DIVERS HISTORIENS
cette histoire, la première de ce pays; très-louée, traduite, elle resta longtemps comme source principale , et Juste Lipse disait que pêne unus inter novos veram et veterem historiœ viam\vi' dit;,., genus scribendi ejus doctum, nervosum, pressum ;,.. non legi nostro œvo qui magis liber affectu.
Le Sicilien Lucio Marineo écrivait à Salamanque Thistoire d'Espagne, dans laquelle il exalte Ferdinand et Isabelle; Polydore Vergilio d'Urbin, auteur d'un petit traité de Inventoribus rerum^ fut chargé par Henri VII d'écrire celle d'Angleterre : ainsi c'était encore un Italien qui commençait la série des historiens de ces pays. Ciro Spontoni écrivit celle de Hongrie; le Véronais Alexandre Guagnino, celle de la Pologne; le père Antoine Possevino, celle deMoscovie; Jean-Michel Bruto, celle de Hongrie et d'Etienne Bathori; Louis Guicciardini, frère de Fhistorien, ût les Commentaires des événements d'Europe^ spécialement dans les Pays-Bas^ depuis 1529 jusqu'en 1560, outre une description de ces mêmes Pays-Bas, qu'il habita comme négociant pendant quarante ans.
Valérien Piério traita des hiéroglyphes comme on le pouvait alors, et des antiquités de Bellune, sa patrie; il recueillit sur la triste condition des gens de lettres des anecdotes dont on pourrait maintenant tripler le nombre, même en négligeant^ comme il le fit, les misères inséparables de l'humanité.
Le Siennois Luc Gontile, secrétaire du cardinal Trivulce et de Ferrant Gonzague, gouverneur de Milan, puis du cardinal Trente, du capitaine Sforza Pallavicino, du marquis Pescaire, fut historien soigneux et clair plus que hardi. En traitant des devises et des armoiries, il s éleva à quelques vues générales. Il courtisa la marquise del Vasto et Victoire Golonna ; dans son poëme de la Niée, très-peu chaste d'ailleurs, qu'il dédia à cette dernière^ il ccMnpare sa vertu à la toison d'or et aux pommes du jardin des Hespérides, gardée, non par le dragon, mais par ses beaux yeux, dont Jason seul ou Hercule pourrait braver le regard redoutable.
D'autres, à l'exemple surtout de frère Annio, deViterbe,etde ses pareils, spéculaient sur la vanité en dressant des généalogies,
l'emporte, mais tous les deux sont égaux dans le temple de Minerve. Or il ne peut opposer à Dante que Jean de Mayne , auteur du Roman de la Rose , et à Boccace et à Pétrarque que Crétin et Meschinot , auteurs inconnus même des Français les plus érudits , tandis que les Siciliens lisent encore chaque jour Dante, Boccace et Pétrarque.