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OPINIONS CONTRAIRES ET FAVORABLES

«docteur, «ne occasion s'offrit, dans ma première cause, dln-

f voquer le droit. Il était venu dans les vallées subalpines un

c inquisiteur chargé d'instruire contre les sorcières; déjà il en

« avait brûlé plus de cent, et chaque jour il offrait à Vulcain de

c noufeaux holocaustes de ces malheureuses, dont la plupart

« méritaient d*êlre purgées avec Teliébore plutôt que par le feu;

t enfin, les habitants s'opposèrent à ces violences par les armes,

• et soumirent la chose au jugement de l'évoque, lequel m'en-

tvoyales pièces, en demandant mon avis.» Alciat conclut en

fâvenr de ces infortunées, en déclarant qu'une pareille croyance

ne convenait qu'à des femmelettes ; le démon , disait-il , aurait

bien pu apparaître sous la forme de ces femmes, et il demandait

comment il était possible qu'il suffît d'invoquer le nom de Jésus

pour faire évanouir une réunion nocturne.

Pierre Borboni, archevêque de Fisc, consulta les doctes de celte université sur quelques religieuses obsédées, afin de savoir si le fait était naturel ou surnaturel; Ceiso Gesalpino, fameux naturaliste, en lui répondant, expose longuement les prodiges attribués à la magie, sans témoigner de répugnance à les admettre; puis, après avoir discuté l'opinion d^Aristote, il affirme qu'il existe des intelligences intermédiaires entre Dieu et Thomme , Jusqu'elles ne peuvent communiquer avec nous (1). Dès lors,

îï fallait conclure que les obsessions n'étaient pas réelles; mais, pur égard pour le temps, il se borne à déclarer que ce fait n'est P^ naturel, et qu'il faut y appliquer les remèdes de l'Église.

Après la croyance erronée du vulgaire et des doctes, on verra, *^®c plus de regret que d'étonnement, des membres respectables te l'Église entraînés par le courant. En 1494, le pape Âlexan- *^ Vl , ayant appris in provinciâ Lomhardiœ diversas utriusque '^^^^s personas incantationibus et diaholicis sttperstitionibus ope- '^fn date, suisque veneficiis et variù observationibus multa ne- ^^dasceler a procurare, homines etjumenta ac campos destruere, ' diverses errores inducere, chargea les inquisiteurs de les pouruivre ; toutefois, il avait défendu de s'occuper de sortilèges, de '^^léticeset d'enchantements, à moins qu'ils ne fussent mêlés ^es abus de sacrements, ou bien à des actes contre la foi. En

^^ sont dirigées les réfutations de Martin Delrio , DisquUUîonum magicarwh , '^- III, 16.

\\ ) Donmimum investigatio peripatetica, in qua explicatur locus Hippocratts, ^ ^uid divinian in morbis Itaùeatiir; Florence, 1580.

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