TOMBEAUX
Consalvi; dans Sainte-Marie-Majeure, et de fioniface VIIl^ par Jean Gosmate ; à Vérone, celui des Torriani dans Saint-Ferme, par André Ricci ^ architecte de Sainte-Justine de Padoue, et auteur du plus riche et du plus grandiose candélabre en bronze à Saint-Antoine. Bernard Rosellini fit à Sainte-Croix le tombeau du chaDcelier Léonard Bruni ; Desiderio de Settignano^ celui des Harsuppini ; les deux artistes^ se rencontrant dans la même modification, abandonnent Tare aigu^ couchent le mort sur un lit, et placent au-dessus deux anges qui soutiennent la Mère de la miséricorde. Un mausolée plus magnifique fut exécuté par Antoine Rosellini à San Miniato au Mont pour un cai'dinal portugais, mort à vingt-cinq ans en 1459. 11 occupe toute la chapelle; de riches marbres forment le pavé ; la voûte est ornée d'émaux^ et le défunt^ en costume d'évéque, repose sur un lit soutenu par deux petits anges; en haut se trouve l'urne, et par-dessus la Vierge au milieu des anges. Tout le monument est en marbre de couleurs variées, avec des ornements et des guirlandes^ dont la sobriété est gâtée par le drap funéraire qu'on y ajouta dans le siècle suivant.
Jusqu'à cette époque les monuments portaient des inscripte qui recommandaient les vertus pieuses et patriotiques, mais surtout la paix et la concorde. Dans le palais de la république de Sienne (1), on lit au-dessous de Gurius Dentatus son éloge pour avoir méprisé Por, qui maintenant, hélas! corrompt le monde [Et spretum aurum, proh ! quod nunc inficit orbem). Audessus d'une porte de Padoue, le podestat Jean Ardizzo mettait le conseil d'éviter les discordes, qui causent la ruiné des ci- ^ (21) ; dans le tribunal de Milan^ une inscription rappelait aux plaideurs que les inimitiés naissent des procès^ source de dépenses, de soucis pour l'âme^ de fatigues pour le corps^ de fautes et de méfaits, outre qu'ils font oublier les œuvres bonnes et utiles; elle disait encore que ceux qui espèrent gagner succombent
(1) De cet admirable palais, la partie la plus admirable est la chapeUe, peinte ^11 1407 par Thaddce Bartholi avec des faits de la vie de Marie et de saints, des figures symboliques, des héros, etc.
(2) Vos, AntenoridcBy si tuti vuUis ab hoste
Esse foris mur os, pax vos liget intus amoris... Arboreis frustra petitur sub frondibus umbra " Jnterius morbus si viscera torret acutus. . Ne pereant igitur Labor ac impendia mûri, Civesj consiUum vestri servate Johannis.
Elle est de 1240.
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•ouventi et qu'ils ne retirent aucun profit, même quand*" IQg triomi^ent (1). A Sienne, au-dessous de César et de Pomp^M, on lit que leurs rivalités amenèrent la ruine de Rome (2); parscni kîS images d^autres Romains célèbres^ une inscription insiste qu'on apprenne d'eux que le peuple de Mars fut grand par i nion, et (pill tomba par les discordes; mais en marne tenq>s autre dit : Quodeumque facitU in verbo aut in opere^ in minti Domini nostri J. C. facite.
Désormais les beaux-arts, intimement associés dans le mo Age, se séparaient, et ceux du dessin se raffinaient chacun dk^ ani une voie distincte. La peinture, aux couleurs vives et liiinil^fc ûi de c-elle d'Orient, préférait des tons dégradés et mélangés ; ^Ue substituait la réaliti) au genre de convention, le paysage et les édifices aux dessins délicats, mais fantastiques , des foKnds. Giotto, tout en conservant la forme monumentale, s'éloignait^ des types Inératiques i)0ur se rapprocher du portrait (3), mais
(1) /m ttmtntvÉniu eatuarum cor^orales inimicitias oriuntur, fit amUsi^^ «pfttM*nrum, Uhttr attimi txtrcttur^ corfjtu quotidie fatigatur, multa et m/u^.^usla criMiMii inJe ctinsfifituiêtur^ hoaa et utilia opéra iHfstponuntur, et qui tœp^^ ère- ^HMt • htinertf f'r^ufnttr iuccumbuiit, et si oùtinent, eomputatit laboribiu ^/m-
(3) Ilot spectate Hroj, animiaque infigite, tives.
IhiMidt eonfortit nom dum àtma mente seeuH tteiir»tas romama àucca trtmcfecU et orbemg ^m^t(lll sttit'drta duos uti trtuit ad armot tÀkerta» romana fKi-it, itissoque Memalu^ ttem liinrf ei paero t^ffU e^ét abêdmàert Homm,
A|K><TliMl««i in 0)!4nr, mi cbe regireir,
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npitvil. «: U MU y itui-n jl ttfi fU |Mrt ;
PEINTORB. GIOTTO. PAUL UGGELLO. 95
diercher dans la matière un guide trop grossier, et sans renonce au sentiment du vrai. Quelles furent les qualités qui lui manquèrent pour devenir un grand maître? 11 colore pudiquement 'es figures de femme^ plisse les habits avec élégance^ et dessine t merveille^ comme on peut le voir dans les monochromes de i petite chapelle des Scrovegno^ à Padoue. Il étudia les caracspesdivers, d'où jaillit la force des représentations symboliques^ l'il affectionnait particulièrement. En effet, il les exprima avec !ie grande variété dans la Cène de Sainte-Croix ^ sans doute une manière moins scientifique que Léonard , mais non pas ^ec moins de sentiment. S'il ne donnait point encore assez de 'ofondeur à ses tableaux, ni une pose bien équilibrée aux ^res, ses compositions, soit les petites qu'on voit sur les ar- LOires delà sacristie de Sainte-Croix, soit les gigantesques d'Asse et de Padoue, sont bien groupées pour une action conmiune, /ec des attitudes expressives et des raccourcis hardis, comme
saint Jean qui , à la vue de Lazare ressuscité, rejette les bras a arrière. Michel-Ange assurait que la « mort de sa Vierge ne ouvait être peinte avec plus de vérité qu'elle ne Tétait. »
Giotto exerça une grande influence dans toute Tltalie ; mais 3s artistes qui voulaient exprimer le sentiment, et ceux qui viaient à l'effet , et dès lors à l'exactitude anatomique , ne tardèent point à se diviser. Paul Uccello, ainsi appelé pour son haûleté à peindre les animaux , regardait comme un mérite suprême de placer des figures sur des plans divers et de les faire îB raccourci ; il avait tant à cœur de mettre en perspective des *Pcles armés de pointes, des triangles combinés différemment, '^ solides à soixante-douze faces, que sa femme lui en faisait 'es reproches sérieux, et que Donatello lui disait : Cette pers- ^^iive te fait abandonner le certain pour l'incertain.
Lorsque les peintres, grâce à lui et à Pierre de la Francesca, ^ trouvèrent en possession de la perspective, ils crurent qu'elle ^rait le moyen par excellence de bien exprimer les formes vétebles, et ils préférèrent à l'expression les apparences exactes ^ la réalité, les racc-ourcis bien imaginés, le relief évident. Ma- >Uno de Panicale, dans le val d'Ësa, habile dans Tart de Tor- ^rerie, donna un relief excellent à ses peintures au moyen des •libres. Atteint par la mort à l'âge de trente-sept ans, il laissa, ^s les avoir terminés, dans la chapelle Brancacci , au Carminé, ^^ sujets historiques, reproduits avec une majestueuse ressem- ^Ittace et des draperies nu>eUeuses.
itm-ia
HASAGGIO. JEÂN-ANGELIQUE.
Ce travail fut achevé parMasaccio (Thomas Guidi) avec de belles attitudes^ des mouvements vifs^ des contours sinueux^ des tons vigoureux de coloris fort et riche , d'heureuses combinaisons de clair-obscur, au moyen desquelles ses groupes se meuvent librement dans des espaces très-étroits ; à ce mérite il faut ajouter la bonne représentation des sentiments affectueux.
Le bienheureux Jean-Angélique de Fiésole , uniquement inspiré par la dévotion^ regardait la peinture comme un moyen d'élever Tesprit vers Dieu , et cette idée lui causait une telle émotion qu'il en versait des larmes. Bien qu'il mette de raustérité jusque dans la douceur^ il charme par la suavité des tétes^ et par ses saints, qui, même au milieu des tourmentsdu martyre, conservent cette paix que le monde ne peut ravir. Il couvrit le couvent de Saint-Marc de fresques dont les regards ne se détacheraient jamais. Dans la grandiose représentation des sujets historiques du chapitre il joignit^ avec un rare bonheur, le sentiment antique à une pureté de dessin que personne n'égala jusqu'à RaphaêL Le pape lui offrit, pour l'histoire des saints Etienne et Laurent, qu'il avait peinte au Vatican, l'archevêché de Florence, et il préféra la pauvreté du couvent. Homme simple et de mœurs irréprochables, il fut, un matin, invité à déjeuner par le pape Nicolas Y; mais il se fît un scrupule de manger de la viande sans la permission de son supérieur, ne songeant point à l'autorité du pontife (Vasari).
Benozzo Gozoli chercha à réunir le fini de Masaccio au sentiment du bienheureux Angélique. Dans leCampo Santo de Pise,il représenta vingt-quatre grands sujets d'histoire remplis de mouvement et de fantaisie; ailleurs il en peignit d'autres, dont les accessoires capricieux respirent la grâce et la sérénité.
Frère Philippe Lippi le cède à peine à Masaccio dans ses figures du Carminé, dans la tribune de Spolète et dans l'Assomption, peintures aux tons vigoureux, avec un aspect grandiose et des proportions héroïques ; mais, se conformant au génie voluptueux de la renaissance, il substitua, égaré d'ailleurs par des aventures romanesques, les portraits de ses maîtresses à ceux des femmes ascétiques. Revêtu de l'habit monastique à huit ans, il s* enfuit du couvent ; devenu esclave desBarbaresques, il est remis en liberté pour avoir fait le portrait de son maître. De retour dans sa patrie, il se met à peindre dans le couvent de Sainte-Marguerite, et enlève une religieuse qui lui donne un fils, auquel il transmet son art et son nom; mais ce fils le surpasse
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jirie dioîx des compositioDs^ par la grflce et la dignité, qualités qu'on admire dans les deux grandes fresques de la chapelle Sbois à Sainte-Marie Nouvelle.
les accessoires et l'exacte imitation de la nature furent pour I'jsô-ism OoDÛoique Ghirlandajo l'objet d'un soin , je dirai flamand (1) ; il irie?8 ses fresques au moyen de la sévérité de ses formes areUtectoniqœs^ et pourtant il sut déployer une mâle noblesse et de h variété dans ses compositions étendues^ comme le témoipela grande scène delà chapelle Sixtine, dans laquelle il tranOii avec Lippi^ Luc Signorelii et Cosimo Roselli. Ce dernier, ï Sûot-Ambroise de Florence, peignit à fresque des groupes à Il manière de Raphaël; mais^ entrainé bientôt par la soif du 9^, il se mit à travailler à la hâte et s'occupa d'opérations alchimiques.
La peinture à fresque^ qui forçait d'étudier les vastes propor* i)Qs, les lois de la disposition et de la perspective^ prédominait wles autres. Les tableaux^ d'ordinaire ^ se faisaient sur bois; <Q avait soin de choisir un bois compacte et susceptible d'un fin lolissage. Si le tableau se composait de plusieurs morceaux^ on s couvrait d'une toiie^ sur laquelle était étendue une couche ^ès-mince de ciment^ ou bien une feuille d'or qui devenait le ^fond; à cette feuille on substitua des paysages ou des ciels, a prétend que cette manière dérive des Grecs, ce qui veut dire lie les Italiens^ dès la plus haute antiquité, connaissent Pusage 3 peindre les bahuts et les coffres en forme de bancs ^ que Ton mettait dans les chambres au pied du lit, et surtout ceux dans isquels la nouvelle mariée apportait son trousseau. Les sujets^ abord simples et religieux, furent plus tard agrandis par les kaitres célèbres. André Tafi exécuta de ces travaux, puis Spinello 'ArezzO; Tbaddée Gaddi, et de plus grands^ Mariotto Orcagna, ^0 de Florence, Lippi , Uccello^ qui peignait encore certains hts de bois^ sur lesquels on offrait des présents aux accouchées. *lu8 tard André del Sarto et Jacques Pontormo exercèrent à W leur pinceau sur les meubles de la chambre de Pierre- François Borgherini , sculptés magnifiquement par Bacciod'A- PH)lo. Neri de Bicci peignit l'armoire où Florence gardait les ^andectes ; Angélique^ celle des vases sacrés à Sainte-Marie Nou-
(0 Bans l'histoire de saint François, Vasari admire « un évèque debout, les '^^ï'etteg sur le nez, qui lui chante la Vigile, et qu'on ne croit peint que parce ^'on neVentend pas. » (F^ie de Ghirlandajo.)