ÉDUCATION. -W
lomme inspirant des sfintim^Qts et une iporalQ entaché^ de p£(- [^isme. Sur cette question y l'Église se montra tolérante, aiaafit noievix utiliser que détruire les éléments de Tinstruction. laint Charles mit les classiques dans les mains de ses séminaist^ ; mais il conseillait en même temps d'employer quelquesins des saints Pères : avec les Offices de Gicéron, ceux de saint Vmbroise; avec la rhétorique du même auteur, celle de Cyprien. 1 voulait qu'on supprim&t les peintures scandaleuses de Virgile et lu'Uorace fût expurgé.
Un peu plus tard, le père Possevino^ dont nous avons déjà parlé, prononçait à Lucques un discours dans lequel, loin de condamner l'usage des classiques, il faisait voir qu'on pouvait 1(^8 utiliser même pour la morale (1); mais il voulait, comme antidote, qif'on leur associ&t les œuvres de Pantène^ de Justin, martyr^ d'Èusèbe, et surtout de saint Augustin^ lesquels donnèrent une interprétation chrétienne à la civilisation des gentils. Il semblera étrange que les professeurs d'alors voulussent expliquer aux jeuqes gens les épigrammes de Martial^ comme très-propres à faire comprendre les Douze Tables. Possevino exclut cet auteur; mais il demandait que les professeurs eussent à la main les saints Pères, afin de s'en servir pour chercher la vérité dans les profanes mêmes , et déterminer la différence qui existe entre la lumière pure de Dieu et la clarté imparfaite et nébuleuse que les païens trouvaient dans leurs cœurs, d^où ils balbutiaient comme des enfants^ au lieu de parler comme des hommes raisonnables : a Qu'on n'oublie pas, disait-il^ que tout ce qui a été dit de la vertu par les gentils^ n'est quiune ombre en comparaison de la vertu chrétienne; que l'on démontre aux élèves que notre religion rend évidents les faits dans lesquels Gicéron voyait des énigmes ; les éloges qu^il se prodigue à lui-même et aux autres ne peuvent êtrq acceptés comme tels par des cœurs chrétiens^ lesquels doivent fonder leurs espérances sur les récompenses éternelles^ et mettre leurs couronnes aux pieds du Christ^ à qui appartiennent toute la gloire et toutes les louanges; cette proposition de Marcus TuUius^ que l'homme ne doit se venger que lorsqu'il est provoqué, peut introduire une grave erreur dans Pàpae chrétienne, et présente un nouveau contraste entre la perfection chrétienne et la morale défectueuse des gentils ; il faut
(1) En 1589, il a été publié , pour la première fois , par Cavedoni , dans les JUemorie di Ikfodena, de 1829.
488 ÉTUDE DES GUSSIQUES.
montrer que TabondaDce cicéronienne ne convient pas à tous ni toujours. Les traités de la Divination et de la Desiinée ne conviennent pas à la première jeunesse; mais pourquoi ne joiodrait-on pas aux Offices quelques extraits de saint Ambroise^ ou des morceaux de Lactance, pour suppléer à ce que Cicéron ne connut pas, ou pour en corriger les erreurs? Ceux-là se combineront avec ceux-ci, de manière qu'on fasse, dans les compositions, bon usage des uns et des autres, en empruntant à Tullius le style, aux Pères la doctrine et la véritable piété. Le traité de Cicéron sur V Amitié , si Fon y joignait les préceptes de charité que Ton trouve dans le catéchisme romain et une épttre de saint Paul aux Corinthiens, ne donnerait -ils pas d'excellents fruits d'élégance, de propriété et de piété? De môme, il sera bon d'associer aux Commentaires de César les exemples du livre de Josué ou des Rois, c'est-à-dire de mettre en contraste la saine Intelligence de ^histoire et l'étude des châtiments de Dieu contre les païens; les parallèles entre les héros de Rome et de la Grèce, et les guerriers chrétiens, comme Charlemagne, saint Louis de France, saint Etienne de Hongrie , fourniront un enseignement instructif et sain; on ajoutera aux derniers ceux qui, de tios jours, ont mis un frein à la barbarie orientale, tels que Yasco de Gama et Albuquerque, d'autant plus que leurs exploits sont écrits en bon latin par les pères Emile, Jove et Maifei. »
Voilà ce que voulait Fossevino , et qui répudiei-ait de telles idées?
Parmi les livres prohibés, il était juste de compter le Dém méron, contre lequel déclamaient depuis longtemps les ânie.^ honnêtes et les confesseurs; outre une foule d'autres, Bonifaci; Vannozzi disait : a Ces traités amoureux, ces discours si lascifs ont ouvert de grandes fenêtres à l'idolâtrie et aux hérésies, a des mœurs détestables, à des coutumes très-corrompues et trèslicencieuses parmi les catholiques; celui qui pourrait compter combien le Décaméron a perdu de femmes resterait frappé ^^ stupeur (!).»
Toutefois, on regrettait de priver les études d'un livre que l'on regardait comme un modèle do style ; on songea donc à l'expurger. Le maître du sacré palais indiqua les passages à suppn mer et à corriger; puis une députation de Florentins, dont le principal était Vincent liorghieri , adopta ce livre, qui parut ainsi t" i573, avec approbation de Grégoire XUI. Les zélés n'en furent
(1) l.ctterc misccllaiicc, l. I, p. ."iSO.