CISELEURS. GHIBERTI
du Siennois Pieri^ avait déjà fini un précieux reliquaire pourle Saint-Corporal d'Orvieto, de 600 onces d'argent, orné de gracieuses peintures sur émail. L*autel de Saint-Jacques dans la cathédrale de Pistoie, exécuté par différents artistes entre les années 1314 et 1466, est aussi un ouvrage remarquable.^
Uorfévrerie devait fleurir depuis longtemps à Pistoie, puisque dès 1296 le conseil autorisait cet art à choisir son propre recteur, pourvu qu'il fût sous la protection de Fart du change, sieut fuerunt in temporibus retroactis. La vasque de la remarquable fontaine, les trois nymphes du pied, les deux griffons, les deux lions de bronze portent : Euhens mefecit A. D. MCCLXXVH, tnàicliom Y. Le tabernacle à SaintCrJulienne, en cuivre doré, à émaux et figures en relief, est de la fin du quatorzième siècle; puis, dans le seizième, Gesarino Roscietto ne le cédait pas au meilleur ciseleur par le goût et Thabileté (1). A Lanciano, dans le royaume de Naples, on admirait une croix de 1360, couverte de lames d'argent avec des figures découpées à haut-relief et des émaux.
De même que Nicolas de TArca fut ainsi surnommé du Gaisson de Saint-Dominique à Bologne, orné par lui , ainsi Jacques delaQuercia reçut le sien de la fontaine de Sienne. Dans cette ville, Laurent Vecchietto, en 1492, exécuta un élégant tabernacle à lac athédralo, avec un Rédempteur en croix, outre qu'il finit le baptistère à Saint Jean. Brunelleschi et Philarète firent les portes de bronze de la basilique du Vatican.
L'art prit son essor quand les Florentins résolurent de mettre portes de bronze au baptistère, destinées à faire pendant à celles qui avaient été dessinées par Giotto et exécutées par André de Pise. Laurent Ghiberti, qui concourait avec Brunelleschi, Jacques de la Quercia et quatre autres, eut la préférence, et il la mérita. Décrétées en 1400, elles ne furent achevées qu'en 1413. L'artiste, travaillant avec une soigneuse lenteur, copiait tout d'après nature , exposait chaque morceau au public , écoutait les conseils et détruisait les modèles moins parfaits; ce fut ainsi qu'avec la pureté des formes, une noble simplicité d'expression, une variété naturelle de poses et des mouvements pleins d'élégance, il sut grouper heureusement les faits, les exprimer avec clarté, et soutenir la poésie de Texécution. La pose
(1) Ange ÂDgelucci a lu, le 18 septembre 1853; sur les nombreux travaux «orfèvrerie de Péroiise, un discours dans l'académie de cette ville.
00 OHIBERTI. DOKATILLO.
de ces portes fut une solennité pour Florence, et Pon porta triomphalement à la maison de rartiste le gonfalon de la justice; im siècle plus tard^ Michel-Ange les déclarait dignes d'être placées à l'entrée du paradis, et nous autres^ après quatre siècles^ nous les admirons comme le premier jour.
Ghiberti surpassait les anciens dans la perspective linéaire et aérienne, et voulait même atteindre aux effets de la peinture* Dans les portes du baptistère et le sarcophage de San Zanobi de la cathédrale, il hasarda beaucoup de figures en creux ^ avec mélange de relief^ haut , bas et moyen , conune les anciens ne l'avaient jamais osé. Le Florentin Donatello eut la même pen* sée : cet artiste est loué pour ses chaires de Saint-Laurent , ses Enfants qui chantent avec une si joyeuse ingénuité dans le saint de Padoue, VA do ration des bergers à Montoliveto de Naples^ et d-autres travaux dans la chapelle des Brancacci ; mais, épris du vrai matériel, il se fit Tesclave de Tanatomie et rechercha la force musculaire. Si , plus tard , ce mérite excitait l'admiration do Michel Ange, Hnmelleschi, auquel il montra un crucifix fait dans ce goût, lui dit qull ressemblait à un portefaix. Ce fut alors que cet artiste entreprit d'exécuter celui qui se trouve dans Saiute>Marie«Nouvolle. Donatello, en le voyant, s'écria: iW sais faire des Christs, et moi des paysans. Dès ce moment, il étudia mieux Texpression, comme on le voit dans la Madeleine» le saint Jean , le saint George d'Or Saînt-Michel , le Zuccme sur le clocher, et la Judith.
Quant aux statues équestres, qui sont le monument héroïque par excellence, on n en avait pas fait depuis Justinien(l); mais les Florentins, dans l espace de trente ans, en exécutèrent quatre : Douatello, celle de Gattamelata à Padoue, en 1453; Antoine de Christoplie et Jean DaroncelU , celles de Nicolas et de Borso d'Esté à Ferrare, en 1 445, et renversées en 1796 ; enfin, en 1479, le Cole\>ne à Venise (ut modelé par André Verocchio, et fondu par Alexandre Leopardi , qui Tassit sur une base élégante (3).
vT L'Oldra^i \i« Titsm^o. diD» le Br\)lcUo d« Milan, csl à haut-relief; nouft \U'Xvu)$ imnUiouuer ausM la »tatu« (I'AIUtC vl'F^te sur la cathédrale de Ferrare.
y?^ Ou lo dvNiue |HMir un monument d( la n^c\'noal<«ance des VéDÎtiens; nwi>» en i^xlitv^ t A>le\»ne lainM U ^^^ntme mrevairr ponr lui ériger cette statue nir la )«law. e^ «|ne le «eiMt iht permit p^^inl. Quant aux che«ay\. nous rappel* Urs»n* ^'vlui vie Menri II. \(ue IVAuiel HKvurelli vW ^oUerra tondit par ordre de ilatUeiine do M\\liei> ; mvntivxniKHv« encvxv Undcuv '^t^tu^» de PUbAnce par Fran* vAM^ MvHvhi de MvMitexarvKi» a\«e \k» drAf^rie:^ dv>ttauKe:» et des attitudes tbcA-
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André Verocchio, orfèvre très-habile , enseigna à soigner un bijou autant qu'une statue. Le moulage en plâtre sur nature, procédé au moyen duquel on fit le masque des morts et même des figures entières de cire, fut introduit par cet artiste; c'était sacrifier Pidée au naturalisme. Nous avons de cet artiste, outre beaucoup de travaux en argent et en bronze, l'Amour étreignant le dauphin à la fontaine du Palais vieux, le saint Thomas en bronze d'Or-Saint-Michel, le mausolée, riche d'ornements, de Jean et de Pierre, fils de Cosme de Médicis, à Saint-Laurent, où serpentent des gnfarlandes flexibles en bronze fondu.
Desiderio de Settignano imprima aux figures le sourire et la capricieuse finesse qui furent plus tard renouvelées par le Corrége. On admire à Lucques, de Matthieu Civitali, le saint Sébastien, l'autel de saint Régulus avec une statue et des bas-reliefs très-finis, le tcHnbeau de Pierre de Noceto , secrétaire de Nicolas V, avec une architecture grandiose et des ornements d'un goût exquis. Son élégant petit temple octogone dans la cathédrale, où se trouve le saint Visage j précéda de dix-sept ans celui de Bramante à Saint-Pierre Montorio , objet de l'admiration (1). Antoine Pollaïuolo, peintre et orfèvre, dessinateur sûr et brillant, apprit, par l'étude de Tanatomie, à donner du mouvement et une pose convenable à ses figures, comme on le voit au Vatican dans les tombeaux d'Innocent VIII et de Sixte IV, le premier plus simple, l'autre plus tourmenté. 11 travailla aux portes de Ghiberti, et fit notamment une caille très-admirée, outre plusieurs nielles et des médailles; dix honmies nus combattant avec l'épée, ciselés par lui , jouissent d'une grande réputation.
Quiconque a vu le chœur d'enfants chantants, qui se trouve la galerie de Florence, et les portes de bronze de la sacristie de la cathédrale, n*hésite pas à mettre au premier rang Luc de la Robbia : il inventa le moyen de vitrifier la terre cuite , et l'on admire dans toute la Toscane des produits en ce genre;
^o. Un cheval gigantesque se trouvait devant Sainte-Restitute à Naples ; le ^%iire le croyait un produit des enchantements de Virgile , et Ton y condui- *^t les chevaux pour les guérir ou les préserver de toute maladie. Les évéques, pour détruire cette superstition, fondirent le cheval, dont ils firent les cloches
^^ la cathédrale; la tête, qui est magnifique, fut seulement conservée par les
Caraffa.
(1) Sur Civitali et sur les travaux d'autres membres de sa famille , qui lui soût attribués, voir ilemorie ùicchesi, vol. VUI, p. 67 et suiv. et deiw lei^ons ^^ marquis Mazzarosa.
d2 OBFÉYRES. TERRES CUITES. TOMBEAUX.
les meilleurs se trouvent sur la grande porte de la Toussaint Florence et sur Phôpital de Ceppo à Pistoie (1)^ s'ils ne sontp^i aussi Tœuvre des membres de sa famille ou de quelqu'un de s^ nombreux imitateurs. Cet art, qui périt en 1565, avec Santé B>^' glione, et dont Yasari ne cesse de faire l'éloge^ déplairait doute aujourd'hui aux gens difficiles. Cette invention foi expl tée par le commerce^ et Ton établit des fabriques d'ouvrages terre cuite vernissée principalement à Urbin^ à Pesaro^ à teldurante^ surtout pendant la domination de Guid' Ubaldo On faisait de la poterie et des vases tantôt d'après des sujets Raphaël et de Jules Romain^ tantôt d'après des modèles foui par Raphaël de Colle et Baptiste Franco ; la plus grande coM^ tion est celle qui a passé des ducs d'Urbin à la pieuse maisoift Lorette.
Mino de Fiésole a fait dans la cathédrale de sa patrie, ovtr un petit autel d'une grâce inexprimable^ la tête de l'évéqiii Léonard Salutato^ dont la peau et la chair paraissent naturel/es. Le cénotaphe de Paul II de la crypte de la basilique du Vatican^ et^ dans l'abbaye de Florence, le monument du marquis Hugues^ léger dans Tensemble, avec une Vierge et des anges gracieux , sont encore des œuvres remarquables. Nous mentionnoos le mausolée de Bernard Giugni à cause de l'inscription qui l'appelle puhlicœ concordiœ semper auctori et civi vers populari.
Ces exemples firent multiplier les tombeaux somptueux , el les cardinaux, surtout les cardinaux espagnols qui vinrent avec les Borgia^ s'en préparèrent dès leur vivant; on peut y suivn la marche la plus certaine et la plus originale de la sculpture La plupart sont composés achitectoniquement avec socle et fron ton , le mort étendu , des anges soutenant une draperie^ beaucoup d'ornements^ quelques bas- reliefs, puis au-dessus dei vierges et des saints, souvent des fleurs qui jettent sur la mon la consolation de l'espérance et de la tranquillité. Il n'y a poini d'églises qui n'en offre de pareils : les plus notables, outre ceui que nous avons mentionnés, sont le tombeau de Coleone à Ber game, par Antoine-Amédée de Pavie ; celui d'Ilaria del Garretto Lucques, par Jacques de la Quercia; à Rome, ceux du cardine
(1) Le style les fait croire plus récents , quand il n'y aurait pas la date ■ 1515, ce qui les reporte à quatre-vingts ans après la mort de Luc. André, tm neveu, conunença à corrompre la pureté de Tart; vinrent ensuite Jean, Jérô LcUy et frère Ambroise, partisan de Savonarola, qui firent d'importants Irava mais en dégénérant de plus en plus.