‹ Histoire des Italiens, trChapitre 63 sur 176 · DISCOURS · texte numérisé non relu

DISCOURS

sa volonté (1), et dans d'autres il exagère son avidité à s'empv rer du bien d'aufrui; ici ^ il prêche la liberté de l'Italie, et là demande que Sienne soit soumise à la domination de la fomil Garaffa.

On faisait alors des discours à toute occasion; mais en estun seul qui atteigne à la véritable éloquence? Périodes soDorei épithètes redondantes, abondance stérile demots, descriptioDij Pemphase au lieu de la force et de la concision, voilà ce qD'oo trouve dans ces compositions, mais jamais l'art de vaincre par des arguments serrés, et de pénétrer dans le fond des âmes pour en chasser le vice ou les persuader. Au milieu de cette spleodeor des lettres, il ne surgit pas un seul bon prédicateur. Le frère Jérôme Savonaroia suivit une route sévère; toujours impétueiu, il a quelquefois des mouvements de véritable éloquence, mais il manque d^art, et trop souvent il convertit la chaire en tribune. Il nous reste un millier d*oraisons funèbres profanes, de discoon de compliment, de persuasion; mais qui voudrait lire ce vain babillage, si ce n'est pour chercher quelque renseignement ao milieu d'un déluge de mots (2) ?

quelque aMÎstance, leur sucer le sang et TAme, leur revendre la liberté doutai Ta constitué le dépositaire et le gardien, mais faussée, contrefaite et frappée d'un coin adultère.

tt Que Votre Sérénité se rappelle donc que cette même langue et cette mêM plume qui vous allèchent et vous amorcent par leur fausseté ont brûlé Rone, ses autels, ses églises, ses saintes reliques ; qu'elles ont trahi le vicaire de Jéiof- Christ pour le livrer à la férocité des barbares et à Tavarice des hérétiqnei; car le pape Clément, de sainte mémoire, fut vaincu par trois paix memao^jtntt et non à la suite d'une guerre réelle...

tt Et quelles sont ses relations de parenté ? comment agit-il ayec les noif Souiller ses mains du sang de l'aïeul de ses neveux, jeter aux chiens le betflpère immolé de sa fille et chasser même sa race innocente de l'État qui lui tp* partient, voilà ses tendres caresses envers ses parents... 0 malheurenie, à déplorable, ô tourmentée, ô vraiment ivre et somnolente Italie!

« L'empereur veut abattre et dévaster la sainte Église, et il est en cela opiniâtre, très-ferme. De plus, toute la trahison de Plaisance n'ayant pas u& pour assouvir la haine de Sa Majesté, et son courroux n'étant pas rassasié par le sang de ce malheureux duc, il convoite la vie et l'esprit de sa béatitude ; il veut |)areillement chasser le roi très-chrétien du Piémont et de la France ; il veut le détruire et le tuer, et jamais aucun événement n'a pu le détourner, ni quel* que chose que ce soit, de ce dessein qu'il a formé... »

(\) u Quoiqu'il puisse assez paraître, à de clairs indices, que c'est une anft* juste (l'occupation de Plaisance), puisqu'elle est vôtre et exécutée par vous... *

(2) Deile orazione scritte da moiti uomini iUustri de nostri tempi, recueillît nar François Sansovino ; Venise, 1661, travail réimprimé plusieurs fois.

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