‹ Histoire des Italiens, trChapitre 101 sur 176 · LUXE · texte numérisé non relu

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qu'aux princes et au public. Nous avons déjà dit que les seigneurs de la Torre avaient porté cet usage à l'étranger.

La grande quantité de métal venu de TÂmérique^ qui altéra les salaires, favorisa les transactions et le payement des deites; dut certainement bouleverser les vieilles habitudes; mais^au débuts elle fut nuisible aux pauvres^ pour lesquels avaient renchéri tous les objets de première nécessité,, sans leur offrir encore une juste compensation. Un grand nombre de denrées coloniales, entre autres le sucre et le café, se répandirent en même temps. Redi , dans son Bacchus , loue Antoine Carletti de Florence d'avoir, Tun des premiers, fait connaître le chocolat à l'Europe, en ajoutant que la cour de Toscane y mêla de Pécorce fraîche de cédrat^ de l'eau de jasmin, avec la cannelle, la vanille et Tambre. Alors parut encore le sale tabac, repoussé vainement par rhygiène et la bonne éducation (1).

Dans PItalie, bien mieux que partout ailleurs, on avait une bonne nourriture et des habitations commodes. Les vêtements, qui variaient selon les conditions comme un signe distinctif, inviolable, n'étaient pas déguenillés dans les dernières classes, tandis que, dans les classes supérieures, ils se couvraient de fourrures, de broderies, d'ornements d'or et de perles; la profusion des parfums était extraordinaire, Bandello rapporte qu'on Milanais a s'habillait très-richement et changeait souvent de vêtements, inventant chaque jour quelque nouvelle forme de broderie, de découpures et autres nouveautés. On voyait à ses bonnets de velours (2) tantôt un médaillon, tantôt un autre; sans parler de ses chaînes, de ses anneaux et de ses bracelets, ses montures, mules, genêts, chevaux turcs ou haquenées, étaient plus luisantes que des mouches. La bête qu'il devait monter dans la journée, outre de riches harnais tout garnis d'or battu, était parfumée des pieds jusqu'à la tête, de manière que l'odeur de musc, de civette, d'ambre et d'autres substances se faisait sentir dans tout le voisinage... Il tenait tant soit peu du Portu-

(1) Nouvelles, part, ii, p. 47.

(2) Dan» le ScaUgerana, imprime en 1069, on fait dire à Joseph Scaligero (c que Halbani, minisire italien à Genève, portait dans son sein un buunet qu'il mettait en entrant dans l'église, et déposait la chapeau quand il prêchait. Us autres pasteurs de Genève faisaient usage de petits bonnets plats. Mou pi^re (Jules-César) le portait en velours, plat comme une assiette, de manière qu'il tombait s'il faisait un mouvement. A Home, quand j'y étais, tous le portaient ainsi : mou bonnet fut toujours en velours. »

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