‹ Histoire des Italiens, trChapitre 20 sur 176 · SIÈGE DE SIENNE, COURAGE DE SES HABITANTS · texte numérisé non relu

SIÈGE DE SIENNE, COURAGE DE SES HABITANTS

sur les bancs et les petits murs (rhospice était plein , à quatre hommes par lit^ de mérne que les bancs, les tables et l'église), on ne pouvait s'empêcher^ à moins d'avoir un cœur de marbre, de verser des larmes^ tant ce spectacle était navrant. L'horreur et la compassion vous saisissaient en voyant les rues couvertes de blessés, et quand on entendait les tristes lamentations des Allemands et des Français surtout, qui demandaient un peu de sel^ de pain et de vin , on les aidait du mieux qu'on pouvait. Je cer* tifie que je vis plus de cent individus s'appuyer contre un muret répandre des larmes par compassion pour ces pauvres soldata réduits à cet état déplorable (Sozzini). h Strozzi ne put tenir davantage la campagne, et retourna en Fi ance, où il fut mal vu, comme Test tout vaincu; tous les partis l'accusèrent même, jus* qu'au moment où, par le courage et la persévérance, il reconquit la gloire et la renommée.

Moutluc devint alors le personnage principal de Sienne. Bien qu'à l'exemple de ses compagnons, il s'attribue tout le mérite de la persévérance et de la valeur desSiennois, on ne peut s'empêcher d'admirer ses qualités viriles. Si les discordes et les défiances renaissaient, il ordonnait des processions: a Car nous jeûnions assez, et depuis la fin de février jusqu'au 22 avril, nous ne mangeâmes jamais plus d'une fois; et ce repas se composait d'un morceau de pain, de quelques pois avec du lard et un mauvais bouillon. L'envie d'acquérir de l'honneur et de faire hVeiûr pereur cette honte d'avoir si longtemps, arrêté son armée, m'ôtait le regret de jeûner. Ce triste repas équivalait pour moi à un banquet, quand je revenais de quelque rencontre où nous avions rudement secoué l'ennemi. »

En effet, ce n'était plus qu'une aFfaire de point d'honneur, puisqu'il ne restait aucun espoir de vaincre. Il savait que la France n'enverrait point de secours, bien qu'il le fit croire aux Siennois; il désirait s'illustrer par une belle défense, ce qui est appelé gloire par sa nation. Il ne veut pas de mal à Medeghino^ qui a sert son maître comme je sers le mien; il m'attaquait pour son honneur, et je le repoussais pour le mien; il voulait acquérir du renom, et moi aussi. » Ce Medeghino, la veille de Noël, lui envoya la moitié d'un cerf, six chapons, six perdrix, six pains blancs, six flacons de vin : il est vrai que cette même nuit, dans l'espoir que les Siennois seraient distraits par la célébration de la Nativité, il tenta de surprendre la ville; mais il fut repoussé.

Mais ce qui, parmi les soldats, semblait une partie d'exercice.

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était ])Oiir les Siennois vn fait caipitfll; car 9 s'agissait (le la liberté et de la vie. Le siège devenu plus rigoureux^ Ils passèrent, in» depuis la rai'octobre jusqu^au 21 avril, par tous les degrés delà faim, des angmsses et des maladies. Gôsihe et Mede^ino^ pour"* suivant le «cours de leurs cruautés, repoussaient les bouches iriii* tiles qu'on expulsait de la ville, et pendaient quiconque essaya d'y introduire des vivres. Les caùipagnards dépendant liàrc^ laient sans cesse les quartiers ennemis, et défëhnfdàient bravemeliit leurs deMmenres. Sienne vit descendre, de trente à dfx mille, )é BOBd)re de ses citoyens, et pourtant elle se soutint; les femmiês même «oncourëent à de pénibles travaux pour le saM de là Ii« berté. «Vous -autres (s'écrie Mcfntluc) , vous êtes dignes d'ittsMTtette louange, si jamais femmes le furent. Ayant pris la noble ré6oki#on de défendre la liberté, elles se partagèrent eu trois bandes de ferois mille chacmiè, conduites par iîme iFortegùeVrà, une Fausfè, me Piccolomini, avec tm costume et dés enseigàes propres, et travaiilâieAt ata fortifications i) ). s

(1) // ne sera jeaaaiSf dames sienoises, que je r^ immortalise vostre nofk^ tatà que le livre Je Montluc vivra : car, à la vérité, vous estes dignes d'immorteih làuaMge^éi jamais femmes le furent. Au commencement de la belle resolution que ffe feûpèejU de défendre sa ^liberté, toutes les dames de la ville de Siene se de* pàrtire^it^n frais bandes : la-prefnière tfstàtt Conduite par là signora Fdrtegùérra, qm estait '*9e9tne de viûltt, et toutes celles qui la suivaient aussi, ayant son accoustremeM en Ul façon d'une nymphe^ court et monstrant le brodequih; lAi seconde estoht la signora Picolhuomini^ vestue de satin incarnadin, et sa troupe de mesme livrée; la troisième estait la signora Livia Fausta, vestue touCe de bttùic, comme aussi estait la suite avec son enseigne blanche. Dans leurs enseignes elles avaient de belles devises : je voudrais avoir donné beaucoup à m* en res" sééffènit, Ces trtS)fWeiidfofih estotèntédrftposez de trois "mil dames , gentils-femmet ou àoàr^ginoises. £ewit *àrines estaient des pics, des pelles^ des hottes et des fia' cines^ £l en eest équipage firent leur monstre^ et allèrent commencer les ford^ fications. Monsieur de Termes, qui m* en a souvent fait le compte {car je iC'f estais encor arrive), nia asseuré n^ avoir jamais veu de sa vie chose si belle qtte ceffè'là. Je vis leurs enseignes depuis. Elles avaient fait un chant à l'honneur de ife iFrànde, iài's i^u' elles alloyèrù a leur fortification. Je voudrais avoir donné le mMtni' ekeval que fàjè, et l''a^rpour tè met'tfe îcy.

Et puisque je suis sur V honneur de ces femmes, je veux que ceux qui viendront après nous admirent et le courage et la vertu dune jeune Sienoise, la quelle, ehcort qu*tîle sait fiUè de pauvre Ueu, mérite toutes fois estre mise au rang plus hànrdfable, J'àVoiisfaîi une ordonnance au temps que je fus créé dictateur, que nui, à pèt/tt êtestre bien 'puûy, ne faillit daller à la garde à son tour, Ceste jeune fille voyanltlfiuhin iiihjrère^ à qui il touchait défaire la garde, ne pouvait y aller, prend son morion, Qu'elle ihèi en teste, sè^ chausses, et un collet de

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