BIST. DES ITAL. — T. VIII
18 PAIX DE GEÉPY.
«isimtkint les Piémontais à ses propres sujets, instituait à Turin un parlement^ qu'il plaçait sous la présidence du Milanais René Bîrague d'Ottobiano (i) ; mais les populations ne pouvaient s'habituer au joug étranger, les étudiants et les maîtres abandonnaient runiversité de Turin^ et les paysans laissaient pourrir le Ué dans les champs.
Le duc d'Orléans, auquel était destiné le Milanais, mourut peu de tttiips après, victime, dit-on, d'un poison que Charles-Quint lui aurait fait administrer. Le sort de Milan fut donc remis en diecussion, et, par suite, la^aix compromise, d'autant plus que CSbarles-Quint se plaignait que François l^' n'évacuait point le Piémont. Le roi de France mourut bientôt, laissant le trône à *^'' Henri II ; mais la haino nationale, qui survivait, ne tarda point à fiaire explosion, pour infliger de nouveaux malheurs à la pauvre Italie.
(1) La famille Biragiie de Milan était restée fidèle aux Français. Lorsque les SIbrza furent rétablis , elle se réfugia eu France. René y obtint de grandes faveurs de François I*'', qui le fit conseiller du parlement de Paris , puis président de celui de Turiu, gouverneur du Lyonnais, et l'envoya au concile de Trente. Charles IX le nomma garde des sceaux, vX Ton assure qu'il fut ïe principal conseiller du massacre de la Saint-Harthélemy. i^s Français l'enveloppèrent dans la haine qu'ils portaient à Catherine , cl raccusaic^nt d'être un faneax empoisonneur. Le capitaine la Vergerie ayant dit que les Italiens étalent la ruine de la France, et qu*il fallait les exterminer, Birague le fit pendre et éearteier, Néanmoins l'historien de Thou le dit généreax , prudent , plein de candeur, et Papire Masson eu fait le plus grand éloge. Il s'opposa à Henri 111, lorsque ce roi voulut céder au duc de Savoie les villes de Pignerol et de Savigliano. Resté veuf, il fut nommé cardinal en 1578, et donna, à cette occasion, une fête à laquelle assistèrent le ici et la reine. Il en doima une autre magnifique pour le baptême du fils de son neveu, où l'on voyait deux longues tables, couvertes de douze cents plats en faïence avec des dragées et des épi ces, disposes en pyramides, châteaux et autres figures; toute la vaisselle fut brisée. Comme Henri lil, il appartenait à la confrérie des Disciplinés ; avec le roi, les princes et les grands, il parcourait les rues de Paris, velu d'uu sac et le visage couvert. Son neveu , Flaminio Birague , écrivit des poésifîs françaises. D'autres de ce nom eurent des charges et des honneurs en France.
Le seigneur du Beflay-Langcy , qui écrivit les O-^doades , à riniitatiou des 'M>étJ«des de Tite-Live, fut gouvemcar du Piémont pour François I"".