‹ Histoire des Italiens, trChapitre 110 sur 176 · HI8T. DES ITAL.— T. MU · texte numérisé non relu

HI8T. DES ITAL.— T. MU

de monnaie était enterrée^ les baguettes » comme si on les avait tirées^ tournèrent leur pointe en bas. Ce même Antoine lui raconta qu'il y avait à Noventa, sur le territoire vicentin^uBe jeune fille à laquelle on envoyait un mouchoir de malade, et qu'elle le faisait venir très-grand , puis tout petit ; s'il revenait à sa première dimension ^ c'était signe de guérison , et de ODort dans le cas contraire. Il lui envoya son mouchoir^ en disant qu'il venait d'une malade, et la jeune fille ne s'en aperçut pas inroe qu'il était exorciste ; mais elle l'agrandit et le rapetissa visiblement, puis le ramena à son état primitif. Cet Antoine en raconta bien d'autres à Strozzi (1).

Ces faits^ certifiés comme tant d'autres sur lesquels on fonde aujourd'hui de nouvelles théories^ ne mériteraient que le soarire du dédain s'ils n'étaient pas sortis du champ de la spéculation ; mais la nature humaine est entraînée par un penchant i^ résistible à traduire les croyances en faits. C'est oe qui anriva pour les sortilèges^ une des nombreuses erreurs que le paganisme a transmises à la civilisation moderne (ch. xxxiv), Daof le moyen àge^ ils furent alimentés par des légendes^ dansles^ quelles se confondaient le mysticisme et l'impiété^ le terrible et le bouffon; mais les législateurs , sans excepter les grossieri Lombards, les repoussèrent, et si quelque peine était pronoD* cée^ elle consistait à soumettre les sorcières à Pépreuve de l'eao froide; on renvoyait absoutes celles qui surnageaient, ceqû était peut-être un artifice pour les sauver toutes. Quant à 1^ glise, on citait un canon du pape Damase , aujourd'hui répudié comme faux^ dans lequel on attribue à une pure illusion les déplacements subits des sorcières; quelques théologiens voyaient donc un péché mortel et une hérésie dans la croyance aux réunions nocturnes (2).

11 n^est pas vrai que cette erreur fût à son comble dans les

(1) Pag. 218, 214, 302 du Palagio degli incantî e délie gran meraviglie dfgH spir'Ui e di tutta la natura , d'ivîso in libri quarantacinque e in tre prosptUHt spiritualet céleste ed eleme/tiare, tli SlROZZl CiCOGîCA; Vicence, 1605.

(2) Le pénilenliel de Téveque Duikard, autérieur à l'au 1000, détermiiie les pénitences pour C(;ux qui croient que d'autre» peuvent , au moyen d'enchantements, exciter des tempêtes, la haine ou l'amour, ensorceler ou bien aller aux sabbats. Voir VJIist. universelle , liv. xv, cb. 15. Muratori , Dissert, LXTIH»* pu!)lié un pénitcntiel du monastère de Hobbio : Qui ctim viduâ aut virgin^^ cavit, quijalsa testimonia super alios apponunt, et ad sorcerias recurrunh^ divinaliones credunt,,. isti pœniteant y annis nel lll ex fus in pane el cqtd»

SOECXLLKRIE. 355

a moyen Age; sans doute, elle ne vit pas le jour^ mais dit à l'époque de la renaissance des études, et surtout de d'or (4), après qu'elle se fut mêlée avec la fange es occultes ; il faut y voir un autre symptôme de la )n du paganisme. Déjà le fameux Barthole conseillait de Novare de faire mourir h petit feu une fçmme ac« roir adoré le diable et tué des enfants au moyen de

fin du quinzième siècle , selon Antoine Galateo , on e des sorcières avaient le pouvoir, en s'oignant le corps es substances^ de se changer en bétes^ d'errer ou plu* ivoler dans de lointains pays, de danser en rond sur ^ de s'accoupler avec des démons, d'entrer et de sortir fermées^ de tuer des animaux (3). En effets l'opinion it que les sorcières, masche, buonerobey ou que) que I qu'on leur donnât^ allaient m course, se réunissaient is lieux, comme au mont Tonale en Lombardie^ au Perrare^ à l'esplanade de la Mirandole, au mont Patotogne^ autour du noyer de Bénévent..., et que, sous Dce d'Héfodiade, de Diane, elles se livraient à la danse^ lurs immondes, en se transformant en loops^ chats et maux. Lia luxure et Timpiété constituent le fond de ces banquets splendides le jour du sabbat^ danses où fignmoines, tout enfin au mépris de PËglise, puisqu'on y ( pieds ce qu'elle vénère le plus^ les croix , les r^* s hosties.

voyait quelque vieille femme d'une laideur repoussante igné particiûier^ et si elle répondait par des impréeainsultes dont elle était l'objet^ il n'en fallait pas da- [Mir qu'on la soupçonnât d'être sorcière. Beaucoup de

Bernard de C6me, 1&S4, dJt que le» sorcières ne snbsîsfMent fem-

npikdumfmt decrttam p€r domimsm Gratianmn,,, Sirigiarum secta

ipii tanttmunodo a centam quinquaginta émnU citraf ut apparti ex

laquisitorum,

Tl, Comïlia crimhialia; Venise, 1563, 1. 1, cons. 6.

qui credunt muUeres quasdam maifjicas, sivepotius veneficas, medi*

fièutas, noclu in varias animalium formas verti et vagari , seu pO'

oer longinquas regiones, ac nuntiare quœ ibi aguntur, choreas per

ère, et dœmonibus congredi, ingredi et egredi per clouta os fia et

meros necare, et nescio quœ atia deliramenta. De sitii Japigiae,

Page 1