BERNI
voyant qii^on laissait dans l'oubli sa prose mesurée; il attribua cette indifférence à ce qu'il n'avait pas encore chanté les folies chevaleresques (1) ; mais, en réalité, il dut s'apercevoir que (pour employer sa phrase) mugisfro Aristotele ac Homero duce, on peut faire une très-pauvre épopée.
L'insuccès de cette tentative te détourna plus que jamais des sujets sérieux/ et il s'en tint aux compositions légères et bouffonnes; il écrivait donc à Denys Atanagi : a Les stoïciens et les « Gâtons sont très-rares de nos jours. Au contraire, si jamais il a fut une époque où Ton aima le rire, soit qiie Tennai ait aug- (( mente, ou que la nature soit devenue plus tendre, ou bien par a tout autre motif, il paraît que c^est vraiment la nôtre (2). b
François Berni de Lamporecchio donna son nom à la poésie burlesque [hernesca), qui s^était néanmoins produite longtemps avant lui. Il fut au service du cardinal Bibiena, qui ne tui fit jamais ni bien ni mal, puis du dataire Ghiberti, par lequel il foi envoyé pour faire des quittances^ et devenir h régisxeur ine abbaye. Il se dépeint lui-même comme un joyenx compagnon; aimant surtout le far niente (3) et les facéties. Toujours amoureux, il est modérément libertin, bien qu'il touche parfois aux misères courantes ; tantôt il s'apitoie sur le sort des courtisaos, sortis des mains des Médicis pour tomber dans celles des Allemands, des Espagnols et d^Adrien, ce pape avare (4); tantôt il
Ai^i 4i Pi>i chQ ai natura) conane Giungerà Talma, e dopo l'ora estrema, De a quai tanio ognun paventa e tréma, Spero aver laudi ancor quaHi divine.
(1) Sia malade tta l*ora il giorno, quando
Presi la penna, e non cantai d'Orlando.
(V) Dans la dédicacti des Lettres facétieuses et plaisantes de divers ([randt hommes et esprits célèbres; Veiiise, 1505.
(S) Vivcva allegramcntc
Ne oiai troppo penso»o o tristo stava. . . Era faceto, e capitoli a iriente D'orinali e d'an^^uillc recitava. .
Onde il suo sommo benc era il giacere Nudo, lungo ditteso ; e il suc dileito Xx'd 000 Ov mai nuUa e starbi a letto.
(û) 0 poveri infclici cortigiani,
Ûscili dalle inan de' Fiorentini K dati in preda a Tedesclii e marrani ; CliL' credete ctie importin quegli uncini Che porta per imprera quest'ArloUo, Figliol d'un cimador di pannilini ?
^im oooire le duc Alexau^re et ooaire quiccmque )e fa- 1), On assure n)(^me que, soilicité par ce duc d'empQJlû cardinal Hippolyte, il perdit Ift vie pour avoir refusé. paresse ressort de ses cpippositions faites san^ travail^ iquelles il montre un certain courage timide, accompagné tipage et de mauvais ton ; mais si on le Ut pour rire, on ve pas dans ^es œuvres plus de gaieté que dans celles de ip de ses contemporains, et sa finesse consiste moins Û*ait que dans Texpression, qu'il devait h sa li^pgue ma- (3). Grâce à son indolence, au }ieu d'imaginer ni^ ppëu^ 11, il entreprit de refondre le fiolmd amour ftm de Bpjardp ; 'expression naïve et propre, il substitue le tern^ général, ire à rindépendance d^une pâture vive et riche la fojrme I, 0^igée par une société plus r^fgnée ou moins sponta- ^npu)ins, ^ai^s rien créer, il fit oublier son prédécesseur^ jgr^f)d^ Ti^^portance du style !
êPiMi fur^pt \^ forn^e ordinaire de$ imitateurs d^ Çerpi^ r^doxe^ le fond ; pQ.ur choisir entre mille^ nQui$ pit^rons àuro des seigneurs d'Ariano, dans le Fripul;, appartenant amie des Vignaiuoli (vignerons), qui se réunissait di^p^la de ][}ubert Strozzi ; il fut Tami et le rival de l^erpj^ aux poé- |uel les siennes sont souvent réunies. Jjs PérQHSJn Cés^r i, apQ d'échapper au fléau comrpgq, versifia up Voyage fuissis jBt une vie de Mécène^ dont )e premier sei^vjj; de à Boccasini, et Pautre ^ Passeroni ; on y }^*ouve des épiontii)uels, un ipélange de bonhomie et de malice, de hé- )dernies et de faits anciens. Arrighi, dans la Gémte, ne iutre muse que la folie : Vienne Iq. sublima FoliÇy dçitce ible; car elle sera toujours ma boussole, Grassini lui la Nanea, dans laquelle les géants, vainqueurs des di^ux, incus piar les nains. Quels tefpps ppur se livrer à djB frilajsanteries ! Et pourtant, comme si l'idiome maternel pe pas ^ux railleries, on inventa, outre le langage mf^a-
En.pio signor, cbe detla roba altrut
l^ieto ti Tai godent e de) sudore,
Venir ti possa un canchero nel core
Cbe ti porti di peso a* regni bui.
E venir possa un cunchero a colui
Che di queila città li fe signore ;
E i^egli è altri che te dia fi^?ore
Pos$a venir un c^nç^ero ^qche ^ lui.
Corne m'insegna la natnra e mostra Cosi scrivo senz'arte, e cosi parlo.