PIERRE MARTYR
pour devenir ensuite presque l'unique règle des actes des gentilshommes. Les théologiens écrivaient sur le duel, fait essentid pour le désapprouver, et d^autres pour en régler les conditioD& Tous ces travaux avaient pour objet les nobles, qui vivaient dac une atmosphère entièrement artificielle. Quant au gros de lan^ tion avilie, au peuple exclu des intérêts généraux, les prétrseuls s'en occupaient désormais.
Le Milanais Pierre Martyr d'Angera se rendît, en 1488, en C pagne, où il servit sous les ordres de Mendoza, comte de T« dilla. Après la prise de Grenade, il se fit prêtre, et la reine ta belle le nomma maître des pages. Le soudan d^Égypte, aym expédié au roi Ferdinand le père Antoine, de Milan, gardien <j| franciscains du Saint-Sépulcre, pour le sommer de ne plus m lester les Maures, sous la menace de représailles à Tégard <% chrétiens de Palestine, Ferdinand lui envoya Pierre Martyr, gn obtint tout ce qu'il demandait; à cette occasion, il vit le Caire el les Pyramides qu'il décrivit; plus tard, conseiller royal pour les affaires de linde, ce qui lui permit de consulter les documents de la navigation de Colomb, il publia sur V Océan et le Nouvem- Monde un ouvrage traduit dans toutes les langues. Jusqu'à Fannée 1525, il écrivit sur les hommes et les faits contemporaii» huit cent treize lettres, recherchées par les historiens, bien quii paraisse certain qu'elles ne furent pas rédigées au moment même où les événements s'accomplissaient. Il approuve l'inquisition et rintolérance, pressent l'importance de la réforme née à peine, retrace avec talent le tableau des factions de Florence, et décrit bien la bataille de Pavie.
D'autres écrivains de l'Italie s'occupaient des pays étrangers Jérôme Faletti , de Ferrare ( de Bello sicambrico) , raconta te guerres de Charles- Quint avec les Français dans les Pays-Bas e contre la ligue de Smalkalde; Horace Nucula, dans un latin noi dépourvu d'élégance, décrivit l'expédition en Afrique de cetem pereur. Le Véronais Paul Ëmili , appelé par Louis Xli à Parii pour écrire l'histoire de France, se servit du latin pour ce tra vaii en quatre livres, et qui part de l'antiquité jusqu'en 1489, avei la critique alors possible (1) ; il introduisit quelque ordre dam
(1) La première traduction de V Enéide eu fran<^ais est d'un anonyme de 1483 aujourd'hui illisible, taudis que les Italiens liseut encore les Faiu d'Énée, anté rieurs de deux siècles. Lemairc de Belges, qui voyagea en Italie en lôOS et lâ09 écrivit la Concorde de deux langages , dans laquelle il discute sur la préém» îienre t*ntre 1*» frau*;ais et ritalif-n; dans le leniple d'Amour, c'est l'italien qa