PAIX DE CATEAU-CAMBBÉSIS
Cet acte de justice ne fit point cesser le mécontentement des Romains, irrités de ses rigueurs^ de l'espionnage au moyen duquel il soutenait l'inquisition, des charges excessives qu'il avait imposées à cause de la guerre. Dans ce moment et sous les auspices du pape lui-même, on négociait une paix générale, qui fut ensuite conclue à Gateau-Cambrésis, et jusqu'à laquelle nous avons voulu conduire notre récit, parce qu'elle mit un terme aux hostilités entre l'Autriche et la France, et fixa le sort de ritalie dans cet état de misère qui devait durer longtemps. Il fut convenu que le roi de France cesserait de protéger les Siennois, et retirerait les troupes qui restaient encore sur leur territoire ; qu^il renoncerait au Milanais et au royaume de Naples, comme Philippe II à la Bourgogne. Sienne fut assurée à Cosme; la Corse, restituée aux Génois, et Plaisance, aux Farnèses, comme récompense des services rendus à l'Espagne par Alexandre en combattant les Flamands soulevés. Cet illustre capitaine, aussi instruit que brave, aussi prudent que vigoureux dans les fonctions de gouverneur, chargé d'une entreprise dans laquelle avaient échoué le terrible duc d'Albe, le sagace Requesens, l'impétueux Jean d'Autriche, sut attendre et agir, négocier et vaincre, profiter des divisions habituelles parmi les insurgés, traiter sans duplicité, gouverner sans tyrannie; enfin il put ramener sous l'obéissance de l'Espagne les dix provinces catholiques, en restreignant la révolution aux sectes protestantes, qui ne tardèrent point à se constituer en république. Jamais il ne vécut à Parme, et, quand il finit ses jours en 1 592, il laissa à son fils Ranuccio des possessions bien consolidées et protégées par l'Église et l'Espagne.
1534 Alphonse d'Esté était mort peu de temps après Clément VII.
Son fils, Hercule II, entré par alliance dans la famille de France, tenta deux fois de secouer le joug impérial, secourut Octave Farnèse et commanda la ligue de Paul IV contre Philippe II ; mais, comme ce roi triompha , il dut accepter une paix humiliante, à laquelle il survécut peu , laissant pour successeur cet
1559 Alphonse II, dont le nom s'associe malheureusement à celui de Torquato Tasso.
Le duché d'Urbin, tranquille au milieu de ses montagnes, n'avait pas souffert des guerres passées; mais Guid'Ubaldo,
1538 successeur de François de la Rovère, à force de prodiguer l'argent en luxe et en frivolités , plongea dans la misère ses sujets, dont l'indignation se manifesta par des révoltes ouvertes, étouffées dans le sang.