LE CORSAIRE BARBEROUSSE
deux galères du pape^ et avaient passé au service du sultan afside de Tunis. Le premier périt après avoir été la terreur du littoral européen et africain ; Taulre, ayant tué le dey d^Alger, s'empara de cette ville et de TIemcen , comme vassal de l'empire ottoman. Dès lors il entreprit la course sur une plus grande échelle, et ravagea toutes les côtes, excepté celles de la France, garanties par Soliman, qui lui confia soixante-six vaisseaux dans la pensée qu^il était le seul capable de tenir tête au grand amiral Doria. Kaireddin, joignant à cette flotte dix-huit de ses navires, traversa le détroit de Messine, surprit Capri, saccagea Procida et Terracine, d'où il emmena en esclavage une grande quantité de chrétiens. Informé que Julie Gonzague, femme de 'Vespasien Colonna, célèbre par sa beauté, demeurait à Fondi^ il résolut de la surprendre pour en faire don au harem de Soliman; en effet, il assaillit la ville, mais la duchesse eut le temps de s'enfuir.
Kaireddin , ayant débarqué à Tunis avec quatre-vingt mille janissaires fournis par le sultan, détrôna Muley-Hassan , vingtdeuxième sultan afside, et soumit ce pays à la domination de la Porte. Le dépossédé se réfugia auprès de Charles-Quint, qui, ce- ism dantàses sollicitations et à celles des chevaliers de Malte, se persuada qu'il importait non-seulement à sa grandeur, mais à la sécurité de l'Espagne, de rétablir sa propre autorité sur les côtes d'Afrique et de détruire la piraterie. Dans ce but , il réunit à Cagliari cinq cents navires sous les ordres d'André Doria, avec plus de trente mitle hommes des anciennes bandes espagnoles, commandés par Alphonse d'Avalos, marquis del Vasto. Le pontife y ajouta dix galères, sous la conduite de Virginio Orsini; les Génois en fournirent d'autres; Ferrant Gonzague vint de Sicile, et l'empereur lui-même fit partie de l'expédition avec le prince deSalerne et d'autres seigneurs italiens. Les prosateurs et les poètes célébrèrent l'Hercule qui allait étouffer Antée ; mais les ïïjalveillants prétendirent que Charles n'entreprenait cette expédition contre Barberousse que pour se dispenser d'affronter Soliman en Hongrie. Aussi disait-on qu'on n'avait jamais vu un prince fuir devant l'ennemi avec tant d'appareil (i).
(0 Paul Jove, liv. xl. Grégoire Leti reproche aussi à Charles d*avoir fui devant Soliman et de s'être rendu en Italie par le chemin le plus court. Le fait ^*| également attesté par un document important inséré dans les Diarj mauus- ^^Is de Marin Sanuto , que nous aimons à rapporter comme une preuve de