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450 RÉFORME MORALi;.
bili, Âgello, Morino^ Lelio Làndi, Ange Rocea, le cardinal Caraffa (1) ; mais à peine eut-elle paru qu'on y recolinai beauiioup d'eireurs (â), ce qui la fit retirer, et une auto fat publiée pv Clément VIIl.
Il ne semble pas qu'au moyen âge FËglise formulât de caté* chismes^ où les points essentiels delà religion fussenl exposés à Tusâge du peuple. Le concile de Trente ordonna quMl en ae^ rait fait un, dont la rédaction fut confiée à saint Clûurtes^ qui prit pour collaborateurs les dominicaine Foscararî, le Bresdan Muzio Calino, évéque de Zara^ puis de Terni ; le Génois Ldonafd Marini> ardievêque de Lanciaiio. 11 fut publié en italien et m latin (3), puis divisé par chapitres, enfin par demandes et réponses dans l'édition d'André Fabrizio ; on y joignit luae ttiUë des évangiles de chaque dimaiiche^ avec une indioatiM dv sermon et des ouvrages où l'on avait puisé; il contônait ea outre les devoirs du curé sur les divers pcûnts de dioellifi6% de manière à lui servir comme cours de ihéologie> à» serfiaons^ de méditations. Ce Catéchisme romain ^ admiré pour son élégance et sa méthode lucide^ prouvait que la pn^bde et solide érudition sacrée n'a pas besoin de s'envelopper dans des arguments et des formules d'école^ mais qu'elle s'aoecktie avee l'exposition claire et précise , avec la sublime simplieité de Is pensée. Les jésuites, qui , sur la question de la grâce> différaient d'opinion avec les dominicains , le discréditèrent et en firent paraître d'autres, parmi lesquels occupe le premier rang celui de Bellarmio.
Les catholiques avaient toujours demandé la réforme au nom de l'autorité, en repoussant le témoignage de l'individu, soit en fait d'opinions ou de morale, cet individu fût-il le pontife, sujet lui-même à Terreur et à la faiblesse^ puisqu'en lui se réunissent rhomme et l'autorité ; mais l'orgueil qui refusait de donner raison aux dissidents ne détourna point de la réforme morale, et
(1) Tito Prosper Martinengo, de Brescia (1595), traTailla à la Bible Sixtlne, outre qu'il revit les éditions de saint Jérôme, de Clirysostome et d*autres. Marc Marini, son compatriote (1594), laissa une Grammatica Hnguœ sanctœ»
(2) Elle fut mise à l'index par Grégoire XIV : c^est une rareté bibliographique.
(3) Logomarsino nie que Paul Manuce en revît le latin, et prétend que les rédacteurs, pour le latin, furent Muzio Calino elles Milanais Pierre Galesino et Jules Pogiauo. Nous devons mentionner la Summa doctrinœ christianœ, du jésuite Canisio, dont TAUemagne fait encore beaucoup usage.
EÉPORME MOEALB. 451
le sentiment religieux fut substitué à FidolAtrie classique dans les arts, dans les discussions, dans les lettres et la vie.
Aucune session du concile n'eut lieu sans décrets de réforme pour rendre à TEglise même la pureté des œuvres : on prohiba les mariages clandestins ou sans les trois publications^ la communion sous les deux espèces et les ordinations sans bénéfices; oo supprima les questeurs et les vendeurs d'indulgences^ dont la publication fut attribuée aux évéques seuls ; la collation des ordres^ les dispenses et les lettres dimissoriales furent déclarées gratuites ; la résidence devint obligatoire^ et par suite la pluralité des bénéfices avec charge d'Ames cessa d'être possible ; on ne pouvait conférer ces bénéfices qu'à des personnes âgées de vingt-cinq ans> et il fallait en avoir vingt et un pour obtenir une dignité dans une église cathédrale, mais toujours après examen préfiminaire; les évéques devaient, chaque année^ visiter les églises de leur diocèse, s'occuper de tous leurs besoins et pour-^ voir à ee qu^on y fit les réparations nécessaires; il était ordonné de consacrer à des distributions quotidiennes un tiers des revenus des cathédrales et des collégiales ; on recommandait d'ao* cpmplir le sacrifice de l'autel avec désintéressement et dignité, sans l'accompagner de chants qui pussent faire naître des. idées profanes. Chaque évéque fut tenu d'avoir un séminaire^ outre Fobligation d'extirper, dans les synodes provinciaux et diocésains, les restes des superstitions et des indécences. Si Ton exa-^ mine les décrets de ces pieux réformateurs , on dirait qu'ils se flattaient de ramener le monde à la pureté apostolique ; mais ils n'évitent pas les excès qui peuvent gAter les meilleures causes.
Jje cardinal Ghiberti, autrefois dataire^ fit reproduire les ouvres des saints Pères par l'imprimerie établie dans l'évôché de Vérone, et rendit le clergé de ce diocèse un modèle de discipline ecclésiastique ; aussi le concile n'eut presque qu'à €onv^^* tir en décret ce qu'il avait déjà introduit.
Chyles, Borromée, le véritable restaurateur du régime ecclé- «astique et de la direction des âmes, le type de ces réformateurs ecclésiastiques, avait dans sa chambre l'effigie de ce prélat dont il suivait les exemples. Les Actes sont comme la charte constitutionnelle de TÉglise, ses lois universelles appliquées au gouvernement des divers diocèses dans ces comices qu'on appelle conciles provinciaux, vénérables par la promesse que te âaint-ËJ^fit sera là où deux ou trois se réuniront en son nom.