‹ Histoire des Italiens, trChapitre 35 sur 176 · PEU ARÊTE · texte numérisé non relu

PEU ARÊTE

grandeur, la variété d'invention, la solidité, la convenance des orDements. Favori des princes, non leur courtisan, il leur inspirait le goût du beau. Le seigneur de Mantoue, à qui la protection des arts valut le titre d'Auguste, lui confia beaucoup de travaux dans cette ville riche déjà d'œuvres précédentes. Là il fit le dessin de Saint-Sébastien, en forme de croix grecque (1460), et de Saint- André (i 4721), dont le plan est régulier et bien dis* tribué. La façade imite l'arc de Rimini , et l'intérieur ne devait recevoir la lumière que par la fenêtre de la façade, les ouvertures de la coupole et le fond du chœur, comme il avait démontré qu'il était convenable de faire pour les édifices religieux. Nicolas V l'employa beaucoup à Rome; à Florence, il fit la porte de Sainte-Marie-Nouvelle, et le palais Rucellaj avec la loge en face. Il réussit mieux dans la loge de l'autre palais Rucellaj, rue delà Scala , où il ne courba point l'arc sur les colonnes, ce qu'il fit encore dans la chapelle de cette paroisse à l'église de Saint- Pancrace.

Sigismond Malatesta , qui peuplait Rimini de l'élite des hommes et des femmes, et l'embellissait par les arts, destina Saint-François aux cendres des personnages illustres. Cette église, dans le style gothique, déjà bien avancée, avait de trèshauts pilastres divisés en trois parties, avec des têtes d'éléphant, desoiches et d'autres ornements d'un travail exquis. Appelé à continuer cet édifice, Alberti chercha à donner de la majesté à l'ensemble en le relevant par un stylobate ; puis il construisit un portique dont les longues lignes, sur les côtés, sont interrompues par des sarcophages exécutés dans le goût classique.

Un pareil mélange du classique avec le gothique se voit dans le palais d^Ancône, et, sans parler des autres édifices, à l'hôpital de Milan , œuvre de Phiiarète , dont la distribution et les proportions sont excellentes (1), avec des fenêtres en ogive entourées d'ornements classiques. Cette union du plein cintre et de l'arc aigu , de Tart gothique et du romain , avec de riches ornements en terre cuite, forme un genre plus particulier à la Lombardie;or, bien qu'on voulût, au moyen de ce mélange, se nipprocher de Pancien, on obéissait pourtant aux tendances nouvelles, et l'artiste recherchait l'effet pittoresque des masses.

(1) Le dernier écrivain sur les arts italiens que je connaisse , Jacob Burck- Wt, dit que les fenêtres de rhôpital de Milan sind die reichsten und elegan* ttsten gotlùschen Fenstetf diesich in diesem Sioff bilden iiessen. (Der Cicérone; *int Anleitung zum Genius der Kunstwerke Italiens; Bàle, 1855.)

86 BRAVANTE.

Ce genre fut appelé bramantesque , d^un certain Branumte^ dont on ne connaît avec certitude ni la famille, ni la patrie , ni Fépoque; il paraît probable qu'on attribue à un seul les oenvrei de trois artistes^ Milanais de naissance ou d'origine. Tant que le doute n'est pas éclairci, nous devons répéter, d'accord avec l'opinion commune, que Bramante des Lazzari d'Urbin, aw^elé à it-i5M7 Milan par Ludovic le More, exécuta dans cette ville Télégant presbytère de Saint-Ambroise, la pittoresque coupole des Grazie, la cour péristyle de Saint-Gelse, le lazaret, la sacristie de Saint- Satyre, et , à Pavie, l'église de Ganepanuova. Ck)nservant de Tarchitecture gothique l'indépendance, la légèreté hardie des élévations, la grandiose élégance des voûtes, il empruntait aoi classiques Teurhythmie, la décoration régulière qui accompagne la construction sans la masquer, et le choix prudent des proportions qui donne du relief aux édifices les plus simples. Plùl à Dieu qu'il fût resté plus fidèle au moyen Âge, au lieu de substituer aux saintes représentations des symboles, des allégories, des t^tes idéales !

Appelé à Rome pour s'occuper de travaux, les raines de la villa d'Adrien et les antiques vestiges de la Campanie le rendirent plus sévère dans le palais de la Chancellerie, dans le petit temple à Saint-Pierre Montorio, dans le clottre de la Paix, où néanmoins il ne se fit pas scrupule d'interposer une colonne à faux entre les piliers du second rang, trop distants; de même, à la Consolation de Todi, croix grecque de quatre tribunes semicirculaires, il mit de la variété dans les chapiteaux et les orne* ments. Alexandre VI lui fit exécuter la fontaine de Transtevere et celle de Saint- Pierre, outre d'autres travaux. Jules II l'appela pour réaliser dans le Vatican ses projets gigantesques. La vallée entre le palais et les doux pavillons du Belvédère fut alors transfonuôe en vaste cour par Bramante, qui dissimula la déclivité du sol par une ingénieuse combinaison de terrasses et d'escaliers; il donna ni^me à Tensenible un aspect théâtral au moyen de deux ailes de galeries, qui se développaient sur une longueur de trvûs ceui cinquante mètres. A Tune des extrémités de la cour, il plaça la grande niche avec une galerie circulaire; à l'autre, un amphithèâtn> pour des jeux. L'escalier en spirale, soutenu par une suite do colonnes, est acH^essiblo nu^mo à des chevaux; mais il négligea |Kirfois la solidité, peutn^tre afin de satisfaire l'impatience fébrile de Jules, Ou lui attribue les ponts suspendus, non rattachés à la voûte,

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et rarmature des dntres portant ^empreinte des rosaces, qai se trouvent ainsi belles^ finies et incorporées avec les voûtes. Il écrivait et improvisait des vers; honnête et juste, il aima ses rivaux et encouragea les talents nouveaux. Son élève ^ Ventura Vitoni de Pistoie^ exécuta dans sa patrie le joli temple octogone de l'Humilité, qui ^ malgré les dégradations que Vasari lui fit subir plus tard, forme les délices de cette viUe, riche d'autres monuments, soit romans^ soit de Tépoque de la renaissance.

Le Milanais César Ciceri {Ckerano) se dit élève de Bramante; le premier^ il traduisit Vitruve en langue vulgaire, avec des éclaircissements, et prétendait retrouver ses règles dans les édifices gothiques. Avec une idée plus bizarre, François Golonna, né à Venise d'une famille luquoise, voulut rendre familières les doctrines de Vitruve, au moyen d'un roman étrange (chap. cxxi, fin), dans lequel il éclaircit des antiquités, des inscriptions et des pierres gravées. Le Véronais frère Joconde commenta Tarchitecte latin et d'autres artistes, tels que Frontin, Caton, César, Âurélius Victor, Obsequens ; il acquit de la renommée en cons» truisant des ponts, peu^étre à Vérone celui de pierre^ à Paris le Petit-Pont et celui de Notre-Dame en pierre et à plein cintre (1); eu France, il fit également le palais des Conti^ le château de Gailion et peut«étre celui de Blois. Il rendit surtout des services à Venise, soit en la fortifiant , soit en régularisant le cours du Brentone. Il fit le plan d^un beau pont avec celui des constructions à Rialto; mais les intrigues ordinaires lui ayant fait préférer Scarpagnino, il se retira de dépit à Rome, où, après la mort de Bramante > il fut nommé architecte de SainV-Pierre (2).

(1) D'où r^îgrwBUiie de Sannazar :

Jueundmê çtminum impomU tUA^ Seq/u/Cma^ pmUêm ; Hune tu jure potes dicere pontifleênu

(2) Bftphaël écriTait à son oncle, Simon de Baptiste Ciarla : « Quant à mon sé- " jour à Rome, je ne puis plus m*absenter pour quelque temps, par amour de la « Qo&stnictioa de Saint-Pierre, car j'ai remplacé Bramante ; mais quel lieu au «i&oiuie en est plus digne que Rome? quelle entreprise est plus digne de Saint- '^ Pierre? C'est le premier temple du monde et la plus grande construction " <}u'on ait jamais vue : elle coûtera plus d'un million d'or. Sachez que le pape " ^ résolu de dépenser 60,000 ducats par an pour cet édifice, et il ne songe " p3s à autre chose. 11 m'a donné pour compagnon un moine très-savant et âgé « de ({uatrei-vingts ans; comme le pape voit qu'il a peu de temps à vivre, il m'a " donné pour compagnon ce religieux , homme de grande réputation et très- " instruit, afin que je puisse apprendre s'il a quelque beau secret en architec^

88 nSELEUBS.

Le palais à Rome commandé par Paul H, et qa'il donna i Venise, construction immense et lourde, avec de grandioses distributions, est de Julien de Maïano, comme aussi Po(^o Reale, près de Naples, avec jardins, bosquets, jets d'eau, pièges d'oiseaux et tout ce qui peut embellir une résidence royale. BexHAî, son élève et son aide, fit des travaux de marqueterie, et Tautel de rAnnonciaiion à Montoliveto dans la même cité. Il travailla à la cour de Mathias Gorvin en Hongrie; à Florence, il exécuta h chaire de Sainte-Croix représentant la vie do saint François, et commença le palais Strozzi , terminé par Simon Pollaïuqlo dit Cronaca, qui Torna de la plus belle corniche qu'on ait faite jusqu'à nos jours. Florence doit encore à Gronaca l'élégante sacris* tie octogone de Saint-Esprit, le salon des Ginq-Cents et le Saint- François du Mont.

Les trois arts du dessin ne s'étaient point encore séparés, et quiconque avait de hautes aspirations devait briller dans tous. André Ocagna signait ses peintures sculpior, et ses sculptures ptWoTi et fut en outre poëte, architecte, orfèvre : il peignit la loge des Lansi, qui, si elle faisait le tour de la place entière, n*aurail point sa pareille au monde; les Novissimi du cimetière de Pise, inventions sévères à la manière de Dante, avec des contours mides, mais non sans perspective ; le Jugemtniy qui servit de modèle pour celui de Signorelli à Orvieto, et pour celui de Mictiel-Ange dans la chapelle Sixiine; enfin le tabernacle dans (VMSainl-Mîchel. chef-d'œuvre de ce siècle, indépendant des modèles classiques, avec une richesse fadie et majestueuse. Dans celle église» le cv^ps des marchands floradlins déploya one magnîttcence que les princes postérieurs n'égalèrent pas; outre le Saùil-Jean-Baplisle. le Sainl-ËUenne H leSainl-SlatUiieu de(^ hecli« il T a dès travaux neaian(|uablesde Nicolas d'Aieno.

IVnr^ et l^iul d\Vr^ftiv> . elètvs dWnpe el d'Augustin de $tMUie. execuièmil les pivmiefs de ^pnods onuages de cisehui^«. e^ fti^Hil pour un aivhi|i«to« de leur pajs uue tète d'ai^ ^«^ (seul vie |EY«udirur nalui^le. Pira de tmiips après CSoue faisait Taiit^l d'af^fx'ttt à Sfti^t^JktMt d^ FK)>r^m«:tfr rttc beaucoup de faits ki^'ciqivïets cvs^ek"^ <eu «raient 4 deQay^<^«&dr ; cet autel fui ensuite vMfifet^ f«r F\xv4piKtv« . AftWcne iVi^Unik^ et d^anlies. Ugoiin ,

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