SAINT FRANÇOIS DE SALES
trée par les vertus de François de Sales, évéque d'Annecy, pais de Genève. Le duc Charles-Kmmanuel !•' l'envoya prier de se rendre à Turin pour aviser aux moyens de convertir les habitants du Chablais; le saint déclara que la cause principale de Terreur était dans leur ignorance d'une autre religion, et qu'il fallait, par conséquent^ leur envoyer des missionnaires zélés, capables de dissiper les préventions, de réfuter les calomnies ; il recommandait encore d'exclure de la Savoie les ministres calvinistes, de substituer de bons livres à ceux des hérétiques, et d'introduire les jésuites pour élever les jeunes gens et soutenir les controverses.
Le duc promit tout^ et travaillait avec le saint à la conversion des Savoyards ; il les attirait à son château de Thonon^ les accueillait avec bienveillance et leur exposait les arguments les plus efficaces pour leur démontrer Funité de l'Église et de la foi; beaucoup cédèrent à ses instances, et quand il sortait, le peuple l'entourait en criant: Vive son altesse royale! Vive PÉglise romaine! Vive le pape(l)! Mais, parmi les ministres de Charles, quelques-uns penchaient pour la réforme ; saint François ne manqua donc pas d'occasions d'exercer sa modeste autorité et sa douce persuasion pour rétablir les rites catholiques dans la Savoie, d^où les calvinistes finirent par être expulsés.
Christine de France, devenue l'épouse du prince de Piémont, vouhit avoir François pour aumônier, et il accepta après de longues instances, à la condition qu'il ne s'éloignerait pas de sa résidence. La princesse lui fit présent d'un beau diamant, que le saint ne tarda point à vendre ; elle lui en donna un autre, et comme François lui faisait comprendre qu'il ne pouvait conserver un objet de prix tant qu'il y aurait des pauvres, elle le pria de le mettre en gage au lieu de le vendre, en ajoutant qu'ellemême le rachèterait.
A cette époque, les Vaudois, favorisés surtout par le maréchal Lesdiguières, qui avait obtenu pour eux un édit de grâce de Charles-Emmanuel, repassèrent le Pellice, limite fixée, s'introduisirent dans les vallées do Suse et de Saluées , élevèrent des temples et célébrèrent des pâques solennelles ; puis ils commirent des profanations et des crimes que l'histoire n'accueille qu^avec réserve, parce qu'elle connaît les absurdes inculpations
(1) Hamon, rie fie saint François de Sales, 1854.