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LES TURCS APPELÉS £5 FRANCE

contre rAutriche. Il ne reste plus aucun doute sur ces manèges du roi très-chrétien (i): Talliance fut dissimulée d abord, mais il la manifesta quand les impériaux assaillirent Marseille^ et la Méditerranée porta sur ses Ilots les galères de Barberousse pavoisées de ces lis d'or que saint Louis avait déployés contre les musulmans. Or, pour donner la mesure de ces barbares que François I*** attirait au cœur de l'Europe^ il suffit de savoir que ce roi^ obligé de leur ouvrir le port de Toulon , fit sortir de la ville tous les habitants et dévaster les environs, afin que la belle Provence ne les tentât point.

Soliman avait pour ministre Ibrahim de Parga , né sujet vénitien^ et favorable à ses compatriotes au point d'amener son maître à renouveler avec la république des traités de commerce libre et garanti ; mais des navires turcs et vénitiens s'étant ren* contrés^ le salut et les signaux firent naître un conflit^ et, par 1557 suite^ amenèrent quelques engagements. Venise eut beau envoyer des excuses^ punir^ descendre aux humiliations qui encouragent l'insulte, Soliman dirigea sur Corfou les troupes qu'il avait préparées contre Naples; mais elles ne purent s'emparer que d'îlots de la république ou de quelques Vénitiens.

Charles-Quint profita de ces diverses tentatives pour combiner une ligue entre Venise^ l'empereur d'Allemagne et Paul III; la guerre devait être poursuivie jusqu'à ce que les Turcs fussent expulsés de l'Europe. Les confédérés se partageaient déjà l'empire : à Cbarles-Quint^ Gonstantinople et le titre impérial ; à Venise^ ses anciennes possessions avec la Vallona et Castelnuovo de

(1) Voir Négociations de la France dans le Levant, 1S54, recueillies par Charrière. Soliman avait concerté d'assaillir Otrante ; mais, arrivé en vue de la ville, et ne trouvant pas dans ces parages la flotte française, il s*en retourna.

Michelety dans le livre qu'il a publié avec le titre de Réjorme, livre mêlé de profond et de superficiel, dogmatique à force de doute, et revêtu d'un style tout de surprises, accuse de cette négligence les personnes qui favorisaient à la cour le pape contre les Turcs et Thérésie. Après s'être demandé si l'occupation du royaume de Naples par les Turcs eût été un mal, il répond que non, parce que les conquérants, comme dans la Chine, auraient été civilisés par les vaincus, et les Turcs seraient devenus Européens. Néanmoins cela n'est pas arrivé dans la Grèce» et après une occupation de quatre cents ans ; mais le professeur de Paris est aveuglé par son désir de voir le catholicisme abattu.

En vertu d'un aub-e princi|>e, la légalité, l'Italien Giannone justiGe les courses continuelles et les conquêtes des Turcs en Italie ; en effet , dit*il , ce peuple ayant conquis Gonstantinople, il devenait l'héritier légitime de l'empire oriental, et, par suite, des droits de cet empire sur l'Italie méridionale I !

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