RÉFORMÉS ITALIENS
le sens do Zwinglo; la correspondance des cotypbées étraogen révèle qu'elles germèrent dans Pesprit d'un grand nombre^ au point qu'un gentilhomme se déclarait prêt à lever six mille s(ddaU si Pon faisait la guerre au pape (i). Lo Florentin Pierre-Martjr Yermiglio faisait écho à Mollio; prédicant très-instruit^ il pot établir une église à Naples, une à Lucques, une à Pise (i); eofin il s'enfuit à Strasbourg^ où il prit la femme et la chaire laissées par le fameux Capiton : il est compté parmi les ministres protestanti les plus versés dans les saintes Écritures. A la même époque Yicurent le Yéronais Paul Lazisc, qui professa le grec et rbébreo à Strasbourg ; Alexandre Citolini de Généda , auteur d'un Art de rappeler à la mémoire , dans lequel il réduit sous certain nos catégories toutes les choses du domaine de la pensée (3); le Brescian Celsc Martinengo; le Bergamasque Jérôme ZaD> chi^ professeur de théologie à Strasbourg , et qui , cette vilb n'ayant pas d'église italienne^ réunissait ses compatriotes daof sa maison.
Jean-Léon Nardi, qui écrivit beaucoup en faveur des bétéàeh et Michel- Ange, frère prêcheur^ s'enfuirent de Florence; le de^ nier apostasia à Soglio^ chez les Grisons , et fit imprimer ooe Apologie, dans laquelle on traite de l* Église véritable etfo/mi de r essence et qualité de la messe, de la véritable présence i* Christ dans le sacrement de la Cène, de la papauté et de la fi^ prématie de saint Pierre, des conciles et de leur autorité, etc. U Mantouan Alphonse Conrad^ auteur d'un commentaire surTi^' pocalijpse et très-violent contre les pontifes; Guillaume Grattarola, médecin de Bergame, et plusieurs Napolitains professèrent également hors de l'Italie (4). Le Vicenlin Jérôme Massari enseigna la médecine à Strasbourg , et publia un procès de 1^ quisition (5j. Scipion Gcntilo, de San-Ginesio dans laMarclie (Î^Ancône , auteur de différents ouvrages de droit et d'annota-
(1) Seckrkdobf, nistoria Luteranhmi, t. lll^p. GS, G9, 579.
(2) SlLMKBl, Oratio de -vitâ P. M. Fennîlii. (.'J) Dizionario storico de liassano.
(4) Uaynaldi, à l'année 1539.
(5) Eusehius captivas^ sivc modus proccdencli in curid romand contrit Uttiu* ranos. Jjàle, 153.J. li n'est pajj (h; (>urion, comme on peut le voir par laHf* dv, Zanclii à Mu.scolo, mais de Massari qui, en 1554, lit imprimer à hkUDeJiof ac opcribus vert cliristianl liomiitis ad menlem Âpostoloruni, contra Evangf*'^ inimicos ; dans la préface, il est fuit meutiou d'au grand nombre d'Italiens w* meuraut dans cette ville.
GURION. 403
tionssur le Tasse^ mourut professeur de lois^ dans la Franconie^ 601616.
Gelio Secondo Cution ^ éminent grammairien de Chieri, étu* diaût la jurisprudence h Turin, voulut connaître les doctrines nouvelles, par lesquelles il se laissa séduire ; avec Jean Cornelio et François Guarini, il prit la fuite pour se rendre en AUemagne. Découvert dans le val d'Aoste^ il fut enfermé deux mois dans me forteresse, puis envoyé dans un monastère pour y recevoir l'instruction catholique ; mais il remplaça les reliques par une Kble, s'enfuit du couvent et parcourut différentes villes d^ialie. A Milan , il se maria et obtint une chaire de professeur. Âyimt qppris que^ sur vingt-trois frères et sœurs, il ne lui restait qu^une de ces dernières, il rentra dans sa patrie. Là, entendant un do* mimcain en chaire réfuter Luther, il lui cria : Tu menti et se nût à répandre, copiés de sa main, les livres de Thérésiarque, n expia son audace dans une prison de Turin; mais^ bien qu» dbrgé de fers, il parvint à s'échapper si miraculeusement , que Ton crut qu'il avait eu recours à la magie (1). A cause de cette éviâon, a je ne fis pas vœu, dit- il, de visiter Compostelle ou Jérusalem^ qui sont des idolâtries, ni d'observer la chasteté^ parce que Dieu seul peut la donner, mais je me consacrai tout entier à Jésus-Christ, notre unique libérateur, d
Gurion eut bientôt une chaire à Pavie, et, bien que ses op>oioos fussent connues, jamais on ne put l'arrêter dans l'espaoe de trois ans^ parce que les écoliers veillaient sur sa personne; néanmoins > comme le pape insistait pour que le sénat nfiilanais Vmcbàt cette ivraie^ il se réfugia à Venise, puis à Fa*rare^ où h duchesse lui donna des lettres de recommandation qui lui firent obtenir une chaire à Lucques; mais, le pape le réclamaDt avec instance , la petite république lui conseilla de quitter le Pft]fs, et Curi(m se rendit en Suisse , où il fut professeur à Lauttaoe, puis à Bftle , dont il ne s'éloigna plus, malgré toute» les offres avantageuses qu'il recevait. Une fois, il osa retournera I^ncqoes, afin d'y prendre sa femme et ses enfants; le bai^et se présenta chez lui pour l'arrêter; mais, armé d'un couteau de ta-
(1) Il obtint du geôlier qu'il ne lui mît les fers qu*à une jambe; puis, qu'il en- ^saski alternativement Tune des deux jambes ; dans ce changement, il réusait * {aire mettre la chaîne à une jambe supposée. V'Ua Cœlu Secundl Ciwionis; de ^'^ahili sud è 'vîncuUs ac ipsis diras necis faiicibus iiùeratiotic diaUgus* — Nous levons l'oraison funèbre prononcée sur sa tombe par GiamnieQlo Stuppaiù» Oratio ^ Calii Secundi Curionis vite. Voir aussi ScHELHORN, p. 268#