SON AMADIS
toine Gallo : « J'envoie à Son Excellence deux caliiers entiers a de VÀmadis, où sont les deux temples de la Renommée et de a la Pudeur. Dans Tun je loue Fempereur Cbarlea-Quini, le roi u son fils, beaucoup de généraux illustres, tant morts que vivants, a et d'autres personnages célèbres dans Tart militaire ; dans « l'autre , je loue plusieurs princesses et dames italiennes. (( Et Dieu pardonne à TArioste , qui^ en introduisant cet abus « dans les poëmes, a obligé k Pimiter quic>onque écrira après a lui I En effets bien qu'il ait imité Virgile^ il dépassa^ en cette a partie du moins, les limites de la raison, entraîné par Tadulaa lion qui; comme aujourd'hui ^ régnait alors dans le monde. <( Virgile, toutefois^ reconnaissant qu'il en résultait de la satiété, a ne mentionne que peu de noms ; mais, pour FArioste , il se^ a complaît à la chose, et il veut en citer un si grand nombre^ a qu'il engendre l'ennui. Et cependant il est nécessaire que nous ^ (( qui venonsaprès lui , marchions sur les mêmes traces. Quant a moi; comme il faut que Je parle de certaines personnes, Si a cause de bienfaits reçus, de quelques-unes par respect, de quel* aques autres en considération de leur mérite , de plusieuirs a malgré moi..,, il me sera d^aùtant plus permis de croire qu^ii a cet égard je fatiguerai moins que TArioste. »
Maisce Charles-Quint; dont il se fait le flatteur^lui avait enle^^é le pain de ses enfants; au lieu de se livrer à une profession hc^norable ; il implorait la miséricorde de cet empereur par c3e basses adulations , et; le 8 mai de cette même année, il écriwi^ it au cardinal Gallo : a Si la magnanimité du roi catholique; a^u- « quel j'ai dédié ce poëme, n'a pas pitié de mes malheurs ; ^ ^> H en récompense de mes nombreuses fatigueS; ne restitue poi> ^t a à mes enfants Fhéritage maternel ; et néglige de réparer ■- ^ n grands dommages que j'ai éprouvés, je me trouve dans a vi^ « position déplorable. »
Quiconque comprend notre pensée sait pourquoi nous mu '■.(iplions ces détails, et ne regardera point comme superflu si uc^us disons que Bernard Tasso composa son poëme sans même savoir si son Amadis était de la Gaule ou de Galles ; c'est-à-r!àlréJ qu'il ignorait où et comment ces faits avaient pu s'accoraj>l/r; imis il lui vint un remords: « Ne serait-ce pas une fstute « vraiment digne de biarnC; une faute, non de néglif2;ence; rïi'iis a d^ignorancC; ou bien de celles (jue la Poélique d'Aristote quaa lifie d'inexcusables, si Je publiais ce poëme avec le titre d'Aa madh de Gaule, sans savoir où était ce royaume ? Ne vouiez-