‹ Histoire des Italiens, trChapitre 61 sur 176 · ACADEMIES FLORENTINE ET DE LA GRVSGA · texte numérisé non relu

ACADEMIES FLORENTINE ET DE LA GRVSGA

parer une édition châtiée, pour laquelle on lui fit les mêmes reproches qu^au peintre Braghettone.

Cette association continua dans l'académie des Humides, qtà se réunissait dans la maison de Joseph Mazzuoli^ « citoya (comme il disait) sans état , soldat sans engagement , prophète conmie Cassandre, d qui avait combattu avec les bandes noires, puis au siège de Florence. Devenu vieux ^ mais toujours charmant et ami des jeunes gens^ il en réunissait un grand nombre; or^ bien que la plupart a fussent occupés d'affaires mercantiK ils aimaient tant à contempler les étoiles et la nature^ qu'il suffisait à leur esprit de rendre compte de leurs divers accidents (i)j Cosme^ qui connaissait le moyen d'asservir les lettres en les protégeant^ donna à la réunion de ces jeunes gens le titre plus pom« peux d'académie florentine. Plus tard , il la transféra dans soo palais^ rendit ses travaux publics^ lui accorda des prébendes et môme une juridiction privilégiée, bien que Mazzuoli se plaignit de voir le duc attirer tout à lui. Les membres de cette académiei dont Tétude spéciale avait la langue pour objet , se mh«nt à lire des dissertations sur un sonnet^ un vers^ un mot de quelque classique^ et surtout de Pétrarque; or^ conmie chacun vouUit avoir un exorde, une péroraison et une longueur convenable^il est facile de concevoir combien ce désir, dans un siècle déjà si verbeux^ devait entraîner de vaines paroles. Le duc pensa sagement qu'il serait avantageux pour la langue de l'exercer à des traductions, et, dans ce but, il en commanda plusieurs à ces académiciens ; Segni fut chaîné d'Âristote , Varchi de Boêoe^ Dati de Platon , etc.

Jean-Baptiste Dati, Anton-François Grazzini , Bernard Canigiani, Bernard Zanchini et Bastien des Rossi, membres de cette académie, ennuyés de pareilles subtilités, firent schisme pour s'adjoindre à d'autres réunions appelées airavizj (goguettes), parce qu'elles étaient réjouies par un site agréable^ des causeries enjouées et des soupers délicats (2). Pierre Salviati leur con-

(1) Préface des statuts de rAcadémie.

(2) Elles furent continuées même après Tinstitution de la Grusca. Dans coK du 17 septembre 1599 intervinrent, avec les Cruscanti^ six académiciens D^' retuc et six Altérés, Après un discours du Pétri, qui était Michel-Ange BuflO»* rotti le jeune, on t>e mit ù table, dont le ser\ice est rappelé dans les Journatt' Vers la iiu ou servit de grands gâteaux qui semblaient faits de son, comme c«ii «|u on appelle injerigne; mais, en réalité, ils se composaient de pistaches et de .sucre, et lotis étaient di\isc^ en morceaux qu'on ne dûtinguait pas. En pienirt

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