SCIENCES OCCULTES
reurs^ le vulgaire^ à son tour^ était rivé davantage aux erreurs par la sanction des savants^ et de là naissait un horrible amas de folies publiques. Dans la Bible^ on trouve fréquemment des faits de démoniaques. Si les exorcismes étaient parfois de simples cures hygiéniques^ ou des remèdes contre une imagination nialade^ ils devaient pourtant fortifier l'opinion de rinfluence directe des démons sur les hommes; en outre, ils persuadaient que le contact et la présence des choses sacrées redouble les souffrances des possédés, dont Tintelligence brille parfois d'une lumière plus vive^ qui font des réponses merveilleuses^ parlent latin, hébreu^ voient les choses lointaines et futures.
Ce besoin inhérent à la nature humaine d'agrandir le monde visible au moyen de Timagination , besoin plus grand chez les individus bornés , dont la vue ne s'étend pas sur l'histoire et l'univers, avait créé et transporté de l'Orient ces fées bienfaisantes qui, loin de causer de l'effroi , rendaient attrayants les récits fantastiques; telles étaient Mélusine et Morgane^ qui, le samedi, se changeaient en serpents , et jouissaient , les autres jours, de leur beauté et d'une vie qui participait de l'existence immortelle. Le génie familier et les lutins se montraient souvent obligeants et serviables. Un maître orgueilleux donna l'ordre à un paysan de transporter chez lui un chêne d'un gros volume, sous menace d'un châtiment. L'entreprise excédait les forces du malheureux , qui se désolait , lorsqu'un esprit follet s'offrit à lui. Chargeant comme un fétu l'arbre sur ses épaules^ il le mit en travers de la porte du maître ; mais il avait tellement endurci le bois^ que ni la hache ni le feu ne purent l'entamer^ et qu'il fallut ouvrir une autre porte. Cela se passait en 1532. L'inquisiteur Menghi assure qu'un lutin, attaché à un jeune Mantouan âgé de seize ans, l'accompagnait toujours, comme serviteur, portefaix ou majordome. En 1579, un autre follet, à Hologne, était amoureux d'une servante : si les maîtres la grondaient, il causait les plus grands dégâts dans la maison ; d'ailleurs, on peut voir l'étrange exorcisme qu'f;mployèrent les maîtres pour s'en débarrasser. L^année suivante, la scène se renouvela dans lu nn^me ville avec une fille âgée de quinze ans. Le lutin se livrait aux plaisanteries les plus bizarres : tantôt il brisait les vases de la lessive, tantôt il laissait rouler de l'escalier de grosses pierres, ou bien il en lançait de petites qui rompaient les carreaux de vitre ; parfois encore il jetait dans le puits des seaux de boi« ou de cuivre et des chats.