‹ Histoire des Italiens, trChapitre 9 sur 176 · LIGUE CONTRE LES TURCS · texte numérisé non relu

LIGUE CONTRE LES TURCS

Dalmatie; aux chevaliers, Rhodes (1). Venise, après s'être procuré de Targent par tous les moyens, arma une grosse flotte; mais le pape ne voulut pas lui permettre d'imposer la dime sur les biens du clergé jusqu^à la somme d'un million de sequins (2) ; l'Espagne soulevait des difficultés à l'occasion des approvisionnements qui devaient être faits dans la Fouille, et mit du retard à envoyer les navires commandés par Doria.

Le commandement général de Texpédition appartenait à cet. amiral; peu bienveillant à Tégard de Venise comme Génois, accablant de ses hauteurs Vincent Capello, général des Vénitiens, et le patriarche Marc Grimani , général des galères pontificales, il laissa échapper les occasions de détruire Barberousse, déjà battu à Lépante par Capello; bien plus, il se retira, et les Vénitiens se trouvèrent seuls pour défendre Tile principale de la mer Ionienne, et soutenir une guerre suscitée par les vaniteuses clameurs de la ligue. Dans la persuasion qu'ils étaient trahis, soit parûoria, soit par son maître, et voyant Barberousse et Soliman rassembler de nouvelles forces pour les assaillir à Candie et dans le Frioul, ils entamèrent des négociations avec la Porte,

Antoine Rincon, banni espagnol, ambassadeur de France, trahissait la république afin de seconder la bienveillance de François l«f pour Soliman ; on prétend même que, non content d'exciter le Grand Turc, il ^informait que les instructions secrètes données par les Dix à Alvise Badoero l'autorisaient à céder Malvoisie et Napoli de Morée. Soliman s'obstinait donc à les vouloir, et l'ambassadeur, qui niait que ses pouvoirs allassent jusqu'à cette concession, fut traité par lui de menteur. 11 fallut donc se résigner, et la paix fut convenue moyennant 300,000 ducats ^^^^ payés par Venise, outre la cession de toute la Morée, de Nadinao et de Laurona sur les côtes de Dalmatie, de Scyros, Pathmos, Égine, Néa, Stampalie, Parcs et Antiparos, Désespérés de se voir livrés aux Turcs, les chrétiens de ces pays émigrèrent en foule.

(i) L'église de Saint-Jean dans celle île, à ce qu*on préleAd, aurait été bâlie "'après les plans du Florentin Arnolf, et tous les grands maîtres de Tordre Tauraient ensuite continuée. Quant à nous, nous avons trouvé remarquable le tombeau de Fabrice del Caretto, urèis instaurator et ad pubiicam utilitatem per ^^ptennium rector, mort en 1521.

P) On aurait voulu prélever la dime de tous les produits pendant cinq ans; ^6 pai>e offrait à la place 1 million de ducats d'or. Cette dîme devait s'élever au mobs à 200,000 ducats, c'est-à-dire que le revenu annuel du clergé dépassait * lûillions de ducats. Possession immense I

ht ffUÊfle de Venise ne pouvait se consola d'an traité si ruioem. Il accusa de tn^isaa Badoero et Rincon, qu'on vexor plaça; ses complices furent eiwoyés au supplice. Peut-être n*; avait-il ià que l'ordinaire explosion du courroux du peuple, qiu demande une victime dans toute disgr&ce.

François I*% peu de lemps après, envoyait^ pour affermir son alliance avec la Turquie et concerter de nouvelles attaques contre i5Ai l'empereur» deux messagers, qui étaient le susdit Rincon et César Frégose, réfugié génois ( 1) . Ils revenaient avec de riches présenta, lorsque les impériaux les arrêtèrent sur le Pô et les firent périr, ditroa, après leur avoir infligé de longues tortures, dans le char teau de Milan. Les lettres trouvées sur eux révélèrent Les projets de Soliman ; et CharleM>uint désira plus ()ue jamais diriger contre Alger Texpédition qu'il méditait depuis longtemps.

Les piru4;es musulmans avaient fait de cette ville sur la cAte de Biu*barie le centre de leurs opérations^ et la Méditerranée n'olfrait plus de sécurité s'ils n'étaient pas expulsés de cette retraite. L'entreprise néanmoins présentait de grands obstacles, et Charles- Quint, qui les counaissoit, fit ses préparatifs avec un soin particulier. Il appela des marins de Tltaiie et de L'Espagne, des galères de Gênes, de Noples, de Venise, et réunit en Sardaigue vingt mille bonmies d'infanterie avec deux mille cavaliers espagnols , allemands , italiens , la plupart vétérans. Dans cette armée se trouvaient Femanii Cortès ( le conquérant du Mexique et de lu Californie), Pierre de Tolède, Ferrant Goiizague, Etienne Colonnu, le marquis Spinola et le duc d'Albe. U y avait encore cent chevaliers de Malte avec mille soldats, un grand nombre de femmes espagnoles , deux cents vaisseaux de guerre, trois cents navires de charge, soixante-dix galères.

Comme ou allait entrer dons le mois d'octobre, Doria répétait ({ue la saison était contraire à l'entreprise ; mais il ne fut point écouté. Le ciel se couvre tout à coup de nuages, et la tempête la plus terrible que Doria eût vue depuis cinquante ans, engloutit une portion de la flotte et fait subir au reste des avaries cousi-

(l) i\c Génois, aulroi'ois gi-néraldrs Vénitien», avait un t^hùteau près irA^^eu, en France; lui et sa temme sont conibiés d'ûlogtîs par MuUiicu Uaude llo , i^iii, ayant eu sa maison à Milau bnUée pai- les Espatjnols, s'était réfugié en France. Après la mort de César» le roi Henri donna à Uaudeilo révéché d* Aj^eu , en réservant la moitié des revoiui pour Hector Frégoae, ûlt du défunt

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