‹ Histoire des Italiens, trChapitre 155 sur 176 · JÉSUITES · texte numérisé non relu

JÉSUITES

mœurs; entre autres témoignages^ nous avons un mémoire ë ceux de Parme présentaient à Pierre-Louis Farnèse contre dépravation qui se propageait o au déshonneur de Dieu, à la nination des àines, et souvent à la perdition de beaucoup de ips et de biens. » Ds gémissent donc sur le peu de crainte enfs Dièu^ irrévérence qui se manifeste dans les églises^ où tous Aversent , traitent d'affaires commerciales et se promènent : i^faia&phèmessont usuels^ et Ton travaille les jours de fête; les irtes et lés dés infestent les cabarets y d'où gaspillage d'argent triies fréquentes ; on trouve encore beaucoup de concubinaires> ikae pëmii les ecclésiastiques, et des adultères publics; les enmis se lancent des pierres dans les rues ; de grands vauriens nmpissent dans l'oisiveté au sein de la ville et sur les parvis , (>ûant; blasphémant, faisant du bruit; les prostituées sont efftmtées et nombreuses. Ils demandent aussi que Ton tempère ^ rigueur des peines, qui sont pour les autres une perte d'ar- !M et de temps; que Ton assiste mieux les prisonniers, les oodamnés à mort^ et que Ton prévienne les contrats usu-

Chaque ordre nous offre des hommes , ouvriers zélés dans la i^s du Seigneur, qui , façonnés par la surveillance éducatrice ^querelles, par les mâles joies de la persécution et la dignité ta péril incessant, devinrent des saints; mais le clergé séculier ^t surtout besoin de réformes. Gaétan Tiene, noble vénitien, <>nné et placide lîaturej^ pleurait en priant, et désirml « réfor- 1^ le niondè^ n^ais sans que le monde s'aperçût de lui. 0 Assoiatibn de Fange et de l'aigle, il s'entendit avec ^impétueux ean-Pierre Caraffa, évoque de Chieli, depuis Paul IV , et qui torcha la paix dans le sein de Dieu, après avoir vu qu'en s'a- ^^nnaut à son cœur, il augmenterait ses inquiétudes. En ^^, ils instituèrent sur le mont Piacio, aujourd'hui riant et 'Uplé^ mais désert alors, les clercs réguliers tbéatinâ, prêtres

(l) tfous fvfODS publié dam V Histoire uni'vcrseUe , éd^ircisseiaeDts Q au Pc xy ; mab Pezzana croit (V. deiC Affo^ p. 63) qu'il n'est pas des jésuites, is de la icompagnie du ^int nom de Jésus, instituée à Parme en 1542 ; cette Hpagnie , outre l'obligation d'enseigner la doctrine chrétienne et d'assister oondamiiés à mort, « devait avertir le prince et ses gouverneurs de tous les onvénients. » A ce mémoire peut faire pendant la note des abus de Milan , isentêe au roi d'Espagne de la part de saint Charles, et qu'on lit à la page 76 -vol. Ù' des Documents relatifs à la ifie et aux Restes de saint Charles ; Milan,

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avec vœux monastiques^ mais sans règles sévères; car ih laient s'occuper librement do la prédication, des sacremeni Tpalades, d(;s prisonniers et des condamnés à mort^ re^d culte son ancien lustre^ prêcher sans superstition, couvert hérétiques; ils faisaient vœu de pauvreté, mais sans niendi< tendant l'aumône de la m^ip do Qelui qui donne ^ paruro (}es champs.

Dans le sac de Romc^ Gaétan fut dépouillé de tout et tût il quitta cette ville avec ses compagnons sans autre choi son bréviaire^ et Venise les accueillit à Saint-Nicolas de 1 tino. André Avellino fut bientôt une des lumières de cet o ayant commis un mensonge dans la profession d'avocat, i repentit au point quMl laissa le monde. Chargé de remédie scandales des religieuses de Saint-Archange à Naples, il er rut la haine d'un jeune homme qui le fit poignardtif ; gU< ses blessures, il prit Thabit de thé^itin^ et propagea cet oi Milan^ à Plaisance^ h Parme. Au moment où il commençi messe^ il tomba frappé d'apoplexie dans un âge très-av^nçié disciple^ Laurent Scupoli d'Otrante, fut l'auteur du ComAa rituel (HjOS), que François de Sales ne quittait jamais.

A Milan, ravagé par 1ns guerres dont il fut le prétexte, Ai Marie-Zacharie de Crémone, Daiiliélcmy Ferrari et Jacquec toine Morigia, patriciens milanais , instituèrent les bamatiit 1533 ; les mem^ures avaient pour but de faire des mission diriger des collèges, d'aidnr les évôques^^ avec va.»u de n< guer aucune charge dans leur congrégation, ni d'en accept dehors sans une dispense du pape. Le Novarais Augustin nielli refusa plusi«;nrs évechés pour se livrer h la dévotion ( traie ; il composa les Annal ns sacrées et profanes depuis la lion jusqu'à la rédemption , première bonne tentative lîclaircir les diflicultés des livres sacrés, et qui servent d'i duction aux Annales de Haronius.

Dominique Sailli, br)ri littérateur, j)hilosophe, historien liti(|ue et mAme négociant, (piitta (ir^nes pour Milan ^ où n Alexandre qui, devenu barnabitc;, fut envoyé à Pavie, où Tui premiers il réforma utilenKint l'(;nsf;ignement philospphiq théologifjue. Après avoir initié ses élèves au grec ( il fit da but une grammaire ), il leur mettait entre les mains la Lo^ d^Aristotc, le meilleur livre, à mon avis, i)Our redresser cec le plus souffert des révolutions, lo bon sens. Un élève expli(i le texte, un autre le traduisait en latin, et le maître dég8{

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es principes en évitant les obstacles créés par les glossateurs. 1 joignait à la métaphysique Télude de la géométrie. Aux théologiepSy jl proposait la Somme du plus grand philosophe du moyen fige, dont il s'était tellement nourri , que Von disait ^ Vavîe: S} la Somme de saint Thomas se perdait, Alexandre pdtfrrait récrire en entier, A Tégard de l'enseignement du droit, ëffsaem^nt débarrassé de Fobscurité des gloses , il consulta Mai'O-Antoine Cucchi^ qui enseignait les canons dans cette ville;; en échange^, il Taida de ses conseils pour la rédaction de ses rem^maable^ Institutions ; enfin, conmie dit Gerdil, Alexandre ouvrit l'intelligence des hommes studieux^ en les disposant à concentrer toutes les forces rationnelles dans la contemplation d'un seul objet, et surtout en les familiarisant aux mathématiques (1). il aida saint Charles à réformer le diocèse milanais; plus tard^ il fut missionnaire dans la Corse , où son zèle prévoyant iptroduisit les synodes diocésains ; en 1592^ il mourut évêque de Pavie.

Le Florentin Philippe Néri, joignant à l'érudition cette humilité qui rarement l'accompagne, recherchait le mépris avec autant 4^ sollicitude ingénieuse que d'autres en mett^t pour s'attirer l'admir^iion. Père spirituel des pl\is grands saints, les actifs Charles Borromée et François de Sales, et le contemplatif Félix de Gantalice, il avait pour amis les hommes les plus recommandables par le savoir, comme Tarugi, insigne prédicateur et cardinal, ensuite Silvio Antoniano, poëte, qui écrivait les brefs pontificaux» f)t le célèbre médecin Michel Marcati. Philippe ^e tiTOuvait aussi bien parmi les mendiants déguenillés , sous les portiques de Saint-Pierre, que dans les boutiques de changeurs, dans ^ tribunaux ou les palais. Avec une douceur inaltérable et la finesse florentine, il savait insinuer la charité, inspirer les sentiniénts de justice, et sauver |a vertu chancelante. Indulgent dans les choses accessoires, il était inébranlable dans les faits essentiels; ^ Cpnfes^ionpal, il dirigeait les consciences avec une merveilleuse perspicacité; se faisant un désert de la populeuse Rome, u visitait la nuit les sept églises, puis se retirait dans le cimetière "6 Saint-Calixte et les catacombes de Saint-Sébastien. Un chaste plaisir Teptraînait encore sur une colline délicieuse du Janicule, ^y^h Tpn ^otnine Rome entière, et dont il avait fait un amphitûéâtçe; là, à l'ombre de beaux arbres, il faisait jouer aux jevi-

(t) Le père Spotorno le regarde comme le premier qui réorganisa sériçuse- '"'•îit les études philosophiques.

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