‹ Histoire des Italiens, trChapitre 167 sur 176 · SARPI RÉFUTÉ PAR PALLAVICINO · texte numérisé non relu

SARPI RÉFUTÉ PAR PALLAVICINO

qu^ eccUsituiique, dans lequel il combat la supériorité du pape et l^àiitôrité des conciles en matière de foi. Cet ouvrage fut ré* futé par différents écrivains.

âarpi nous est dépeint comme un homme tràs-intègre^ adon* né sans cesse à l'étude et recueillant des documents partout , mais pour n'obéir ensuite qu'à sa pensée. Attaqué cinq fois, et blessé une fois par des assassins, il s'écria : Je connais te stple de la cour romaine. Ces paroles firent fortune; mais^ ébmpie on n^osait pas accuser le pape^ qui en témoigna un vif regret, l'opinion vulgaire attribua le coup au cardinal Bor- ^Àse^ ou bien aux jésuites, les boucs émissaires (1).

Kômè, qui songeait à d'autres moyens pour répondre à ses attaques^ chargea Térence Alciat^ jésuite romain^ d'écrire une tiouveQe histoire du concile de Trente. Après avoir recueilli uàe foule de matériaux, cet Alciat mourut^ et Von confia les documents à Pallavicino Sforza^ jésuite également de Rome^ un des écrivains les plus distingués par ce style poli qui paratt le seul beau à quelques-uns; on lui ouvrit les archives las plus riebes^ c'est-à-dire celles de Rome. A la différence de Sarpi, il indique toujours la nature des documents et les titres^ outre qu'il donne un catalogue des erreurs de fhit de son adversaû*e, qui s'élèvent à trois cent soixante et une^ sans parler^ dit-il^ d'une infinité d'autres réfutées en passant. Le protestant Ranke^ l'historien le plus vanté de l'Allemagne moderne, a confronté lôs assertions de Pallavicino avec les documents sur lesquels il s'ap^ puie» et Ta trouvé d'une exactitude scrupuleuse. Néanmoins^ il ^, trompée quelquefois^ et^ comme il arrive dans toute poléaû<^ que 4 il tombe dans Texcès; il veut tout justifier^ parce que

(1) On a tant dit de choses sur ces|assassins qu'il serait superflu de les répéter. Le principal était un certain Poma, marchand banqueroutier» fanatique comme réuient alitra tant de catholiques et de protestants , qui croyaient légitimer mteft le poignard par la religion ; il écrivait à un ami : « 11 n'est pas un homme <iu monde chrétien qui n*eùt lait comme moi, et Dieu le fera connaivre avec le ternp^. » Il voulait publier qu'il avait agi pour le service de Dieu, et non d'après le^ instances de personne. Frère Fulgeuce dit que les assassins se refugiè- .ren^ dans la maison du nonce. Le fait serait possible, et les immunités, dont on était alors si jaloux, auraient pu amener le nonce à les protéger; mais le contraire est attesté par les dépositions des gondoliei*s, et Fauteur de la vie Irès-hosttke d» Sarpi, qui précède les l^ettres inédites, convient lui-même du fait. L'histoirft (|^;Ces misérables est connue; ils se vantaient d'avoir de l'argent à pleines main^ et se trouvaient ensuite réduits à la misère. Us furent arrêtés dans la Romagiiç, et Poma fimt ses jours dans les prisons de Civita-Vecchia ; le prêtre Michel Viti et Parasio eurent le même sort, et l'un des assassins fut décapité à Pérouse.

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