‹ Histoire des Italiens, trChapitre 73 sur 176 · TiR BKRNARD TASSO · texte numérisé non relu

TiR BKRNARD TASSO

Tasdo établit les postes^ invention perdue dans le moyen âge, et qui; répandue par ses descendants en Allemagne , éh I^àndre; en Espagne, valut à cette maison une illustration d^uh genre particulier, avec le titre de princes, conservé jusrlu'à nos joûrt dans les seigneurs de la Torre et Taxis. Uii \ugu8tih Tasso était général des postes d'Alexandre VI, et Tun de ses frères dontialé jour à Gabrielle, dotit naquit Bernard. Sans autne {MàtHkbàiae que sa noblesse^ et une éducation soignée qu'il avait rëçtlB auprès de 6(0n oncle, évoque de Bergame, ce Bernard s'attacha tt bonne heure aux conrs; il servit d'abord , comme secrétaire et message^ Guido Uangone, général de TÉglise^ puis la duchesse Renée de Perrare, enfin Ferrant de Sanseverino, prince deSalerne. Comblé d'honneurs et de pensions, il participa à Pexp^ dition de Charles-Quint contre Tunis, et à celle du Piémohl et de Flandre Mais Sanseverino, député à < harles-Quint parles Napolitains pour détourner le fléau de Tinquisition espagnole, tomba dans la disgrâce de cet emf)creiir, et passa du côté de la France. Bernard le suivit; comme rebelhî, il eut ses biens confisqués, et, tandis que Sanseverino se rendait à Constantinople pour solliciter le Turc, Bernard, à Paris, encourageait en prose et en vers Henri lï à entreprendre l'expédition de Naples, mais en vain. De retour en Italie , il perdit sa femme Porziâ des Rossi (i). Les désastres de la guerre d'alors le réduisirent à la pauvreté, jusqu'au moment où Gui d'UbaIdo, duc d'Urbin,raocueillit et lui fournit les moyens de terminer son poênie; il vécut ensuite à Mantone, et devint gouverneur d'Ostiglia.

Malgré cette existence orageuse, il n'interrompit point ses travaux poétiques. Entre autres passions, il fut amoureux d'urte certainp Giiievra Malatesta, et, lorsqu'elle épousa le chevalier desObizzi, il lui exprima son désespoir dans un sonnet que toutes les personnes éclairées d'Italie surent par cœur. Il composa ensuite deux |)oëmes, le VUmdani, oublié complètement, et VAmadis, Lfî sujet lui était fourni \)ur la mode , et par les éloges prodigués à VAmadis que l'Espagnol Montalvo avait publié soixante-dix ans auparavant. Il voulait le faire en vers libres;

(1) Entre antrcK belles cIiom*», il lui érrivail : « Ne faite» pas romine vow avez vu quelquefois faire à votre Torqiialo, lequel, quand on lui wilëve une pomme ou tout autre fruit, jeUe à terre par dépit tous l«s autres fruits qui lui tombent sous la main ; car, pour eet enfant, vous fuyez toute espèce àt consolation et de plaisir. »

SON AttADis. 239

Mrih et les princes lui conseillèrent d'employer Toctave; , selon les préceptes d'Aristote , le soumettre âu)c lois ; mais^ ayant lu dix chants à la cour, les auditeurs se bâiller et se dispersèrent , ce qu'il attribua à la i^égula- ; il ititlroduisit trois actions dans son poême^ et l'entreloibbreux épisodes. Quand il l'eut fini^ il le soumit à de différentes personnes ; Or c'est là un moyen par lehercbe, non à profiter des conseils d^un bon juge, mais des adhésions et des éloges, achetés par des complaihaque chant de VAmadis , et ils sont au nombre de nmençait par une description du matin , et se termine autre du soir, s'il n'en avait supprimé quelques- )rès les instances de ses amis.

ime avait d'abord eu pour objet l'hotmeur et là gloire [1 et de la maison de France , qu'il faisait descendre ; pliis, atln de complaire au duc d'Urbin^ il le dédia à I, sauf à changer beaucoup de parties épisodiques !S. Le poëte n'obéissait donc pas à des inspirations im- ; tHais il suivait l'opinion des autres^ et tous ces changent disparaître la spontanéité du premier jet. Enfin Mugi^ Bernard Capeilo et Antoine Gallo furent convoqués >ar le duc pour examiner le poëme^ attendu avec une patience L'Académie de Venise pria Tauteur de lui coneësion de l'ouvrage, mais il préféra l'entreprendre pour te. Son caractère est l'élégance et la souplesse du uî lui faisait dire: Mon fils ne me surpassera jamais r. A ta vérité, il estaussi riche d'images et d'fexpfes- Ibrquato en est pûuvlre; mais, dans son œuvre, on lujours l'étude et non la nature^ l'art et non la spondèle aux préceptes de ta grammaire et de la rhètoririge et orne son style, aime iesde^riptiotis^ ressource :^é^; mais il n'intéresse jamais, et ne montre jamais ût tjlji vient de la simplicité. Bien qUë Spéron Spetè au-dessus de i'Arioste, comme Varchi préferait Girtxyis au Roland, il est très-loin de cette brillante vaines et de celte limpidité de style; on le lit d'un bout ms qu'une octave vous reste dans la mémoire^ ou vous sir de le relire.

ïrA évita les obscénités qui salisSl^nt lespoGmes che-

s ^ il ne sut pas s'affranchir des plates adulations, si

alôts. Le 12 juillet 1560, il écrivait au cardinal An-

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