‹ Histoire des Italiens, trChapitre 170 sur 176 · LES VAUDOIS · texte numérisé non relu

LES VAUDOIS

C'est là^ entre la plaine subalpine et les Alpes gigantesques qui la protègent, que s'étaient réfugiés les débris de ces Vaudois qui, dans le treizième siècle, se mirent à raisonner sur les croyances sous la direction d^anciens, dits barba ^ c'est-à-dire oncles, nom charmant de famille, d'où ils furent appelés barbets. Ennemis de Rome et des rites qu'ils qualifiaient d*idolâtriques, ils prétendaient avoir conservé la pure prédication évangélique ; mais , renonçant aux discussions dogmatiques , ils étaient satisfaits de croire et d'adorer selon les inspirations de la conscience. D'ailleurs ils se rapprochaient tellement des croyances de l'Église, qu'ils appelaient parfois, à défaut de barbes y des prêtres catholiques.

Des religieux, parmi lesquels Antoine Pavoni de Savigliano, auquel ils donnèrent la mort, se rendaient parmi les Vaudois , afin de les convertir. Saint Vincent Ferreri, en 4403, écrivait à son général qu'il avait prêché dans le Piémont et la Lombardie : « Pendant trois mois, j'ai parcouru le Dauphiné , annonçant la a parole de Dieu; mais je me suis occupé davantage dans les a trois fameuses vallées de Luserne, d'Argentière et de Valputa. « J'y suis retourné deux ou trois fois, et, bien que le pays soit « couvert d'hérétiques , le peuple écoutait la parole de Dieu « avec tant de dévotion et de respect, qu'après y avoir inmplanté «la foi. Dieu aidant, j'ai cru devoir y reparaître pour main- « tenir les fidèles dans leurs bons sentiments. Sur la prière de « beaucoup, je suis allé ensuite dans la Lombardie, et, pendant (( trois mois, je n'ai cessé d'y annoncer l'Evangile. De là, j'ai « pénétré dans le Montferrat et d'autres pays transalpins, où j'ai c( trouvé beaucoup de Vaudois et d'autres hérétiques, surtout «dans le diocèse de Turin;... et Dieu soutenait visiblement « mon ministère.

« Ces hérésies dérivent principalement d'une profonde igno- « rance et du manque d'instruction ; un grand nombre de per- « sonnes m'ont assuré que, depuis trente ans , elles n'avaient « entendu prêcher que des ministres vaudois qui, deux fois par « an, y venaient de la Pouille. J'en ai rougi et tremblé, en son- « géant au compte terrible que les supérieurs ecclésiastiques « auront à rendre au suprême pasteur. Tandis que les uns re- « posent tranquillement dans leurs riches palais, les autres ne « veulent exercer leur ministère que dans les grandes cités, et « laissent périr les âmes qui , privées de quelqu'un pour leur « distribuer le pain de la parole , vivent dans Ferreur et meu-

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