‹ Histoire des Italiens, trChapitre 123 sur 176 · ADRIEN VI · texte numérisé non relu

ADRIEN VI

diminuer la dette en se' réservant une partie des revenus de toutes les églises et un secours offert par la charité^ surtout par les monastères (i).

Une réforme dans le but de concilier les intérêts divers auraitelle été encore possible?

Dans le concile de Trente^ Rome avoua par le fait que Luther avait raison sur beaucoup de points; si elle avait immédiatement corrigé la discipline, renoncé aux prétentions purement curia- Ics, sans transformer les questions de juridiction en questions dogmatiques^ cédé en un mot de bon gré ce qu'elle dut plus tard accorder par nécessité^ elle aurait du moins enlevé toot prétexte aux déclamations les plus populaires. Chaque jour, nous voyons les églises perdre sans schisme les choses d'ordre temporel ; déjà, à Tégard de quelques rites^ on avait fait des concei* sions aux Grecs et aux Hussites ; quant à la question des iodolgenccs, des dogmes essentiels et des mystères^ il ne semblait pas que les dissidents fussent encore disposés à les repousser. Adrien VI put donc espérer un rapprochement^ et il travailla dans ce but; mais la lumière de ce pontife révéla la profondeur de Fabtme. A son entrée à Home, il défendit les magnificences et les prodigalités d'usage; il fit suspendre l'érection d'un arc de triomphe^ en disant: a Ce sont des choses de païens ^ non de chrétiens et d'hommes religieux. » Il conserva son nom et ses vieilles habitudes ; sa domestique^ femme de bien^ resta près de lui^ et le servait comme autrefois. A son dlncr^ il ne dépensait qu'un ducat^ qu'il donnait lui-même tous les soirs à son maître d'hôtel, en lui disant : Voici pour la dépense de demain.So\M\é de prendre des domestiques, il répondit qu'il voulait d'abord acquitter les dettes de l'Église; apprenant que Léon X entretenait cent palefreniers, il fit le signe de la croix, et dit que quatre lui suffiraient (2). Quelqu'un lui ayant montré le Laocoon, il s'écria : Idoles païennes, et détourna les yeux de ses nudités clas-

(1) Ces cons<;ilA sont tirés (h; la hibliotlièqiualc Miinicli ; nous les avons insères dans Itts cclaircisscmfmLs du livre XV de Y Histoire universelle. Dans àSCHKtHOKï (Àmœnitates liistoriœ ecclesiasticœ, ii" VIII), on trouve une longue consultalion de réfornieB, propoHces par uim; rornriii.s.Hion qu'avait instituée l'empereur Ferdinand \", avec les réponses faites jtor la cour romaine.

(2) Sa^UTO, Journaux, à l'année \Wl\\ ; une di; se» lettres dit: Fir est i'ù ienax, in concède mi o parcissimus, in recipiendo nullus a ut rarissimus: in sacrificio quotidianus et matutinus est : quem amct aut si quem omet, nulli exploralun. Ira non agiiur^ jocis non ducitur. Neque où pontificatum 'visns est exstdtauequinimo constat graviter illum ad ejusfamam nuntii ingemuisse.

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