‹ Histoire des Italiens, trChapitre 164 sur 176 · HI8T. DES ITAL. -* T. VIII · texte numérisé non relu

HI8T. DES ITAL. -* T. VIII

r>14. SES OPINIONS.

Ailleurs il dit, sous forme de déuonciaUon : a Depuis^qu^lques années on voit paraître chaque jour une foule (le livres qui enseignent que le gouvernement ecclésiastique est le seul in^aé par Dieu ; que le gouvernement séculier^ chose profane et tjrannique, est comme une persécution contre les bons permise par Iiieu; que le peuple n'est pas obligé en conscience d^obéjr AUX lois séculières, ni de payer les impôts et les charges publiques; qu'il suffit que Thomme fasse en sorte de n%tre pas (lécouvert ; que la plupart des contributions publiques sont iniques, et que l'on doit tenir pour excommuniés les priqcesqai les imposent. En un mot^ les principaux magistrats sont représentés comme impies, excommuniés, injustes, et c'est l'opinion que s'en font les sujets ; on dit qu'il est nécessaire de lès crainâre par force, mais qu'on peut tout faire en conscience pour s'affranchir de leur domination.» Il termine en conseillant uioe loi rigoureuse contre ^imprimerie.

Friire Fulgence Manfredi, minorité, prêchait également cote tre le pape, les jésuites et les capucins; plus tard, il se rendit a Rome avec un sauf-conduit, fut absous et bien accueilli^ piiiS; arrêté soudain par le saint-office, il est pendu et brûlé, parce qu'oii lui avait trouvé des livres prohibés, des ouvrages hèrétiijues él des lettres qui révélaient des intelligences avec le roi d'Angleterre. Sarpi était secondé par frère Fulgence Micanzio de Pasiirano, près Brescîia, qui prêchait avec une telle hardiesse que le médecin français Ass(ilineau, chaud partisan de ces attaques et chargé souvent d'écrire pour frère Paul, disait : «Il semble que Dieu ait suscité pour l'Italie un autre Luther oii Mélanchthon (1). j> 11 prêcha pendant le carême «avec liberté, vérité él

crétaire FIscovcuJo, son coiii'rsseur justifiait le nieurtricT en lui écrivani: a Selon mon opinion sur les lois, le, prince stV.ulicr qui a pouvoir sur la vie de a-i sujets, de même qu'il a le droit de la leur enlever pour un juste motif et par jugeioeot en form(;, peut aussi le faire snns tout cela; car les formes d*un procès eltûUt ce qui s'ensuit ne sont rien pour lui, qui peut s'en dispenser. Un sujet qui,p*f l'ordre du sou\erain, donne la mort à un autre sujet, ne commet donc aucune faute; on doit croirti que le prince a donné cet ordre pour un motif juste; ciff en droit, on le présume toujours à ré;;ard de toutes les actions du souvrnin>' (Lettre de septembre iOHî), ap. Ml(;>iKT, Â. Pcrcz et Philippe II.)

Sarpi ne Nalait donc; pas moins ({ue les autres politiques de son époque.

(I) Mtinioin-s <ir Duplf^sis-Mornay^ X, 202; Paris, 182r*. L'inscription S"*" le tombeau de Micaii/io, dans les Servîtes à Venise, est uu chef-d'œuvre d** jeux de mots ; elle raille sur \v. nom, 1(^ sunu)m et Tàge :

Siste ptiicm^ hospcs ! — non ad tumulum^ sed ad f(lorift' thalamum aajUitsc

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