‹ Histoire des Italiens, trChapitre 102 sur 176 · LUXE · texte numérisé non relu

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gais; car, tous les dix pas, fût-il à pied ou à cheval, il se faisait oeltoyep les souliers par l'un de ses serviteurs , et ne pouvait wuffrirsur ses habits le plus léger duvet. »

François !•', dans une brillante fête de cour, reçut sur la tête 10 tison ardent ; pour dissimuler sa blessure, il se fit raser les cheveux, et laissa croître sa barbe comme les Suisses et les Ita* iens. Les courtisans, qui se font un mérite de singer les infilrnités des rois, s'empressèrent d'adopter la barbe longue, que le Miriement et Tuniversité repoussèrent. Léon X ordonna que les trêtres coupassent leur barbe, et Rome entière s'amusa de la boleur que ressentit Dominique d'Ancône quand il fut obligé l'abattre la sienne, immortalisée par le sonnet de Bemi autant pe la chevelure de Bérénice par Callimaque.

Si les meubles n'avaient pas cette commodité qui constitue , lourles modernes, le premier des mérites, ils étaient magnifi- |ues, sculptés merveilleusement, et peints par les meilleurs ar« istes. Jérôme Negro (1) écrit que son maître se trouve, par apport à son rang, dans une extrême pauvreté : « Il a environ ingt chevaux, parce que ses moyens ne lui permettent pas d'en tourrir davantage, et quarante bouches ; il vit médiocrement à i manière des religieux qui n'ont pas de pompe. Le pape lui a issigné 200 écus par mois pour sa table; cette pension , avec les iDQoliiments du chapeau , suffit pour couvrir la dépense ordi- »ife, et l'on ira ainsi jusqu'à ce que Dieu nous envoie autre hase.» Aujourd'hui on ne trouverait pas un cardinal, même le ^lus riche, dont la magnificence pût aller de pair avec une papille pauvreté.

Les orateurs envoyés par Venise, en 1523, au pape Adrien VI tn^t fêtés à Rome par le cardinal Corner, qui leur donna a un coquet magnifique de soixante-cinq services, à chacun desquels ^ apportait trois sortes de mets, qui étaient changés prompte- ^ent,de manière qu'on avait à peine goûté d'un plat qu'il en rrivait un autre. Tout était servi sur des plats d'argent et en i*ande quantité. Le festin terminé, ils quittèrent la table fatiyés, étourdis, à cause de l'abondance des mets, et parce qu'il Jïit toute sorte de musiciens; d'excellents fifres jouèrent conti- ^ellement;il y avait des clavecins au son très-mélodieux, des ifts à quatre, des violons, de grandes lyres, des chanteurs ^dans comme dehors, et une musique continuelle (2).

(0 Lettres de princes à princes, ni, 49. C^) Saihjto, Journaux*

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