‹ Histoire des Italiens, trChapitre 68 sur 176 · HI8T. DES ITAL. — T. TUI · texte numérisé non relu

HI8T. DES ITAL. — T. TUI

iiO mViSRS UISTOaiENS.

qu'ils inventaient souvent. Scipion Ammirato écrivit l^istoi des familles napolitaines et florentines; Morigi, celle des m sons de Milan ;Sansovino, celle des races illustres d'Italie ;lfa Barbare donna la descendance des familles patriciennes^ et bei coup d'écrivains traitèrent des familles de simples porticidia Alphonse CeccarcUi de Bevagna composa^ avec autorité et faux documents^ les généalogies des Monaldeschi ^ des Cmifl d'autres ; enfin il mérita que Grégoire Xm lui fit coupop main et l'envoyât au gibet.

L^histoire eût été pour les gens de lettres la plus belle caifièf à parcourir ; niais, comme beaucoup employaient le latin, phi répandu, la vérité en souffrait^ forcée qu'elle était de sa plie ù un langage étrangei*^ et de supprimer ces détails qui lui doD nent la vie. Recourir aux sources immédiates^ recueillir les ma tériaux divers^ les soumettre à un examen sévère^ les employé avec intelligence et en former un ensemble homogène , <?eit i quoi Ton ne songeait pas encore. Choisissant les auteurs préeé dents les plus renommés^ les historiens se bornaient à complète leurs récits ou les suppléaient Pun par l'autre ; parfois encore il les considéraient sous un aspect divers, ou y ajoutaieot d nouveaux documents^ sans se faire scrupule de copier de ioDl passages, si même ils ne se contentaient pas de traduire Issor ginaux^ comme si c'était beaucoup de les revêtir d'une forme ikh velle et d'en harmoniser le style avec le reste de leur projNPe trsfà

Mais déjà Thistoire devenait classique; elle cherdiait à donn au récit l'élégance et Tordre^ un style net, Tintérèt des porkrié et des tableaux. On voulut en analyser Tart^ et Jean Pontana qui en traite le premier^ la considère comme une espèce de pc sie ; il remarque que Tite-Live commence par un dénuée (Facturus ne operœpretium), Saliuste par un hexamètre spond que {Beilum scripturus mm quod populm romanus), et comiM des passages de ces auteurs et de Virgile. Toutefois il rsooi mande la brièveté^ qu'il place dans les mots^ et la rapidité^ qt place dans le mouvement du style. Quant au fond, il désire détails^ biographiques surtout, les descriptions de lieux et discours.

François Patrizzi y dans dix dialogues , ennuyeux par les gressions^ et qui s'appuient sur le traité de Lucien , comp également l'histoire à la poésie. Il trouve que les écrivains, di les histoires anciennes, marchent trop à tâtons , et quiis vu quent de liberté dans les modernes; il excepte les histoires

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DIVERS HISTe>R1ENS. âii

crées; l'historien, dil-il, ne diffère du poète qu'en ce quil se doit point aHéMf les lieux et les temps; nous sommes un spectacle pour les dieux , et il n^ a de vérité que dans les «Qffes de Dieu et de la nature.

Les préœptes donnés par Foglietta dans Introduction de son UsfcHFe génoise, et par Viperano {Detteribenéakistwia), ne sont qoidea trivialités ou des plagiats, quoi qu'en dise Uraboschi. Bernardin Baldi^ ce génie universel^ raisonna aussi de Tbistoire, i liquelte il dmma pour but, non l'enseignement^ qui regarde la pàHoK^le éthique, mai« la tâche de rei^ésenter noblement, et Mien lee tois^ la vérité des choses arrivées. Dans ^exposition di NlconmU^ Fhistorien doit exprimer son prq[)re jugement, non- Milemeiil d^me manière générale, mais particulièrement^ et Arequ^le chose il loue on blâme; car, ajoute-t-il, raconter les biti nus^ san» nranifesler leur signiflcation, est d'un homme qui Bi ikomnÈê pea le bien du mal. Que le langage de lltistoire soit iraTe et elair (1).

Annihtl 6»o, un des historiens les plus sympathiqnes , na* i507-m fait (ihnie flamtHe pauvre à Cittanova, dans la Marché; il eatpMe avec tant de propriété les modes les plus expressif de la iHffe vivante, qu'on le prendrait pour un véritable Toscan ; du lasto, il avoue que le peu qu'il en sait, il le doit au séjour de notence (9). n fût au service des Pamèses^ dont il rédigea la oofrêspondaBee; mais les lettres qu'il écrivit en son propre son sont de véritables modèles. Il se plaint souvent que des lOM incomms llAmMlent de vers et d^'éloges, en demandant des liponaaa, et qœ les libraires impriment ses lettres (3) : nouveHe fiwivèdela passion générale pour les études alors, e! éè t%n« pMnoe attribuée aux écrivains.

Néanmoins la tâche la plus importante de ces écrivains fut di lédiger la oorrespondance des seigneurs. Jean-Baptiste Sanga ^ Sadoleto écrivirent les lettres de Clément Vfl^ et Bemî, celles

(1) Il a été publié dans le SpîcîUgktm de Mai

(^ lettrtT, èaSKS Vé^tion èes classiques, t. m, ch. !^1S.

(1^ « Hé gvêcet, mees^ Beraavd, tfauné je tous écnrt derémiTtnt, ddehifez *aaikllirfft) our, lai» de pouvoir faive ohayie Ittfre le eompas à k mm » je « tf ai le temps d'écrire presque à personne, et ces fripons de libraires impri- * loent les premières sottittts v«iMies. ('aite^k» û vqim VQulct» avoir quelquefois ^ de mes nouvelles ; iiitrnMft je toos pyc^tesle que je mo vous écrirai jamais. Je « dis cela en colèro, p«Me tpm j|ê viens de voir quekpieapiiii» de mes griffonnages

« s en aller en procession, ce dont j^ rou^ jusqu'au fond de Tâme. »

2i2 SECRÉTAIRES.

de Bibiena pour les Farnèses; Flaminio était au service du da taire Gbiberti^ et Bernard Tasso à celui des Sanseverino : Mua< fut attaché à don Ferrant Gonzague et à d'autres ; le Placenta Louis Cossala^ peu^étre le plus grand faiseur de madrigaux di Fépoque^ au cardinal Santafiore , et ainsi beaucoup d'autres De là une prodigieuse quantité de lettres, écrites avec une fa<j lité et une précision que Fon ne rencontre pas dans les ouvrage les plus étudiés.

Un grand nombre d'écrits traitèrent de la manière de rédig^^ les lettres; mais^ bien que plusieurs réprouvassent l'usage d'^ ployer les mots A'altessey ^'excellence et de seigneurie^ en s' dressant à un autre^ ces pompeuses vanités^ dans le genre esp giiol^ restèrent en dépit du bon sens. Dans les lettres de BennI et de Paul Manuce^ on sent l'intention de les faire imprimer Bernard Tasso est un rhéteur plein d'une stérile abondance, celles de Claude Tolomei^ Tinventeur des vers à la manière k^ tine (1)^ et la plupart de celles de Casa^ se distinguent par b dignité et un art bien voilé. Jacques Bonfadio de Salô, que nous avons déjà mentionné parmi les écrivains^ fut cher à Bembo et à Flaminio^ comme au misérable Franco et aux héréticpiefl Yaldes etCamesecchi. Il eut à Gènes une chaire de philosofÂie; mais il se plaint que cette ville n'ait pas de gens de lettres aa goût déUcat^ bien qu'il avoue que k les intelligences y sont belles ; toutefois il serait plus heureux s'il voyait les habitants aussi amis des lettres qu'ils le sont du trafic maritime, i Très-versé dans les deux littératures^ meilleur poète en latii qu'en italien, il écrivit ses lettres avec une digne bonhomie mais non pas sans longueurs ni afféteries; peut-être le supplio du feu, auquel Gênes le condamna, pour des amours infâmes dit-on, a-t-il grandi sa réputation littéraire.

Des individus, qui faisaient de la littérature un métier, comm Porcacchi, Atanagi, Doice, Ruscelli, Sansovino et Ziletti, gis naient les moindres bribes des auteurs en renom, pour en fair des volumes et gagner de l'argent ; mais tout ce fumier de lettre fournirait encore, si Ton avait la patience d'y fouiller, quelque volumes qui seraient utiles, non-seulement pour l'histoire litté raire, mais encore pour l'histoire politique. La correspondance

(1) Te sola amo e te sola amare, Lfsetta, desio,

Che sol tra i'altre degna d'amor mi pari. Giuflto gttiderdone deb rendJmi dunqoe, Lisetta, £ come te sol amo, pregoU me sol ama.

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