‹ Histoire des Italiens, trChapitre 104 sur 176 · DEVISES ET EMBLÈMES · texte numérisé non relu

DEVISES ET EMBLÈMES

toute la poussière, Frédéric^ roi de Naples , eut un livre brûlé, avec les mots : Recédant vetera, pour indiquer Toubli des torts reçus. Le cardinal Sforza^ afin d'exprimer Tingratitude d'Alexandre VI^ qui^ fait pape par lui , avait ensuite abaissé le duc son frère, adopta la lune éclipsant le soleil^ avec ces mots : Totm adimit quo ingrata refulget. Alphonse de Ferrare prit une bombe qui éclate^ En temps et lieu; Vittoria Golonna^ un écueH contre lequel viennent battre les flots, et les paroles : Conantii frangere franguntur ; TArioste, une ruche d'abeilles que le paysan tue au moyen de la fumée pour retirer le miel, elles mots : Pro bono malum; Burchelati, homme de lettres deTrévise^ une écrevisse avec la patte ouverte, eiiMelius non tangertf clamo; Bembo^ un Pégase, au moment de prendre son vol, et: Si tefata vocant; Davanzati, un cercle de tonneau^ et: Strktins arctius, par allusion à son style serré.

Le grand capitaine Gonzague eut un levier à cordes qui tend une arbalète^ avec : Jngenium superat vires; Charles Orsini, on ballon lancé par le brassard^ avec : Percussus elevor. François Gonzague de Mantoue^ accusé d'avoir laissé Chat*lcé Vlil s'enfoir de Fomoue, prit, afin de se justifier, la devise : Probastime, Domincy et cognovisti. Muzio Colonna^ faisant allusion à ses homonymes, adopta une main qui brûle, et: Fortiafacere etpatirO' manum est ; Fabrice, un vase rempli de pièces de monnaie d'or, avec : Samnitico non capitur auro. Pour le duc Gosme, qui avait succédé à Alexandre, on écrivit : Uno avulso, non déficit aller. Laurent le Magnifique avait un laurier toujours vert, et : lia et virtus, Louis Marliano, médecin milanais, inventa pour Charles- Quint les colonnes d'Hercule, avec l'aigle au milieu, et : P/w ultra.

Le goût des magnificences italiennes passa chez les Français, qui le puisèrent soit dans le pays même, soit auprès des Italiennes qu'épousèrent leurs princes. Néanmoins Castiglioni disait encore : « Les Français ne connaissent que les nobles exercices des armes, et n'estiment nullement le reste. Aussi, nonseulement ils n'apprécient pas les lettres, mais ils les abhorrent, regardent comme très-vils tous les gens de lettres, et croient dire une grande injure à qui que ce soit, quand ils rappellent clerc.» Mais déjà des observateurs fins et railleurs venaient de 'ce pays on Italie pour étudier ses mœurs : Rabelais, qui devait couvrir de ridicule la cour romaine; Montaigne, qui relevait avec son bon sens le caractère étrange de certaines coutumes it«-

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