‹ Histoire des Italiens, trChapitre 103 sur 176 · LUX · texte numérisé non relu

LUX

Louis d'Ëste^ frèro du duc de Ferrarc^ envoya au roi de France en don quarante magnifiques chevaux de guerre de irës^rand prix , avec des selles et des housses garnies d'or, et conduits par quarante palefreniers vêtus d'étoffe de soie brodée d'or, i la manière du Levant. Quatre-vingts personnes au mauii composaient sa domesticité. Le grand maître de l'ordre de Saintnliia étant venu à Home avec 300 chevaliers pour se purger d'une ac* cusation, il les reçut et les traita tous dans son palais.

Les villes, néanmoins^ publiaient souvent des lois sévèrescootro le luxe. Nous pouvons mentionner celle qui sortit du conseil général de Crémone en 1547^ et qu'approuvèrent le sénat de Milan et Charles-Quint: elle défendait de porter des colliers, des bracekii ou autres ornements d'or, sauf un médaillon au bonnet de iSécw d'or au plus, et des anneaux. «Sur les habits^ aucune broderie ou découpure en soie ; aux montures^ pas de harnais avec or^ argent ou broderies ; que les femmes mariées n'aient dans leun habits ni or, ni argent ^ ni broderies, ni dentelles^ ni ganses; pas plus de trois vêtements en soie, et un seul en craoïoisi ; ni perles ni bijoux, excepté deux anneaux d*or avec pierres aux doigta» un collier d'or de 25 écus seulement , un autre à l'éventail de 15 écus au plus ; pas de gants brodés ou de zibeline^ ni de bonnets, excepté la nuit et i)endant les voyages ; que les jeunes filias ne portent ni habits de soie, ni bijoux, ni or^ sauf un collier de corail au cou de 4 écus au plus; qu'elles ne dansent que les trois derniers jours du carnaval. Dans les banquets^ les paons et les faisans sont prohibés d'une manière absolue ; il ne doit y avoir qu'une sorte ou deux de gibier, que trois espèces de ragoûts domestiques, avec exclusion de la sauce royale, du blanc-manger, des pâtés, des poissons, des huîtres et des autres produits de la mer; qu'on n'y voie que deux sortes de tourtes; aux repas maigres, une seule ({ualité de poisson, et pas d'huîtres; que les mets soient présentés simplement, sans ornements de peinture^ de sculpture, de banderoles et autres niaiseries inventées par ks maîtres d'hôtel. Aux baptêmes, qu'on ne fasse aucun don aux parrains et aux marraines ; dans les funérailles, qu'on ne susl^.'nde pas dans l'église des enseignes, des écus, des tableaux, i^t qu'il n'y ait point de banquet. »

Chaque ville [)Ourrait en offrir de semblables, propres à salis* faire la curiosité sur la vie municipale plus que Térudition historique. Il est inutile d'ajouter, croyons-nous, que ces prescril)tions étaient toujours éludées. A Venise, il était défendu aux ci-

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oja» de s*habiUer autrement qu'en noir ; mais ils attendaient es jours de carnaval pour étaler une pompe inouïe et des modes tmgères, surtout des diamants ; car les familles patriciennes^ )ln de vendre leurs joyaux , les accumulaient pour les translettre à leurs héritiers. Nous savons que^ dans cette république^ » jeunes filles ne sortaient jamais de leurs maisons^ excepté mtf se rendre à la messe et communier à Pâques et le jour de lœi, et encore étaient-elles voilées ; elles se mariaient sans tre connues (i).

Après la descente de Charles Vlïl, on vit te propager l'usage f»def)iseSy qui étaient des figures ou des paroles signiflcatives^ trouvent des figures accompagnées de mots personnels, à la iiférence des armoiries ; on les adoptait pour Indiquer son état iison inclination, et chacun les faisait broder ou sculpter sur es meubles, les vêtements^ les armes. Les gens de lettres et les eerétaires surtout étaient chargés de les imaginer : l'Arioste en ûventa une pour le duc de Ferrare ; Molxa, une autre pour le mlinal de Médids; Sannazar^ diverses pour les Golonna; tal Jove, pour les Médicis^ les Pescaire, les Adorni. Ce Jove, Ins un Diûhgne, traita longuement des devises milUaires ei mmrmneêy de la manière de les faire et de leur signification, teeonl, Buommattei, Ferri, Gontile, écrivirent aussi sur ces msteieuses futilités, dont Bcipion Bargogli était réputé l'Aristote. ^nombreuses académies d'alors avaient chacune leur devise, it chaque académicien la sienne particulière.

Oésar Borgia prit pour devise : Aui Cœsar aut mhil; Ludovic B^M^ une Italie dans l'attitude d'une reine, ayant devant elle n Maure avec une brosse à la main. L'ambassadeur de Florence Payant demandé à quoi servait cette brosse^ il lui répondit : ^f«t eniewr iimtes les saletés. — Prenez garde , répliqua "^ttibassadeur, ff^e ce serviteur^ en ifrassant^ n'attire sur lui

(1) GAILIdOLtk, Mémoires vénitiens, 1. 1, p. 362; NanI, Hist, vénitienne, ▼.VI, de la seconde partie. GopelleUi rapporte beaucoup de statuts somptuaires, **i lesquels on doit surtout remarquer celui du 4 janvier 1C44, qui concerne ^lOHvemeurs des villes vX des forteresses, en prescrivant même la nature et la Mutité des meubles. Ou peut voir encore dans GiUDici un Règlement sur les H^f de noce, qui s'occupe, avec les détails les plus minutieux, de la coniposi- '^ (les convives, hommes, femmes, enfants, des services, des mots, de leur ^'"i^, de leur quantité, sans oublier les divertissements, musiciens, bateleurs ^ l<^ boiioraires, etc. Toute contravention est punie d*ime forte amende qui "^kioni et mène les assistants.

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