‹ Histoire des Italiens, trChapitre 75 sur 176 · TRI3SIN · texte numérisé non relu

TRI3SIN

«VOUS pas que je nomme quelque port, quelque ville princi- « pale ?» Il est persuadé que c*est par erreur que Tignorant écrivain a mis Gaula au lieu de Gallia , et que l'héritier du Wne anglab s^intitule prince de Gaule à cause d'anciennes prétentions sur la France. Disposé à donner à son poëme le titre à*Amadis de France , il consulta à cet égard Jérôme Ruscelii, en le priant de prendre des informations Auprès de Tambassadeur d'Angleterre ou de toute autre personne versée dans ces matières (1).

Quelques poètes se hasardèrent à chanter les faits contemporains, comme François Mantovano dans le Lautrec, Leggiadro des Gallani dans la Guerre de Ferrare , Olivier de Vicence dans ^'Alkmagne ou la ligue de Smalkalde ; mais on ne lit plus que ies décennales de Machiavel, à cause du nom de Fauteur.

LeVicentin Jean-George Trissino , d'un esprit très-cultivé, «^indigna de voir tout dégénérer en bouffonneries, sur la scène comme dans l'épopée ; dans la pensée d'opposer à cette manie des sujets sérieux et patriotiques^ il composa V Italie délivrée^ ^jetmalheureux, parce que l'Italie ne gagna rien à être délivrée par les Goths. L'intérêt manque donc^ comme les héros, puisque les expéditions d'Afrique furent la source de la renommée de Héiisaire , et que Justinien s'illustra par la publication des lois. Néanmoins il devait exciter la curiosité, soit par les vers libres qu'il essayait le premier (2), soit par sa nouvelle orthographe ; noaisla veine poétique était chez lui trop pauvre, outre qu'il voulait transporter la simplicité grecque au milieu d'un siècle tout pompeux, dans une langue d'une nature bien différente. Sans parler de sa froideur insupportable, il manque toujours d'invention et de sensibiUté; ignorant les convenances du style, il mêle à. des discours de héros des phrases prosaïques et vulgaires ; il prête à Junon un langage de marchande, et l'on ne s'exprime pas autrement dans la Sophonishe que dans les Simillimù Comme tous les versificateurs d'alors, il espérait l'immortalité (3) ; puis,

(1) Voir sa lettre du 4. mai à Jérôme Ruscelli.

(2) Et non Rucellaï, lequel, dans la dédicace des Abeilles , lui (cril « Vous êtes le premier qui ayez employé cette manière d'écrire en vers maternels , affi^nchis de la rime. M

(^) lo son pur giunto al desiato fine

Del faticoso e lungo mio pocma,

^ Gtae fatto è tal cbe non avrè piii tema

Di tempo e guerre, o d'altre empie ruine :

1 c Ï*«T. DES ITAL. — T. VIII. '

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