisons de l'année (Venise 1726), avec un volumineux traité des légumes.

Avant que Louis XIV répandît dans toute l'Europe le ton et les modes de France , on imitait TEspagne dans le bien comme dans le mal, dans la littérature comme dans la manière de se vêtir. A Naples, on prêchait en espagnol, on jouait en espagnol au théâtre, et les écrits se remplissaient d'espagnolismes, comme aujourd'hui d'expressions françaises; dans les conversations, on entendait sans cesse bacio le mani (je vous baise les mains ), resti servida ( ayez la bonté), ôw^/ee (disputes), convojare (convoyer), papelare (feuilleter), montiera (bonnet), far provecio (être utile), alborolo (trouble) et tant d'autres (1). En effet, par une mauvaise habitude,

(1) Les termes espagnols correspondants sont : Le beso a vd, las manos, quede vd- servido ou sirvase vd. àulla, convoyare, papeleare, montera^ esser de provecho, alboroto (Note du rédacteur).

En 1648, le prince de Roccaromana, décrivant une victoire qu'il avait remportée, disait : — Je suis presque mort de fatigue pour avoir pc/ea^o {combattuto, combattu) liuit heures... je m'en réjouis avec voire excellence, le tout étanlle résultat de votre amparo {protezione, protection). Le sergent Garzia mérite la place de Valfiere (enseigne) mort, et je la lui ai promise; que votre excellence lui accorde ce grade. » Âp. Càpecelatro, Diarj4

ancienne et nouvelle ^ les Italiens adoptent les défauts de leurs dominateurs^ même alors qu'ils les abhorrent ou les méprisent : enflures espagnoles, subtiles fantaisies des Français, pipe allemande.

Nous avons parlé ailleurs en détail des usages de la Lombardie et du royaume. Florence, que nous avons vue avec Cacciaguida sobre et pudique, puis économe et laborieuse au temps de la république, enfin brillante par le savoir et le faste sous les premiers ducs^ peut encore nous offrir beaucoup de couleurs pour faire le tableau des usages d'alors; Fun de ses citoyens aux mœurs antiques , notant sur les registres de sa maison les faits quotidiens , nous retrace ainsi le changement qui s'était opéré sur la fin du siècle (1).

a Dès qu'un mariage était conclu^ les intéressés des deux côtés en informaient en personne les plus proches parents , ou , par un serviteur, les plus éloignés ; ensuite, pour le jour où Fon devait faire sortir la jeune fille en habits d^épousée , on invitait les parents jusqu'au troisième degré , afin de l'accompagner à la messe ; en sortant de la maison, on rencontrait quelques jeunes gens qui formaient un serraglio (barrière)» afin de participer aux joies de l'épousée et de lui montrer qu'ils lui fermeraient le passage si elle ne leur donnait pas quelque chose. La jeune fille répondait à cela avec courtoisie , et leur donnait soit un anneau, des bracelets ou chose semblable ; alors, celui qui avait parlé^ la remerciait et se mettait à la servir, lui donnait le bras jusqu'au carrosse, ou la suivait à pied dans toute la rue. Lorsqu'elle était rentrée chez elle , tous les parents invités restaient au banquet, et l'on congédiait les jeunes gens du serraglio.

a L'anneau se donnait un autre jour^ et l'on faisait à cette occasion une grande collation aux confitures blanches , suivie d'un festin avec bal^ là où il y avait une salle assez vaste, ou bien Ton jouait au tricon si c'était la saison de veiller. Dans les banquets , pour se mettre à table , une personne^ au bout de la salle, appelait par ordre de parenté, d'après une liste, chaque invité, qui se mettait ainsi à sa place sans confusion , les femmes d'un côté et les hommes de l'autre. Au banquet, on voyait apparaître un messager envoyé par celui qui avait parlé dans le serraglio; ce mes-

(1) Résumé tiré d'un écrit du chefalier Thomas Rinuccim*, qui se trouve dans le» Souvenirs historiques de Philippe de Cino Rimiccini, publiés à Florence en 1840. . .

sager rapportait à l'épousée dans un bassin orné de fleurs, ou bien avec des gants parfumés, le cadeau qu*il avait reçu d'elle; le marié renvoyait le bassin avec trente , quarante , soixante , et parfois cent écus , selon ses moyens, et cet argent servait pour un souper, une mascarade ou bien pour tout autre divertissement. <c Plus tard, on renonça au serraglio, parce que certains individus employaient l'argent pour leur usage personnel; on cessa également, pour se mettre à table , d'appeler les parents par ordre de rang, ce qui produisit deux désordres : d'abord, comme tous les invités ne sont pas en face des convives de leur rang, ils font tant d'efforts poiir repousser les autres vers le bas de la table , qu'ils troublent et incommodent ceux qui ont déjà pris leurs places; ensuite, au lieu de beaucoup de parents, on invite des amis qui, à table , se mêlent avec les premiers , et parfois ces amis sont si nombreux, qu'ils excluent du banquet beaucoup de parents; ainsi va se perdant cette familiarité, qui devrait exister parmi les parents. On a encore mis de côté l'usage d'informer du mariage les parents en personne ou par l'intermédiaire d'autrui ; on le fait aujourd'hui au moyen d'un billet formé d'un quart de feuillet, sur lequel on écrit : iV. fait savoir à votre illustrissime seigneurie qu'il a marié la N. sa fille ou sosur à M*" iV., etc., etc. On donne ces billets à un serviteur ou à toute autre personne attachée à la maison , qui les porte à leur adresse , et les laisse dans la maison de chacun ; beaucoup même , pour s'épargner de la peine , ont commencé à faire imprimer ces billets.

a La cérémonie de l'anneau s'est presque toujours faite dans la maison , bien que certaines familles , par dévotion , aient voulu le donner dans Téglise. Lesépousées, ce jour là, s'habillaient de blanc, avec un vêtement qui avait les manches ouvertes jusqu'à terre; mais , plus tard , la couleur et la forme de ce costume ont été abandonnées, chaque épousée s'habillant comme les autres femmes , et avec la couleur qui est le plus de son goût.

« Aussitôt qu'un individu était mort, on faisait prévenir les parents , et l'on exposait le cadavre dans une salle, ou bien dans une chambre vaste, entre beaucoup de flambeaux; non-seulement le dit lieu, mais encore tout l'espace jusqu'à la rue était tendu de serge de laine noire , de manière que tous les passants étaient avertis qu'ils pouvaient entrer pour faire le signe de la croix sur le mort ; dans le même temps , les parents se tenaient dans une chambre avec les fenêtres presque fermées, où ils recevaient la visite de condoléance des parents et des amis sans quitter leur

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]!^lace pour les accueillir et les accompagner. A la tombée ^e la nuit, on portait à Téglise le mort qu'accompagnaient des moines de quatre ou six ordres , et un certain nombre de prêtres , avec des cierges jaunes auprès de la croix et autour du cercueil; ordinairement^ ces cierges étaient au nombre de dix-huit et de seize, de vingt-quatre et de vingt-huit, plus ou moins, selon la fortmie du défunt; à l'église^ pendant les oraisons ordinaires, on posait le cercueil sous une caisse portant des cierges jaunes, et puis. on donnait la sépulture au cadavre., Dans la matinée du lendemain » on faisait les funérailles, auxquelles étalent invités tous les parents pour assister à la messe de requiem; les hommes se tenaient (ji'un côté , et les femmes de Tautre , sur des bancs tendus de noir et dans l'ordre du degré de parenté; au milieu se dressait un catafalque avec beaucoup de cierges de cire jaune. La cérémonie terminée, on acbompagnait les plus proches parents du mort jusqu'à sa maison^ si elle se trouvait près de Téglise; sinon, chacun pre* nait congé à la porte de l'église. Dans cette cérémonie, les proches parents du défunt portaient un voile pendant de la doublure du chapeau, lequel voile arrivait au milieu de la poitrine.

c( On commença ensuite, au lieu d'exposer le mort daas sa de» meure , à l'envoyer de nuit et simplement à l'église la plus voisine de la maison , soit encore à la paroisse ou bien à la confrériei^ où il restait exposé ; puis on l'enlevait de là pour le porter à la^sépulture de la manière que nous venons de dire. Cet usage fut encore changé; en effet , le mort resta seul dans la maison jusqu'au soir, pour être porté à l'église où, la matinée du lendemain, il était exposé à toutes les messes. Les parents mêmes ne furent plus invités aux obsèques , et l'on remplaça la cire jaune par la blanche; de même , au lieu d'appeler des moines de divers ordres, on n'en fit venir que d'un seul , mais il y eut un plus grand nombre deprôtres.

cr Aujourd'hui^ on garde simplement le mort dans la maison jusqu'au soir; puis, on l'envoie à la sépulture accompagné de moines d'une seule règle et du curé avec bon nombre de prêtres; autour du cercueil brûlent des cierges de cire blanche , qu'on distribue parmi les moines et les prêtres ;^mais , comme l'église où l'on porte le mort et la paroisse doivent avoir une certaine part de la cire, on cherche, avant la cérémonie, à les mettre d'accord pour éviter les conflits; à cet effet, on déclare le nônàore des cierges qui se trouvent auprès de la croix et du eeroueil, leurs prétentions étant basées là-dessus. A l'église , on met le cadavre sur une tablé tendue de noir, entre. dix ou dous% flambeaux aveic

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des cierges de cire blanche ; les cérémonies ecclésiastiques termi« nées, il est enseveli, et on lui fait dire des messes de requiem plus ou moins, selon la charité des héritiers, dans la même église et dans d'autres, à leur volonté. On en fait part aux parents au moyen de billets écrits ou imprimés, comme on le pratique poup les mariagtis^ avec cette additiop : TSe vous dérangez pas; ce qui veut dire que les individus qui envoient ces billets de faire part, ne veulent pas recevoir chez eux de compliments de condoléance.

«A la naissance d'un enfant, le père invitait un gentilhomme et une femmenoble pour être parrain et marraine, et ceux-ci allaient chercher à la maison la créature qui, dans les bras de la nourrice, était portée à Saint-Jean. Après la cérémonie, le parrain et la marraine mettaient au cou du nouveau-né un présent, qui était prdinairj^mènt un petit collier d'or avec un médaillon ou une relique; de retour ai la maison^ ils visitaient Taccouchée, et les a!n^ faisaient une . collation aux confitures. Aujourd'hui, on ne fait plus, de cadeau (^uleraent , l^s parrains gentilshommes donnent de Targent aux gens de basse condition ), et souvent même on se contente de choisir un parrain sans marraine ; c'^st le père qui porte à Saint-Jean le nouveau-né , accompagné de la marraine s'il y en a. une, ou d'autres femmes de la famille; mais le parrain continue à visiter l'accouchée.

« Il a toujours été d'usage parmi la noblesse que les accouchées, surtout pour leurs premiers enfants, reçussent des visites, ce que faisaient aussi , pédant trois ou quatre jours, les jeunes mariées, et le bruit s'en répandait facilement dans la ville; passé ce temps, si^quelque femme noble s'était présentée, un serviteur, qui se tenait à la porte, la congédiait sans la recevoir comme ayant commis une impolitesse. Cet usmge continue, mais avec cette différence> que les mariées personnellement , et les accouchées par l'intermédiaire de leur belle-mère, de leur mère, d'une sœur ou de toute autre parente, accompagnaient toutes les dames jusqu'à laportede la maison ; toutefois, cette coutume ayantété considérée avec le temps commie très-incommode, on a cessé de descendre l'escalier; on fait de même aux festins que l'on donne au carnaval, soit dans d'autres temps de danse ou de divertissement ; mais, dans d'autres occasions, on observe l'ancienne civilité de Tac* compagnement.

a Tous les parents étaient invités à la véture des religieu^s , et l'on faisait l'offrande à l'offertoire de la messe; la religieuse , tournée vers le peuple, était auprès de Tofficiant, et deux clercs se

tenaient à ses côtés chacun avec une sébile, dans laquelle ^ après l'avoir saluée elle-même, tous les parents déposaient un cadeau. Dans les monastères où se faisait la prise d^habit, on apportait le don à une grille de Féglise. Cet usage du cadeau s'est ensuite perdu, et les parents s'invitent à la prise d'habit au moyen du billet écrit ou imprimé, comme dans les autres occasions.

et Au commencement du siècle , on faisait loyalement ce gui suit : quand on voulait être certain d'occuper une bonne place aux sermons du carême^ et qu'on ne pouvait attendre à cause d'une occupation qui vous appelait ailleurs, ou d'une messe à laquelle on voulait assister^ on laissait sur le banc quelque chose, comme un livre , une clef, un ftiouchoir ou toute autre chose; quiconque venait ensuite comprenait que la place était prise, ne touchait à rien^ et le maître^ à son retour, retrouvait sa place et l'objet qui la marquait. Cet usage a disparu^ peut-être à cause du manque de bonne foi; un prédicateur qui attirait un grand concours ayant paru en i676 dans la cathédrale, beaucoup de gentilshommes, pour être assurés d'avoir une bonne place, envoyèrent dé bonne heure un de leurs valet3 avec la livrée^ afin d'occuper un siège et de le leur garder.

a Vers la fin du siècle passé, l'usage des carrosses avait commencé à s'introduire; mais, dans les premières années du suivant, ' il n'était pas encore commun^ et beaucoup de nobles n'en avaient pas; toutefois, à l'occasion des mariages ou sous autre prétexte, chacun, peu à peu, s'est donné ce luxe, et beaucoup ont un carrosse à quatre chevaux, à six même les plus riches. Dans le principe, les carrosses étaient petits, de cuir à l'intérieur comme à l'extérieur, et portant sur l'axe des roues , ce qui les rendait fort incommodes; puis, afin que les secousses fussent moins rudes ^ on les appuya sur les courroies, et finalement, les courroies ont été attachées à des arcs d'acier bien trempé qui, cédant au choc, font que ces véhicules sont très-commodes. Pour les plus riches , on les fait en velours noir et même de couleur, avec des franges au dedans comme au dehors, et le ciel doré à l'intérieur. Dans les solennités de la ville, on en vit quelques-uns de plus riches jusqu'à la moitié du siècle; c'étaient les coches, faits de velours le plus ) souvent de couleur rose, au dedans, et violette au dehors, avec huit boules dorées aux bouts; mais plus tard on y a renoncé entièrement. En 1670, il s'est introduit, mode venue de Paris, des carrosses appuyés sur des soupentes fort élastiques , et qu'on appelle / dormeuses parce qu'elles sont très-commodes; comme les arcs / pouvaient se rompre, on les a abandonnées.

« Dans presque toutes les maisons des nobles^ il y avait un cheval de Tespèce des haquenécs^ ou bien un mulet destiné aux personnes qui ne pouvaient ou ne voulaient pas aller à pied ; dans laville^on le couvrait d'un caparaçon d'armoisin, parfois même de velours, ou de drap bordé de velours^ et, à la campagne, d*une selle de cuir. Mais les carrosses^ en se multipliant, ont fait négliger entièrement ces montures, et seulement quelques amateurs ont un beau cheval pour se promener dans la ville. Lorsque les femmes allaient à la campagne^ elles étaient à cheval, et un mulet portait les enfants dans deux paniers ; mais aujourd'hui elles voyagent en carrosse là oii la route est bonne , sinon dans des litières de louage, dont le nombre est considérable aujourd'hui^ tandis qu'au commencement du siècle il n'y en avait qu'une seule qui servait pour transporter un malade de la campagne à la ville. Quelques personnes des plus riches et des plus paresseuses ont des litières à elles pour s'en servir à la campagne.

a Au moment où j'écris , il paraît qu'il s'introduit une commodité venue de Paris , qui consiste dans un siège couvert soutenu par deux brancards flexibles , portant sur la croupe d'un cheval et, par derrière, sur deux roues. On a donné le nom de calèche à ce siège, et ces véhicules se sont tellement multipliés, qu'il s'en est trouvé dans la ville^ en 1667, mille environ , et le nombre des litières a beaucoup diminué. Le premiers grands-ducs^ pour aller dans la ville ^ se servaient du cx)che à deux chevaux, et Madame et l'archiduchesse avaient le carrosse à deux chevaux ; mais audevant chevauchaient quelques gentilshommes au nombre de six ou huit^ qui partaient le titre de lances-pesades. Le grand-duc Ferdinand abandonna le coche pour introduire le carrosse à quatre chevaux, avec deux laquais à cheval selon l'usage d'Espagne; il fut imité parles dames sérénissimes, qui adoptèrent pour la ville le carrosse à six chevaux , et supprimèrent les lances-pesades. Lorsque le grand-duc sort dans la ville , le page de valise se tient à pied auprès de la portière; mais à la campagne il est à cheval derrière le carrosse. Ce page portait autrefois sur le devant une valise, où se trouvaient un vêtement et toutes les choses nécessaires pour changer; mais plus tard on négligea cette précaution comme superflue. Quand les sérénissimes vont dans la ville , le page de valise se tient à pied auprès de la portière; mais à la campagne , il est à cheval.

« Excepté les chevaliers de Saint-Ëtienne et de Malte , et les gens attachés au service de la cour, personne ne portait l'épée au côté;

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les quelques gentilshommes qui en avaient la permission de S. A. S. portaient seulement le poignard. Ugo d'Alexandre Rînaldi fut le premier, en 1(316, qui ceignit l'épée, et d'autres jeunes nobles» étrangers au négoce, l'imitèrent immédiatement ; car S. A. S. a donné facilement à tous l'autorisation de porter l^ëpée , de telle sorte que la ville se remplit de spadassins; puis, cet usage disparut peu à peu , si bien qu'aujourd'hui l'épée est non-seulement abandonnée par les gentilshommes, mais encore par les chevaliers et les stipendiés de la cour. Très-peu d'individus même portent le poignard, bien que S. A. S. en accorde indifféremment la permission à chacun moyennant une certaine taxe par. an; celui gui croit avoir besoin de se servir de l'épée , soit pour cause d'inimitié ou tout autre motif , la fait porter derrière lui par un serviteur, d'où il peut résulter quelque méfait.

« L'arquebij^e, et seulement à mèche, non à pierre et rouet ^ n'était permise aux gentilshommes qu'à huit milles hors de la cité; mais aujourd'hui, S. A. S. l'accorde à tous, avec pierre et rouet, même à la porte de la ville, moyennant la taxe annuelle ; il tolère même que beaucoup l'aient dans la ville, et s'en sesvent chez eux par passe-temps pour tirer aux martinets noirs. L'individu qui a quelque motif de crainte porte une jaque de mailles , et particulièrement la nuit; aujourd'hui, S. A. S. permet à chacun d'en avoir; car, autrefois , très-peu jouissaient de cette faculté. Tous les jeunes nobles qui affectent la bravoure , et se font suivre de serviteurs, ont introduit l'usage de faire porter une très-longue épée sous le bras de leur valet.

c( Autrefois , les maisons n'avaient tout au plus que deux serviteurs : l'un, avec le titre d'économe , faisait les achats et tenait les comptes des dépenses; l'autre était chargé de l'intéri.eur de la maison , sortait avlec la maîtresse, et s'occupait, selon le besoin, de toutes les autres affaires du dehors. Là où il y avait un carrosse , on entretenait en outre un cocher, auquel on donnait par mois dix livres; l'économe en recevait autant, l'autre serviteur huit , et tous s'habillaient à leurs frais. L'usage des hvrées s'introduisit peu à peu, et l'on fournit le vêtement au cocher, ainsi qu'au serviteur qui accompagnait la maîtresse; enfin, on accrut le nombre des gens dé service, et la haute noblesse aujourd'hui entretient divers serviteurs à livrée. Les femmes se faisaient accompagner par deux au moins , et les hommes par un; on leur donne , outre les habits, un écu par mois.

, « Les servantes j^ autrefois, étaient au nombi^ de trois : une,

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SOUS le nom de çmstiDière^ s'occupait de la cuisiae ; une.autre s'ap» pelait femme de mezzo (milieu), parce qu'elle accompagnait la maîtresse au dehors, balayait les chambrefe, faisait les lits , rendait tous les autres services nécessaires , et au besoin même aidait la cuisinière à fairî^ le pain et d'autres choses; on leur donnait à chacune, outre ce qu'il fallait pour les dépenses, un demi écu ou quatre livres par mois. La troisième femme avait un peu plus d'é<ducalion, et s'appelait matrone; hors de la maison, en carrosse et à pied; elle, tenait compagnie à la maitresseyet> dans l'intérieur, Qousait pour elle , rhabillait et la peignait, bien que parfois une jeune fille fût chargée de ce dernier office. La matrone recevait par moiS'Six ou sept livres, et, au bout de quelques années, on mariait la jeune fille en lui donnant dé cent à cent cinquante écus de dot. Le service de la mati?one est entièrement supprimé; en effet, les maîtresses, quand elles sortent, ne se font plus accompagner d'aucune femme, vont seules en carrosse,, et à pied s'appuient sur un serviteur à livrée ; mais les dames titrées les plus riches ont avec elles dans le carrosse une jeune fille appelée demoiselle, et s'appuient sur un serviteiur âgé sans livrée, auquel on a donné le nom d'homme noir ou de chevalier. Les femmes des artisans, pour ne pas aller seules dehors, louent un boutiquier moyennant dix livres par mois, lequel, les )Ours de fête, les accom^ pagne à la messe et ailleurs; le peuple appelle cet homme domij-. nicain, parce que c'est le dimanche qu'il fonctionne. J^'

«Les jeux d'exercice étaient, dans Tété, ceux de la balle lésina et de la pelote; on jouait à la balle lésina presque dans toutes les rues, parce que les jeunes nobles d'un voisinage se réunissaient après le dîner, et prenaient pour but le toit le plus commode de leur rue» Ce jeu n'existe plus aujourd'hui. Dans les maisons, et particulièrement en hiver, on joue aux tarots et au trictrac, lesquels jeux ont étérendusjrfus beaux avec le temps. Alors comme aujourd'hui, on jouait au mail, mais plus fréquemment. Le jeu des dés, bien que prohibé par les lois, était encore grandement en usage; mais aujourd'hui, parmi les jeunes gentilshommes, il , en est bien peu qui le connaissent. IL s'est ouvert, depuis quelques années , une maison sur la place de la Sainte-Trinité , à laquelle on donne le nom de Casino^ où toute la noblesse , selon la saison , se réunit le jour et le soir; on y joue, outre les jeux nommés plus haut, à la prime, au tantwei autres jeux semblables. S. A. S. permet cette maison publique de jeu, parce que, comme on n'y .v(Ht que des ptosonùes de la pr^nière noblesse ^ il paraît qu'il ne

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survient pas de ces cas pour lesquels les lois prohilient ces sortes de tripots.

a Autrefois, et particulièrement en hiver, les femmes jouaient au tricon ; mais la femme d'un ambassadeur de Lucques enseigna, dans une réunion , le jeu des cocconetto, qui finit par s'introduire peu à peu dans les autres soirées y et Ton a tout à fait renoncé au jeu du tricon. Les hommes, depuis quelques années, jouent au petit ballon avec le battoir, et quelques-uns même au ballon avec les brassards; mais peu de gentilshommes s'adonnent à cet amusement. Le jeu de la savate , étant fort ancien dans la ville^ on cherche à le maintenir dans le carnaval ; mais autrefois y il faisait la récréation de personnes âgées et portant la barbe , tandis qu'aujourd'hui il n'amuse que la jeunesse.

a Ce siècle a vu tant de vanités dans les vêtements, qu'il devient impossible de les énumérer. Au commencement du siècle, chacun voulait adopter les modes d'Ëspagn&; à présent celles de la France dominent , et c'est de là que viennent tous les usages. Pour les hommes , l'habillement était toujours hoir; mais la jeunesse portait le pourpoint et les bas de couleur, avec des jarretières ornées de dentelle d'or ou d^argent^ selon qu'elle assortissait mieux la dite couleur ; les hommes de trente à quarante environ portaient encore le pourpoint noir, mais les bas toujours de couleur. L'étoffe était selon les saisons, et le plus souvent, dans l'hiver, de serge de laine , ou de perpignan de Florence , ou de velours^ et dans retende tabis, d'armoisin, etc.^ etc.; on y ajoutait beaucoup de garnitures de satin et de tabis brodés , qu'on tirait ordinairement de Milan. Tous avaient pour chaque saison un vêtement de soie noire richement brodé, afin de s'en servir dans les occasions les plus remarquables , comme dans les réceptions des étrangers et autres cérémonies. De nos jours, chacun s'habille entièrement de noir, et l'on ne voit plus de bas de couleur, si ce n'est parfois à quelques-uns des jeunes gens les plus bizarres. On a complètement cessé de broder les habits et de les orner de ces garnitures brodées dont nous venons de parler ; de même, il n'est plus question de les garnir de franges en soie noire , comme on le faisait vers la moitié du siècle; on s'est mis à les orner de rubans de satin ou de tabis en si grande quantité , que c'est chose monstrueuse de voir le nombre de coudées dont on les charge. Les hommes d'un âge mûr les portent noirs ; mais ils sont de couleur pour les jeunes gens, et souvent de couleurs variées, tiu point que le vêtement ressemble à un pré fleuri ; on met encore des rubans au cordon

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du chapeau. Dans Fhiver^ on porte du velours ou du drap de Hollande ; dans l'été , de Tarmoisin ou du lafTetas de satin , et, dans les saisons moyennes , du petit velours ou de gros de Naples.

a Aux festins, aux joutes, aux cavalcades^ aux cérémonies et autres occasions brillantes , jadis chacun aimait à figurer avec des chausses et le manteau doublés d'une toile d'or; avec les bottines de marocain noir et des éperons dorés, argentés ou brunis de noir^ selon la doublure du vêtement; avec la fraise, que Ton portait même très-souvent hors de ces occasions solennelles. Mais, vers le milieu du siècle , toutes ces choses étaient presque abandonnées, et de nos jours elles ont entièrement disparu, au point qu'elles feraient rire si on les voyait à quelqu'un. Depuis quelque temps , la plupart des jeunes gens portaient des bas de couleur perlée, de manière qu'ils semblent avoir un costume à livrée; mais cet usage a peu duré. Sans tenir compte de la couleur du chapeau , ils se couvrent d'une perruque élégante , et se rasent tous la moustache; les rubans surchargent leur chaussure, et quelques-uns même y mettent des pierres précieuses. Les franges de soie noire pour garnir les habits sont revenues à la mode.

c( Les nouvelles mariées se montraient en costume tout blanc ; mais les autres femmes ne s'inquiétaient ni de la couleur, ni de la convenance du vêtement : en effet, celle-ci portait une robe jaune et une simarre jaune ; celle-là, une simarre jaune avec une robe verte , et chacune faisait de même pour les autres couleurs. Les femmes âgées, si elles étaient mariées, portaient la simarre jaune, et la jupe de couleur; mais toute chose avait une riche garniture. Plus tard^ on se préoccupa beaucoup d'assortir les habits^ et Ton portait toute chose de la même couleur, au point qu'on aurait dit de quelques-unes qu'elles avaient fait un vœu (1). Aujourd'hui tontes s'habillent à la française; la simarre ou vêtement de dessus est noir^ et la jupe de couleur, jupe qui varie selon le goût de chacune, et que Ton garnit richement d'or ou d'argent; le vêtement tout noir se porte relevé afin de laisser voir la jupe. Autrefois, elles portaient là touffe et la collerette à l'espagnole fort grandes, aujourd'hui hors d'usage; elles étaient fort décolletées, et beaucoupde frisons ornaient seulement leurs tempes. Les veuves se couvraient d'un manteau qui tombait jusqu'à terre , et se relevait sur l'épaule, à la manière d'une couchette; puis elles com-

(t) Il y avait un grand nombre de femmes qui, ayant fait un vœu, portaient un habillement deconleur sombre.

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meneèrent à se couvrir laiéte de la p^ie qiii se reployait sûr lé» épaules; finalement^ elles ont entièrement renoncé au manteau , et s'habillent tout à fait de noir cqmme les fennmes mariées , dont elles ne se distinguent que par une petite^boiffe noi^e de crêpe; les jeunes ont une^frisure^ et portent sur le -front un tour de cheveux blonds , appelée petite perruque , qui va très-mal à celle dont la chevelure est d'une autre couleur. •

(( Les prostituées^ autrefois^ avaient toutes un signe apparent qui révélait leur infâme profession ; c'était un ruban jaune attaché au cordon du chapeau, alors d'un grand usage; quand elles n'avaient pas de chapeau , elles mettaient 'un signé jaune aux tresses de leurs cheveux, et si on les avait trouvées sans cela, on les aurait fustigées. Moyennant je ne sais plus quelle taxe, elles laissèrent peu à peu cette marque; maintenant elle n'est plus en usage, et l'on ne les reconnaît qu'à leur impudence.

« Les juifs portaient tous, jadis le chapeau rouge, excepté quelques négociants qui, par supplique , obtenaient de le porter noir. A présent, quel qu'en soit le motif, tous l'ont noir, et ne se distinguent pas des chrétiens. . .

« Au commencement du siècle, la salle et lès chambres n'avaient d'autre ornement que du cuivre , qui était doré dans les maisons des plus riches, et les armoiries du maître se voyaient sur les portières des chambres; puis le satin et le damas servirent à parer les chambres principales; enfin les plus riches employèrent à cet effet le velours, des tissus d*or et des damas avec ganses d'or, les sièges et les portières étant de la même étoffe; quelques-uns même font tisser exprès les portières avec leurs armes. Maintenant les salles n'ont plus de parements, mais beaucoup de tableaux^ dont les cadres sont grands et tout dorés, tandis qu'autrefois ôri

' les peignait en noir, avec deux ou trois filets d'or au plus. II y avait ordinairement dans les salles une grande cheminée, avec un évier où se trouvait un seau de cuivre jaune pour se laver les mains avant de se mettre à table, et tout près un linge (conservé encore par les moines) pour s'essuyer; ces éviers et ces cheminées ont été murés, et, comme le nombre des serviteurs, ainsi que je l'ai dit , s'est accru, chacun se fait donner de l'eau par eux dans un bassin d*argent; l'hiver, ces mêmes serviteurs entretiennent un réclmûd dans la salle. A table, on mangeait dans des plats de terre ou d'étain , et la plupart continuent à s'en servir, sauf à faire usage de soucoupes, de vases, de fourchettes, de cuillères

et de salières en argent; mais toute la vaisselle, à présent, est d'ar-

gent'diez les plus riches^ qui ornent encore les cihambres de vases d'argent et d'autres objets de luxe, qu'on place sur des tablettes et de petits bureaux en pierre et en ébène.

oc Dans les salles^ oh voyait autrefois des escabeaux en noyer, avec des sièges en cuir dont le dossier portait en petit dessin les armoiries du maître; aujourd'hui^ la pfupart ont des bancs avec un dossier où sont représentées les armoiries ou la devise du maître, et ces bancs servent de coffres pour Tusage des serviteurs ; si l'on y trouve encore des escabeaux, ils sont ornés de sculptures arabesques dorées.

« La coutume délicieuse de boire frais s'introduisit au commenèement du siècle (ou peut-être se renouvela); mais on se procurait ce plaisir au moyen des puits, dans lesquels on descendait les flacons de vin quelques heures avant le repas. Les puits de certaines maisons, réputés pour être froids y servaient même souvent pour les voisins , qui envoyaient à ces puits leurs flacons , dont là plupart étaient en terre. Bientôt on se mit à faire en hiver des dépôts de glace , afin de l'employet durant Tété pour rafraîchir l'eau, le vin, les fruits et autres matières. La glace est entrée si bien dans les goûts , que beaucoup en font continuellement usage, même en hiver, et la consommation a pris un accroissement qui mérite d'être signalé; en effet, dans l'année 1609, Antoine Paul Santi , aide de chambre du grand-duc , prit la ferme de la glace moyennant quatre cents livres par an , et en 1665 elle fut affermée quatre mille trois cents. Pour citer un autre fait du dehors, à Pise^ en 1605, on ne trouva personne qui voulût celte ferme pour cinquante écus, et aujourd'hui elle est de mille neuf cent cinquante; il est vrai que l'adjudicataire sert en outre Livourne. Lorsqu'il ne gèle pas en hiver, les fermiers, à Florence comme ailleurs, sont obligés de faire venir la glace des montagnes, et la déposent en temps opportun dans les excavations destinées spécialement à la conserver pour l'été. Les personnes les plus riches font préparer, pour les besoins de la jouï-née , diverses boissons avec des odeurs de cédrats, de limons, de jasmin, de cannelle, etc., adoucies avec du sucre; dans les lieux les plus fréquentés de la ville, on trouve des boutiques où l'on vend ces boissons dans de petites carafes à la glace , ce qui procure à tous une grande commodité.

« En 1688, Florence adopta communément une boisson à l'usage de TEspagne, qu'on appelle chocolat; un des marchands dont je viens de parler, vend aussi cette boisson dans de petites tasses en terre, et il parait qu'elle est aussi bonne chaude que froide.

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