JUGEMENT SUR CETTE HISTOIRE
tons les faits, que le narrateur accumule sans examen (i); son exemple peut servir à prouver combien sont intimement liés le dogme et PÉglise , et combien se font illusion les écrivains qui combattent celie-ci en toute sécurité, satisfaits de proclamer leur respect pour celui-là.
1556.1624 Le Dalmate Marc-Antoine de Dominis , jésuite à vingt ans, professeur^ à Padoue^ d'éloquence, de philosophie et de mathématiques^ fut nommé par Rodolphe II évéque de Segna en Dalmatie, puis archevêque de Spalatro. Son caractère ardent lai suscitait paiiout des querelles; il écrivit en faveur des Vénitiens contre Paul V ; puis, voyant ses ouvrages réprouvés par rinquisition romaine , il passa chez les Grisons , à Heidelberg^ enfm à Londres, sous le prétexte de travailler à la réunion des différentes sectes chrétiennes, mais en réalité pour trouver dans cette ville liberté d'études et de profession. Ce fut lui qui publia l'histoire de Sarpi sous Tanagrumme de Pierre Soave Polano, avec une préface et des notes qui ^envenimaient. Le roi Jacques I®' lui fit bon accueil ; mais un jour, soit remords ou légèreté naturelle, il monta en chaire pour se rétracter, ce qui lui fit perdre tout crédit. Grégoire XV, son ancien disciple, le rappela; il vint et abjura en consistoire de cardinaux pour recouvrer son évôché. Toutefois, le rigide Urbain VIII, successeur de Grégoire, le tit enfermer au château Saint-Ange, comme inconstant et coupable de récidive; il monrut en prison durant le procès, et son cadavre fut brûlé avec son traité de la Bépubli-
(1) Hotta, qui la ro|)i<> sans scrupule, selon son habitude, et qui s'inspire de toutes ses rancunes, est pourtant contraint d'avouer que « la haine violente dont frère Paul était animé contre la cour de Rome le faisait tomber parfoo dans d(!s opinions erronées et dans une critique excessive. » (Liv. xvi.) Aussitôt que parut la traduction française par Omrrayer, le cardinal de Tencin publia udc pastorah; énergique contre ce livre, en qualifiant frère Paul de véritable protestant. L'autographe de celte histoire, qui se conserve dans la bibliothèque Marrienne , ne diffère en rien de l'œuvre imprimée. On connaît plusieurs réfutations de Sarpi, entre autres les observations de Hemardin Floris, archevéquedf Zara , n'stées manuscrites. Nous avons frère Paul Sarfu justi/îé , dlssertalions éfùstolaircs de JiSTK Nave, Cologne, 1752, que l'on attribue à Joseph Bergantini , oM bien à (jrisellini, et (|ui ont été imprimées à Lucques. Il nous reste aussi la Jusiificatïon de fra Paul Sarjn , ou lettres d'un prêtre italien à un magistrat français, etc., Paris, 1811, qui sont du Génois Eustache Dcgola. Alw^ Mazzolini, moine dans le couvent bergamasque de Pontida, avait recueillies* quante volumes de documents relatifs au concile, dtmt il voulait écrire 1 histoire; mais il mourut sans le faire, et sa collection fut vendue au Tyrolien Antoine Ma/Jteiti, qui la laissa à la ville de Trente.