JEROME MIANI
stoiret se niit sous la direction de saint Philippe^ qui lui fît mdonner ses livres^ ce qu'il avait de plus cher, et le chargea^ r humilité, d'enseigner les éléments de la gi-ammaire. Après tre fait oratorien, il écrivit des ouvrages de profonde érudia, surtout la réfutation de la politique de Machiavelii (1)^ et ux qui venaient lui témoigner leur vénération s'étonnaient im homme si humble sût tant de choses. Alors on vit reparaître des prêtres dans la chaire^ où ne monieot auparavant que des moines. Si les austérités exorbitantes, s psalmodies interminables, les prostrations répétées conveûent, dans des siècles rigides^ à des sens qui avaient besoin de loou^ses violentes, à cette époque, au milieu de la riche variété )6 sacrifices^ on songea plutôt au recueillement de Tâme, à la lor^fioation du cœur^ à Téducation de Tintelligence ; en un mot, ) voulut dominer la chair par la vigueur de Tesprit. Aa milieu des guerres de ce siècle^ la misère s'était accrue We manière effrayante» et la fermeture des couvents enlevait des masses d'individus le pain du corps non moins que la )urriture spirituelle ; la charité catholique avait donc bien de m s'exercer. Jérôme Miani , patricien de Venise , défentj contre les Allemands^ durant la ligue de Cambrai^ la [fteresse de Castelnuovo de Piave^ où il tomba prisonnier, ^mme Ignace» malade de ses blessures^ il fit un retour sur lui* éokd; car le lit et la prison sont des occasions terribles et fruclooses pour méditer sur le passé et songera Tavenir. Se vouant )s Vierge de Trévise, et miraculeusement délivré , il rassema les orphelins abandonnés dans les lies vénitiennes à la suite ) ces guerres et de la famine de i528^ pendant laquelle on logeait jusqu'aux animaux les plus dégoûtants. Après avoir (ûplacé la toge de sénateur par des vêtements de pauvre^ il ^iva la charité, et fonda partout des hospices pour recueillir > orphelins et les instruire , pour ramener dans la bonne voie * femmes égarées. A Venise , il assiste les incurables^ qui feht également soignés par Ignace, Gaétan et Xavier; il fait 'tîtuer ou organiser les hôpitaux de Vérone, de Padoue, de ^sda et de Bergame; puis^ aidés par des amis dont la pensée laipéme, il fonde à Somasca, en 1531, d'autres clercs régula, avec la mission d'enseigner les lettres , les métiers , la
t) AunaUs ant'uiuitatum ub orbe co/idtto usque ad annum 2024. — Imperium '^lert a ^erh et non simuiaùs virtutibus, — De antiquo et nùvo Jiaiiœ steUu, De jure status, — De ruinis genùum et regnorum, ttc,
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vertu. Sur le territoire bergamasque^ faute de bras^ on ne rérx)ltait pas les blés ; il se procure des faux^ 6t réunit des tnoi»sonneurs qui, au lieu de chants villageois^ font entendre des oraisons.
Le Milanais Primo Conti^ hDmme de lettres éminent^ fut un des premiers qui marcha sur ses traces ; informé que Iliérésie se répandait en Allemagne^ il résolut d'aller dans ce pays podr la combattre, et se flatta surtout de convertit* Érasme^ dont les opinions hii semblaient favorables à ces erreurs; il lui écrivit dotic , en signant Primus Cornes mediolanensis , et ce savant Hollandais, le croyant quelque grand prince, sortit à s rencontre pour lui faire un accueil cérémonieux ; puis, le voyant arriver dans une tenue modeste, sans même un domestique, il rit de n méprise, en déclarant toutefois qu'il voyait un littérateuif fk distingué bien plus volontiers qu'un bachelier quelciyhqae. Conti ne tira pas grand proflt du tiède Érasme , mais il fut utile à d'autres. De retour dans sa patrie^ il pouvait à sort gué-, à CMie et à Milan, choisir les professeurs de belles-lettres. Léft éôuVents le recherchaient à Tenvi pour enseigner la théologie et \eê \wpiA orientales. Il fut chargé de préparer des matières j^r le concile de Trente, où il assista comme théologien du cardinal Visconti, évéque de Ventimiglia. Le savant évéque de Gôme, lert- Antoine Yolpi, qui le connut à cette assemblée, l'employa èOA son propre diocèse, surtout pour combattre les hérétiques tte laValleline(l).
La congrégation de la doctrine chrétienne, instituée en 1592 par César de Bussi, Milanais né en France, et chargée de catéchiser les pauvres, resta quelque temps unie aux somasqties, mais en fut séparée.
Camille de Lellis de Bacchiano dans les Abruzzes, après avoir dissipé tout son bien, est réduit à se faire manouvrîer dans une fabrique des capucins; là. Dieu ayant touché son cœur, il se fait moine. Tourmenté par un ulcère à la jambe ^ il senl combien rassislance tarifée est insuffisante pour les malades, et, en 1586, il fonde les Crucifères qui les servent comme ils serviraient lo Christ lui-môme.
Après la peste de 1528, une société fonda à Crémone un asile, où les orphelins des deux sexes travaillaient la soie, le colon et
(1) Octavk-Marie Paltrinieri, Memorie intorno alla vita di Primo éd Conte; Koiiie, 1805.