IMITATEURS DE MICHEL-ANGE
Maturino en clair-obscur, à la manière de Peruzzi, et, par suite, tous les deux imitaient Tantique. Contraints de fuir devant les Allemands, ils se réfugièrent à Naples, où Maturino mourut, et les nobles, occupés de chasses et de fêtes , négligèrent Polydore. £n Sicile, il eut beaucoup de commandes ; mais son domestique Tassassina pour le voler. Raphaël et Pinturicchio, qui peignit dans Sienne les entreprises de Pie II, en variant sur fond au moyen de beaux paysages , firent connaître à cette ville Fart moderne, qui la rendit infidèle aux chastes inspirations conservées jusqu'alors.
' On a dit que Raphaël vécut trop peu pour les arts, et Buonarroti trop longtemps. En efTet, les statues du tombeau de Michel- Ange, à Sainte-Croix , dans une attitude qui semble invi<^ ter à les copier, préludent aux défauts de ses élèves ; oubliant quMl avait dit : Quiconque va derrière m passera jamais devant ^ ils empruntaient à ses figures le relief musculaire, non les moelleuses draperies, et négligeaient surtout la fougueuse imagination et le profond sentiment du maître. L'exécution s'était améliorée ; les artistes modelaient et sculptaient au naturel, composaient bien, et la perspective valait mieux; mais ils sacrifiaient de plus en plus la naïve simplicité à la pure apparence. Le style grandiose, rien de sec et de maigre, du mouvement, des muscles, de la prestance, de la grâce , tel était le but de toutes les aspi-' rations; on oubliait que la grâce fuit ceux qui la cherchent, et que le beau des anciens ne saute pas aux yeux avec prétention , mais qu'on le découvre à force de le contempler. De là, partout des poses forcées, une aride anatomie, des géants, des statues^ couchées sur de grandes toiles ; de là, une prodigieuse facilité d'inventions, d'autant plus que les Médicis, Mécènes généreux plutôt que sages, substituèrent des sujets mythologiques ou flatteurs à la dévotion et au sentiment. Le profane Paul Jove choisissait et composait ceux de la villa de Poggio à Cajano...
Parmi cette tourbe, qui portait l'empreinte d'un air de famille, nous distinguerons le Florentin Granacci ; Baptiste Franco, qui rivalisa avec Jean d'Udine dans ses peintures sur faïence de Castel Durante ;MariottoAlbertinelli, ennemi de Savonarola par servilité envers les Médicis, qui ne sut pas choisir parmi ses modèles, et mourut d'intempérance ; Bernardin Poccetti , que son Miracle du noyé, dans le cloître de TAnnonciade, ferait placer ftu nombre des grands maîtres, s'il avait joint la patience à la verve et à la fermeté de la touche.