‹ Histoire des Italiens, trChapitre 39 sur 176 · DURER · texte numérisé non relu

DURER

42ei5io fidèle à la poésie religieuse (1). Jean, au contraire^ dessinat^^ plus sage^ comprenant mieux le clair-obscur, plein de dévoiic» excluait toute mignardise qui pouvait nuire au pathétique c vère^ à la gravité digne^ à la complète expression. Dans le cami de sa longue existence^ il s'améliora sans cesse ; il existe doi une énorme différence entre ses premières et ses dernières oei vres. Il fut un des premiers qui sut^ avec les couleurs à Vbuik donner à la peinture une vigueur nouvelle. Il avait quatre-vingt ans lorsqu'il fit le merveilleux tableau à Saint-Zacbarie, et il /bi le contemporain des rénovateurs de Tart. 150O Albert Durer, peintre et graveur allemand en reûom ^ se troiF

vait alors à Venise pour exercer des poursuites judiciaires à roc* casion de certaines gravures contrefaites par Marc- Antoine. Lei Vénitiens^ épris de son coloris^ firent peu de cas de son tAessM de graveur; mais Jean Beilini le protégea auprès des patriciens a Plût à Dieu que vous fussiez ici (écrivait Durer à un aim) a Combien les Italiens sont aimables ! J'ai été recherché par eux: a et chaque jour ils m'affectionnent davantage, ce dont moi a cœur éprouve un indicible contentement. Ce sont des gens biei i( élevés, instruits^ élégants, habiles joueurs de luth^ pleins d'es- 0 prit et de dignité^ affables et bons avec moi au delà de touti a expression. Il est vrai qu'il n'y manque pas d'hommes dé a loyaux ^ de menteurs^ de coquins^ dont on ne voit pas les pu a reils sous le ciel ; ils rient de tout^ même de leur mauvaise ré a putation. Mes amis m'ont averti à temps de ne pas manger avei a ces individus, ni avec les peintres de leur bande.

a Parmi eux, quelques-uns se sont mis à me faire la guerrey e a ils copient effrontément mes tableaux dans les églises et le a palais^ tandis qu'ils m'accusent de ruiner le goût en m'élo a gnant de l'antique. Cela n'empêche point Jean Beilini de ni <K combler d'éloges au milieu de réunions nombreuses; en outr- « voulant quelque chose de moi , il est venu me trouver en pes « sonne^ et m'a demandé un dessin, en ajoutant qu'il était] a loux do bien le payer. 11 est aimé^ vénéré^ admiré de tous,

(t) Au-dessoiis de deux tableaux de rAcadémie de Venise, on lit : Gen^- BeUinHs amorr incensus crucis liOO. — GentUis Betllnus pio sanclUsimœ erc^ a/J'ectii iubtns 1500. AuHic5»ou5 de la Vierge de k sacristie des Frari, J^ écrivit :

Janua (tria poU^ duc menltm, ùitige vUmm; Qu0t pcragam, cvmmiMsa tvœ tint omniu curœ.

DURER. NATURALISTES. lOi

« on ne parle que de son talent et de sa bouté. Bien que déjà « vieux , il a peu d'égaux, d

le sentiment de Jean Bellini passa dans Cima de Conegliano, quin^est inférieur à aucun des artistes du quinzième siècle par la belle convenance et l'intensité de l'expression. D'un au- ^ecôté, les personnes même étrangères à Tart sont touchées par ^a grâce que Victor Carpaccio répand sur un grand nombre de sujets légendaires, et notamment sur les tableaux qui représentent l'histoire de sainte Ursule , tableaux remplis de peuple et d'ornements, conmie Venise devait être alors.

L'Udinois Pellegrin de Saint-Daniel , élève de Jean Bellini , était si pauvre qu'il sollicita des magistrats de sa ville le poste de portier, en promettant, si l'on accueillait sa demande, de peindre les armes des lieutenants, le pallium de la commune et ses armoiries sur tous les édifices nouveaux, les portes et les étendards où il les faudrait. Il travailla surtout à Saint-Daniel^ 6t dans Saint-Antome on voit de lui un Crucifiement largement ocnçu, d'un beau coloris et plein d'expression, comme le sont d^autres sujets évangéliques.

Marc Basaiti du Frioul , Pellegrin de Saint-Daniel , Jean Mansueti et le Vicentin Barthélémy Montagna conservèrent la pureté antique. LePadouan François Squai*cione commença à s'écarter de cette correction ; du reste, s'il les surpassait par la doctrine, la perspective et l'expression, il leur était inférieur par le coloris, la douceur des contours^ la grâce et le sentiment religieux. £)u Levant, où il trouvait intacts beaucoup de travaux, mutilés ensuite ou détruits, il apporta dans sa patrie la plus belle collection de dessins, de statues, d'urnes, de bas-reliefs; il substitua le culte classique aux traditions chrétiennes, aidé en cela par les professeurs de l'université padouane. Dès lors les veines et les niuscles soignés minutieusement, les plis travaillés avec précision, les poses artificielles, parurent un mérite suprême.

Ces effets furent poussés à l'extrême par Mantegna, qui, négligéant la grâce des fragments grecs pour n'en voir que l'exactitude, devint sec comme son maître ; cependant l'étude des bronzes deDonatello lui fit acquérir une manière plus libre et moins conventionnelle, et il égala les plus illustres peintres, tandis qu'il »es surpassait tous par l'heureuse convergence des lignes vers le point de vue, non-seulement dans les édifices, mais dans les positions et les mouvements divers du corps humain^ Son raccourci ^u Christ mort, dans la galerie de Brera à Milan, offre un modèle

109 MANTEGNA. GIORGIONX.

parfait de ce talent particulier. Il fit dans le château de Padone^ pour Louis Gonzague, un grand nombre de travaux^ et^ en clûrobscur, le triomphe de César^ devenu par la gravure son ouvrage le plus célèbre, outre le merveilleux triptyque de la tribune des Offices, terminé avec un soin de miniaturiste. Dirigé par une large érudition et un bon goût esthétique, il écrivit sur les géants peints en clair-obscur par Paul Uccello dans le palais Yitaliani à Padoue ; aucun de ses contemporains n'obtint plus de louanges et de renommée que lui.

Giorgione Barbarelli de Castelfranco s'écarta plus encore de la tendre naïveté et de la mystique inspiration. Comme quelqu'un qui connaît sa puissance et Remploie sans mesure, il surpassa tous ses émules par la fougue, la vigueur du ton, les effets du clair-obscur et Texactitude anatomique; il flattait les sens^ non le sentiment. Sous Tinfluence de ces maîtres , l'école vénitienne était entraînée vers la pompe, et ne voyait la pensée qul^ travers le coloris; puis la mode des portraits, qui gagna les patriciens, fit rechercher avant tout Timitation matérielle du vrai.

Depuis longtemps on savait imprimer, avec des planches da bois ciselées, des cartes à jouer et des images sacrées; par le môme procédé on formait des lettres initiales, des ornements el des contours pour les livres, alors qu'on les copiait à la main, e" plus encore après qu'ils furent imprimés. Mecherino de Sienne Dominique des Greche, Dominique Campagnola et d'autre:. s'appliquèrent à cet art, mais en remployant à de grandes cona positions. Les Italiens cependant n'égalèrent point Durer es les Allemands; car ils avaient peu de souci de la perfection techi nique, et se bornaient à faire de simples ébauches (1). Dans le claifl obscur seulement, lequel imite Tcncre de la Chine, on vit briE 1er au premier rang André Andreani avec Hugues de Carpi, peia

(1) On fait (jue la gravure sur boU, jusqu'en 1705, consista à creuser vr^ le ciseau toutes les parties qui n'étaient pas dessinées ; depuis cette époque, » emploie le burin, ce qui exige de rhal)ileté comme dans tout autre art. On a {^ blié récemment le splendide ouvrage : Hotzschnitte berûhmter Meîster, par IV dolphe Weigel, qui veut démontrer que les grands peintres de tout âge aimera et cultivèrent la gravure sur bois.

Dans le Kunstblatî de 1S32, n* 58, se trouve une image avec Tinscriptio^ 5. Nicola de Thokntino, Le saint porte un livre où est écrit : Prœcepta pa ^ mtl servavi, 1416. C'est la même année où le saint fut canonisé; si celle (^H indique le tem|>s de ce travail, ce serait là un document très-ancien de la ^g vure sur bois faite eo Italie, selon toutes les probabilités.

GRAYuas. 103

tre médiocre, qui a laissé dans la sacristie des Bénéficiés du Vatican un suure fait sans pinceau, c'est-à-dire avec les doigts, fl introduisit Tusage de graver en clair-obscur , c'est-à-dire sur deux, puis trois planches, de manière à exprimer trois teintes; au moyen de ce procédé, il fit connaître, et d'une manière plus vraie que Marc-Antoine, diverses compositions de Raphaël.

Mais la substitution du cuivre au bois fut un grand progrès. Le Tractatus lombardicus de Théophile dont nous avons déjà parlé décrit exactem^t le nt^i/u«, « fusion d'argent pur, de cuivre, de plomb, de soufire, que Tcm Ceiit entrer dans les incisions faites sur «ne lame d'argent; puis on polit^ et il en résulte une plaque lui* saote avec un dessin noir. x> On ornait de ces nielles des cofRrets d'â)ène, des devants d'autel, des calices, des reliques, des o»tenseurs; dans ce travail se signalèrent Forzone Spinelli d'Arezzo, les Milanais Caradosso et Arcioni , le Bolonais François Francia, le Siennois Jean Turini , et les Florentins Mathieu Dei , Antoine PoOaîuolo et d'autres. I^ gravure terminée , afin de voir TefTet du noir, on en prenait l'empreinte avec une terre très-fine , sur hquelle on jetait du soufre liquéfié; on introduisait ensuite du tm de ftamée dans les creux de cette planche de soufre, et Ton pressait dessus du papier humide, soit à la main, soit avec le rouleau. On conserve plusieurs de ces soufres et de ces épreuves , débuts dtin art nouveau. En effet, après en avoir remarqué le kau résullat , on songea à en tirer beaucoup de copies, et c'est ainsi que la chalcographie eut pour berceau la boutique des oi^ %es. La matière fut changée, et l'on préféra le cuivre ; puis ^ la jH'esse, et les teintes fiirent variées. Il parait que Conrad SeWeinheiâi, éditeur de l'élégant Ptolémée de Rome, enseigna ^n Italie l'usage de l'encre la plus favorable.

Faut-il attribuer au Florentin Maso Finiguerra cette invention ^u ee perfectionnement? Même alors que Ton démontrerait que ^ première impression de sa Paix appartient à Tannée 1454^ les Allemands en produisent qui sont antérieures à 1450, et il est ^rtain qu'en 1466 ils avaient de plus belles gravures que celles 4es Italiens (i). Plus tard elles se distinguèrent par un relief plus saillant, le soin donné aux contours et la manière d'om-

(1) Le droit de priorité des Allemands est soutenu principalement par Kumohr : Untersuchung der Griindefur die Annahme, dass Maso di Finiguerra ^rfinder des Handgriffs seî, gestochene Metalplatten auf genetztes abzudruC" *«n;Iieipiig, 1S41. -

104 GaATURE.

brer avec vigueur pour arrondir les formes. Des artistes dé Rome s'appliquèrent à la gravure. Baccio Baldini a des onvraf» certains de 4477, faits sur des dessins de Sandro Boticdli ; pub vinrent PoUaïuolo, et surtout Mantegna, qui fit cinquante {daniches, avec imitation de l'ancienne plastique. Dans cette voie, il fut fiuivi par Jean-Antoine et Jean-Marie de Bresda^ par Jules et Dominique Campagnola, Nicoletto de Modène, Jérôme liotr zetto« Benoit Montagna.

i^M-iMo ^^ Bolonais Marc-Antoine Raimondi les surpassa tous. Formé dans Tart de nieller par Francia , puis imitateur de Dûrer^ il se perfectionna dans le dessin à Técole de Raphaël , sous TiDspU ^ ration duquel il prit un essor correspondant au progrès de Fart à cette époque. 11 fut aidé et imité par Augustin de Venise et Marc de Ravignano, par l'inconnu Maestro avec Dado, iCoéas \icOj les Ghisi , qui multiplièrent les œuvres des artistes d'alors. Parfois ils créaient leurs dessins» ou bien ils modifiaieiit les compositions des maîtres, ^u les empruntaient à leurs peusées« ce que tU surtout le Bolonais Jules Bonasone; ùa les iinîtait donc comme des originaux. Le faire léger de ce dernier introduisit le genre maniéré» dans lequel tomberont les artistes suivants*

Tout était donc disposé pour accomplir de grands progrès. La seienee donnait de la force aux arts; BruneUeschi el Alberti «établissaient des règles mathématiques de constmodan et de IMT^iieetive, La gravuiv« en multipliant les œuvres artistîque$« augmentait rimitalion . et TactiOQ des maîtres ne ae Muùtaii plus à quelquet^ms. Limmobilité moumnentale des pliyjùoïKMuies de\>^Dait flexible et variée^ et les compositiops étaient plus emdi«y^ plus ixaUanne^ à la vérité. Seuleiueiit l'étude da i'auth)u^ pc^laii à n^i-herx^ier la correctiOQ des formes plus que IVxprr^sioii. à surpr^udiv les s«tts par retomiement plus qii% K^i^bi>r y \\tm. Ainsi Tart p««dâit en inuoccfiDe et dignité toul i^t» qu'il ^Fi^:ua)t eu etk^^tim^ et vigueur; au moyen de procédé! u^iviicU^ ^>u XiSdMt à 5« famr un £^eiuv, ei le genre se bonaiti jA^viau^ de^ IVifei. P4U> les pATOeulMnrs et les princes, les uftj (H^ar %>rucr Viirs lusi^^^uss k^ autres leurs i«is»d«c«s, demann «iAKT^i \k^ s4\K^ iu\^^N.>kv;iqurs ^^ vk^ sikVDe:s ile nature; lesam \ sx-xr.^ >'cvi:y4;'^iMi2: «k^ix- vWrs so:iun)ein'3 afk<siM«L& et dévots, da ^\}VQ^ triddiiA^'oriis «ju: tijuedt dàQs U p^tttiv tv <pi'était

SIGNORELU. ÉCSOLB DE l'OMBRIE. 105

Venise^ yilles qui deviorent importantes après la chute de Tempire romain, les artistes^ dans d'autres pays d'antique grandeur^ purent se former sur les modèles laissés par Tâge latin, et même par l'époque étrusque. En effet, les contrées autrefois étrusques, et plus tard annexas à la Romagne, eurent des écoles distinctes. iWe de la Francesca de Borgo Sansepolcro peignit dans sa patrie^ pour les seigneurs d'Ëste et de Ferrare» avec grâce et simplicité; il fit des raccourcis difficiles; versé dans les mathématiques, ilin^oduisit l'usage de faire des modèles en terre et de les couvrir d'étoffe pour reproduire les plis et les poses. Il fut surpassé par son élève, Luc Signorelli de Cortone, qui, renonçant aux tM3 isii images àinouvantes et terribles, se mit à suivre les traces des nouveaux apôtres du nu et du mouvement; il se fit l'esclave de ranatomie dans la Fin du monde de cette cathédrale d'Orvieto, où Ton rencontre la vigoureuse jeunesse de Fart, comme son adolescence apparaît dans le Campo Santo de Pise et le temple

L'école de TOmbrie, comme si ce temple l'eût inspirée, con* serva les idées religieuses et les types mystiques, qui satisfont le cœur mieux que les sens. Là fut élevé le Pérousin Pierre Va- imo 152* Ducci. Venu à Florence, il excita Tadmiration par ses beaux paysages et ses fonds calmes, d'où se détachent des personnes qui semblent se mouvoir, avec de petites têtes, des physionomies expressives et suaves, des contours gracieux, une saillie moelleuse des muscles ; mais bientôt il adoptait lui-môme la force et kmouvemadt, recherchait Fhabiletéet Tanatomie, dont la mode ^Introduisait alors. De là cette diversité qu'on remarque dans ^ manière. Tantôt le sentiment se manifeste au plus haut de- S^é dans ses têtes ovales très-étudiées, dans ses yeux de co- ^mbe, dans ses lèvres d'une exquise finesse; tantôt, au con- ^itiire, il laisse voir le conventionnel et les expédients stéréotypes, ^^s varier ses compositions, et faisant du métier. Pythagore, Boratius Coclès, Péridès, Caton et d'autres héros dans la salle du ^^hange de Pérouse ont des poses archaïques, et les têtes respi- ^nt une douceur uniforme, en opposition avec leur caractère; ^ous ne louerons pas non plus les dieux de la voûte , entourés de sibylles, de prophètes, du Père Étemel, de la Nativité, de la "Tipansfiguration.

Cet artiste réussit merveilleusement lorsque, négligeant les expressions instantanées, il s'attacha aux types religieux et aux poses calmes des saints. S'il est pauvre dans les vêtements, sec

106 RÀPHASL.

dans les poses^ il donne aux têtes un air gracieux; pois son co^ loris a du charme et un ton doré^ répandu peut-être trop uni* formément par sentiment naturel de Tharmonie^ mais qui anima les tableaux d'une douce chaleur. Sixte IV l'appela pour orner sa chapelle, immortalisée ensuite par Michel-Ange. La Piété du palais Pitti, et la fresque dans Sainle-Madeleine des Pazzi^ sont admirées comme des chefs-d'œuvre. Son Assomption a méanUé d'être placée parmi le petit nombre des tableaux qui ornent le musée du Vatican. Ses peintures aux tons moelleux de Gittà de la Pieve forment l'anneau entre lui et Raphaël, qui peut-être y trâ* vailla^ mais l'imita certainement.

148M520 Raphaël, fils de Jean Santi, peintre et poète dIJrbin, èonH mença à travailler à Givita de Castello et dans le couvent des Camaldules de Saint-Sévère à Pérouse. En 1504, il produisit lé Mariage de la Vierge (1), de composition (quels que soient les défauts qu'on y remarque) sobre et d'une pureté céleste^ comme un homme qui crée le beau par instinct. Ces têtes mignonnes sur des corps sveltes, ces proportions délicates, cette gracieuse eurhythmie, ces petits temples qui semblent encadrer la beauté des figures, cette clarté ravissante répandue partout, accusent tout à fait le grand maître. Plus tard^ quand il vit à Florence les idolâtres de Tantique et du naturel, il fondit les types avec Tin* dividualité, l'inspiration avec le fini; traitant alors les figures avec plus d'ampleur et de dignité, il devint l'objet de l'admiration générale.

Présenté par Bramante à Jules If, et chargé de couvrir les parois des chambres du Vatican, il prit un plus vaste essor; c'est là qu'il faut suivre ses diverses manières, appelées progrès par les uns, jugées différemment par les autres, selon qu'ils préfèrent la grâce ingénue du Pérugin, ou le sage dessin des Florentins, ou le chaud coloris des Vénitiens. Empruntant à son école primitive Tessence de l'art roman, bien qu'il diffère essentiellement dans le mode de représenter, il choisit des sujets symboUques, la théologie, la philosophie, la jurisprudence, la poésie , exprimant les idées par les figures, et déployant la beauté poétique, si différente de la beauté symétrique. Il y a moins de fini sans

(1) Il est peut-être antérieur au Crucifiement de la galerie de Fesch. Même après Yasari, Duppa, Braun, Rumlior, Nagler, Rehberg, Quatremère de Quincy, et plus encore l'estimable Passavant (Rafaël von Urbino und sein Vater Giovanni Santi), il manque une complète monographie de ce génie de la beauté harmonique.

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