‹ Histoire des Italiens, trChapitre 33 sur 176 · CHAPITRE CXL · texte numérisé non relu

CHAPITRE CXL

BàUX-AMS.

îtaliié des temps républicains survivait, et portait à Tact la création; les modèles classiques ^ qu'on découvrait ] qui fixaient mieux l'attention , enseignaient l'élégance )rrection. Cet heureux tempérament constitue le carac- : siècle de Léon X, siècle de tant de misères pour Fltalie^ tant représenté sans cesse comme un âge d'or, comme lil qui a succédé aux ténèbres du moyen âge. Toutefois sur à laquelle parvinrent les arts du dessin et celui de la fut le résultat^ non de llnfluence des Médids^ mais de tne vigueur qui agitait l'Italie , même sur le point d'ex-

3soin de contempler et d'imiter la beauté visible , pour er à la beauté suprême et immuable , et d'en faire un pour la conscience méditative, alimenta toujours les arts es Italiens. Cela est si vrai qu'ils devinrent comme une le la liturgie^ et qu'on préférait certains types^ certaines rituelles : car on voulait exprimer la vision de Pesprît [ue la correcte imitation de la nature ; inspirer la dévote recueillement plutôt qu'exciter le désir et la surprise ; not y c'étaient des actes de foi plutôt que des preuves

80 AKGMITEGTURE.

d'habileté. Plus tard Pétude s'associe à Tinspiraiion : des immobiles représentations du Levant on passe aux formes libres et variées d'un art indépendant, qui prévaut enfin, au point de se pi'oposer non-seulement la perfection de la plastique , mais Tcxpression lascive^ qui ne parle point au cœur; on s'efforce de traduire la réalité physique, non d'interpréter les mystères de la nature morale. Enfin on revient aux types conventionnels, cnipruntés à un maître , non à la liturgie , et Timitation vagne ou servile s'éloigne du vrai et du beau, ment à la nature, taDdis qu'on laisse périr toute tradition.

L*art où le moyen âge se distingua le plus, et auquel il maintint la prédominance sur les autres, est l'architecture. L'ordre gothique, né au pied des autels, s'était grandiosement manifesté par IVroction d'églises et de couvents , siège et symboles de la puissance préiK)ndérante alors : la cathédrale de Milan, la cbar- Innise de Pavie. Saint-Pétrone de Bologne, ensont les monuments tardifs et reniarquables. Mais la richesse et la civilisation des lau(ues « auguientées , voulaient désormais des édifices qui ne )H>uvaiont avoir TempriMUle de ce caractère judaïque : de même que les lettres reprixlnisiiient les classiques, on revint, dans les eonstruclions, vers Tantique, qu'on appelle renaissance. Si Fiavent ion origit)ale se fût attachée aux modèles anciens pour mieux raisotmer 1 ensemble, proportionner les parties, ennoblir les ornements, il en pouvait sortir un art chrétien et national Eo eftet, les premiers artistes italiens qui suivirent les modèles de ranliquitè ne se resignèrent pas à TimitatioD servile; mais, corrigeant la |virUe ornenientalo, ils réunirent, dans des combinai- Si^is ea|wioieMs<^s, des uu^lilions» des candélabres, des pierreries et des martyres de cinileur, des animaux et des fleurons d'un fini parfait» entnnnéle;!^ de créations fantastiques « dites grotesques et aralH\^ques. Ou voit SiHiwnt dt^ ouvrages de ce genre à Ve* niî«e. «Uns les Miracles de lîres^^ia . dans k mausolée Goleoni à IVriïatue, sur les eatluntrales de CAme et de Lugano , dans la eh:^rti>;inse de l^avie, l^s %wt)en)tnUs des portes, des chaires, des |Mlaî*tïVîi, des eand<^lat>res mis à la i^ace de C4ioDDes, et des fe- ^v^t^vx, nuMne aKMN qu^ils s*'» triMixent i^ans la position la moins vixiWe, sont (Uns a\«v le uu me simu qw des i^lifices complets; \<^ ti^v^iil est tonjoui^ d'un 4;\hM exquis, kvs même qull appartH^ut ,^ des artistes i:h\Mums. l. Viei^TiiKY des empreintes relève n^unnlUi^ de la tmiv e^ute» dtMU k^ arùsie* du quinzième siècle tUvnt <îti^nd ^w»aijv ; iv^sist^^nt mioux :;u wm^^ que la pierre, elle

AEGHITEGTUiUE. 81

réunit à la variété des formes cette apparence polychrome que les académiciens seuls ont qualifiée de barbarie (1).

S l'on songe aux constructions gothiques, on ne saurait croire que l'Italie eût perdu les traditions de l'architecture romaine , qui attestait la majesté du grand peuple d'une manière plus originale que ne le faisait la littérature; cependant on attribue au Florentin Philippe Brunelleschi le mérite d'avoir ramené cet art ^^^ de rimagination à l'intelligence^ améliorée par le cours des siè* clés. Non content d'étudier les restes classiques de Rome^ pour retrouver les calculs des forces^ des matériaux^ des poussées^ y puiser une idée exacte des méthodes de construction et du point où se rencontrent la hardiesse et la témérité , il médita sur les monuments chrétiens et chercha la dirine mélodie du rhythme visible.

L'i^pel fait par les Florentins aux architectes de tous les pays

pour élever la coupole sur Sainte-Marie del Fiore^ laissée décou*

verte par Amolf^ jeta les esprits dans les combinaisons les plus

extravagantes. Combien de bizarres expédients ne furent-ils pas

suggérés ! L'un conseillait d'ériger au milieu de la nef un pilastre

auquel se rattacheraient les voûtes en manière de pavillon ; un

sutre^ de remplir l'église de terre ^ avec des pièces de monnaie

dans l'intérieur^ afin que l'avidité de les trouver engageât à la

déblayer quand elle ne serait plus nécessaire; d'autres niaiseries

semblables furent mises en avant » inventées peut-être par les

courtisans des Médicis^ et que Yasari recueillit. Il est certain

que, jusqu'alors, aucune coupole n'avait couvert un octogone

du diamètre de quarante-trois mètres. Dans les coupoles an*

tiennes du Panthéon^ de la Minerve Médica, des thermes impé-

^aux^ de la villa d'Adrien , la calotte pose immédiatement sur

les murs de soutien, sans panaches.

La coupole de Venise avait quatorze mètres de diamètre^ celle de Sienne dix-huit^ celle de Pise un peu moins; d'ailleurs toutes étaient circulaires^ élevées sur des pendentifs qui répartissaient leur poids sur les points d'appui^ disposés selon le carré circons* crit au cercle de la base. Les concurrents connaissaient les for* i&es^ les effets, le pittoresque de l'architecture^ non les moyens scientifiques de construction, et tous avaient recours aux renforts

(1) L'ouvrage de Runge, qui se publie maintenant à Berlioi Beitrdge zur ^(nntniss der Backsteinarchitectur Italiens^ prouve combien il reste à révéler ^^ choses sur les arts de la Péninsule.

Page 1