SORCELLERIE
femmesi poursuivies devant les tribunaux^ avaient fait des aveiix formels : a Nous avons vu le diable^ nous sommes allées, à dieval sur le balai^ aux réunions nocturnes , où nous avons conna un tel et une telle; » comment douter de leur véracitél Si l'homme peut obtenir du démon les plaisirs criminels qu'il n'oêe pas demander à Dieu^ et s'il est possible de faire un pacte avec une puissance surhumaine, pourquoi quelques-uns seulement y auraient-ils recours ? Alors la croyance s'établit que les sorders, pamii lesquels se trouvaient surtout des femmes, étaient en grand nombre^ et (qu'ils formaient entre eux une espèce de société, avec des chefs et des réunions^ pour se livrer à des plaisirs charnels^ aux voluptés de la vengeance.
Frère Bernard Hategno^ de Gôme^ zélé inquisiteur, nousi laissé un livre, de Strigiis {\)y dans lequel il s'indigne contre celui qui les révoque en doute. Les sorcières^ dit-il^ se l'éuni»' sent principalement le vendredi^ renient, en présence du diable, la sainte foi^ le baptême^ la bienheureuse Vierge, foulent aux pieds la croix, jurent tidélité au diable en lui touchant la main avec le dos de leur main gauche , et en lui donnant quelque chose en signe de dévouement. Toutes les fois qu'elles vont ao jeu de la bonne compagnie^ elles font une révérence au diable^ qui s'y trouve sous la forme humaine. Elles ne s'y rendent fMS comme dans un rêve, mais corporellement, éveillées et avec tous leurs sens, à pied si le rendez -vous est voisin, sinon sur te épaules du diable, qui parfois les abandonne à moitié chemin, ce i\\\\ fait qu'elles s'égarent ; toutes ces choses sont attestées par leurs aveux spontanés faits aux inquisiteurs de toute l'Italie. Dieu i)lus, aliii d'imposeï* silence à ses adversaires , il cite des exemples personnels : instruisant des procès dans la Valteline, il obtint des dépositions d'hommes dignes de foi , qui avaient réellement vu les choses dont il parle. A Côme, tout le monde savait que, cinquante ans auparavant, le podestat Laurent de Concorrczzo et Jean de Fossato, prièrent, à Mendrisio, une sorcière de l(»s conduire au sabbat ; elle y consentit, et ils assistèrent à une ass(îinblée ; mais le diable, s'éUmt aperçu de leur
(I) \\ accoiiipa^iic lu iMccnia Inquiulornm /lœreiicœ pravitalis reverenMfX^ trisjratiii lii i nariii conunsis ortlinis Prtadicaturum ac i/ii/uiàiiorU egrtg^h"^ fjUii Mtmniol'tm continrlur ijnuhjuld tlcsidtrntur ad liujusce I/iquiiilionis tancltn» munus eietiiicndiim; Milan, 11)00. Il lut iiiipriiiié par les soins du ré\éreJiJ P***^ In<|ui.sitt'ur de Milan ad laudem Dà, réimprimé souvent et commeulc |>ar FrtD* (jois IVgnu.