‹ Histoire des Italiens, trChapitre 80 sur 176 · TRAGEDIES · texte numérisé non relu

TRAGEDIES

itervalles, mais représente la partie morale. Le tiéroïne^ que persomie n'avait traité avant lui, ;e convenable de réalité et d'idéal; mais les couet uniformes, les épanchements d'une douleur tipliés^ outre que la simplicité grecque est portée gue nulle^ et que le style manque de vigueur. La hresie de Rucellaï, VAntigone de Louis Alamanni, telliysont de pauvres calques des anciens^ d'après tels on voulait justifier les narrations prolixes, le la triviale moralité des chœurs; puis les tragédies quand on eut adopté l'usage d'en représenter à ices. La meilleure de ce siècle^ bien qu'elle ne ni imprimée, à pe que je crois, est YOrazia de er exemple des drames historiques avec une rand spectacle, qui formèrent ensuite la gloire

3 des sentiments tendres^ on passa très-vite à celle 18 la Canace de Speron Speroni, la protagoniste ne un instant avant d'accoucher^ afin de consulter les moyens de cacher le fruit de l'enfantement; nde deux jumeaux qui, par Tordre de son père^ [liens (1).

e du Ferrarais Cintio Giraldi^ la reine et sa fille lin^ pendant un acte entier^ deux crânes qu'elles X du fils et du mari. Un inceste^ un parricide^ un [ues autres meurtres secondaires remplissent son

i va de pair avec cette tragédie; dans cette œuvre^ ), l'ami des meilleurs écrivains d'alors, et loué e par Torquato Tasso, on voit un mélange d'atroles et de peintures voluptueuses^ avec des cadaoiis en lambeaux. Dans la Sémiramis, le Césénate i met l'inceste sur la scène. Le moine FuUgni s les tortures infligées à Bragadino par les Turcs; résentation de ces atrocités révèle Thabitude de vie^ et la fomentait, eurent donc les premiers un théâtre régulier,

nscrite, elle fut critiquée et défendue chaleureusement; il l discussions qui amenèrent des attaques et des ripostes

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mais rien de national etde spontané^ puisque leur admiration poui les œuvres de J'aatiquité ne leur permettait pas d'ouvrir denouvciles lois avec leurs propres forces. Le modèle même cboiii pir eux était mauvais; Sénèque, ce modèle^ n'exerce SOQ style diftu ({ue sur des intrigues romanesques. Ludovic Dolce revint ven t'.uripide^ mais avec une simplicité dénuée d'art et d'intérêt. La tragédie a besoin du peuple, et le peuple restait exela de h littérature comme de la politique; en effets dans les œuvres dramatiques, on sentait de plus en plus le défaut endémique de la littérature d'alors, c'est-à-dire l'absence du peuple.

La comédie^ qui devrait avant tout retracer le tableau de b vie présente^ on la faisait servir à imiter les quelques pièces latines du même genre^ lesquelles sont une imitation de celleades Grecs. C'est de là que les auteurs tiraient les caractères, Tni" trigue et les accidents, outre cette inévitable catastrophe des reconnaissances; ils y ajoutaient l'excitant de nouvelles ifflmoralités qui roulaient toutes sur une intrigue libidineuse, et mettaient lés obscénités sous les yeux ou les faisaient entendre an oreilles. L^entremetteuse est un personnage obligé^ comme le chevalier d'industrie^ le niais, le bargel : c'est toujours l'avare qui> après avoir caché son trésor, revient sur ses pas quand il e«t sorti, pour s'assurer si la porte est fermée; des amis qui s'aecasent de s'être trompés l^un l'autre; des frères qui se ressemblent; de pauvres filles dont les pères sont des seigneurs^ qu'on finit par découvrir ; des amants qui s'enferment dans des caisses pour s'introduire, et que la douane séquestre ; des vieilles qui regrettent l'âge où l'on pouvait pécher. Ces caractères généraux, et, comme tels, sans intérêt ni vérité , étaient rattachés au sujet par le moyen de caractères particuliers : tantôt le 8iennoi«» prototype de l'imbécile , se rend à Home pi>ur devenir wtf" dinal , et lorsqu'il apprend qu'il faut d'abord se faire courtisan, il cherche le moule qui sert à former les courtisans, comme dans la Courtisane de l'Arétin; tantôt on dépeint les vioeade Ferrare, ce qui soulève l'indignation des magistrats, comme dans les EvfanU supposés de l'Arioste; tantôt, c'est le sacristain de Saint-Piorre ou le gardien d'Ara- Cœli qui débite des miracle^ ou bien dos femmes effrayées à l'approche des Turcs; parfois des coupe-jarrets espagnols mettent en fuite les armées ave^ leur ombre ou l'éclat de leur écu, et pourtant la peur leur fa| abandonner le manteau ou la cape; d'autres fois^ c'est leji^ expulsé d'Espagne qui vient spéculer sur les secrets de l'alcb^

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mie et faire des dupes; plus souvent^ on met en scène les moines qui vendent pour cent écus l'absolution au voleur, lequel hésite entre sa bourse^ sa conscience et le bon sens^ ou qui disent aux oommères le nombre des jours qu'une âme doit rester dans le purgatoire, et combien il faut pour la racheter. Cn y voit ft'équemment \e$ masques, caricatures des personnages et volonlaiies eiagérations.

La premiève comédie parmi les modernes, étrangères ou ita- Benaes, e»t la Caiandre, du cardinal fiibiena, jouée à Venise Bnl5i3*(4), calquée sur les Méneehmes, pétillante de vives nilKes^ remplie de dictons et d'obscénités. Les Slraceioni de Qivo, la TWiMijzta et les Lucidi de Piruenzola, rachètent les défauts ordinaires par le talent dos auteurs et le dialogue d'un charme incomparable. Qui mieux que PArioste, peintre admirable de mœurs dans son poème, pouvait devenir un auteur co- Diique distinguée Mais bien qu*il enrichisse les sujets, empruntés à Haute et à Térence, de détails gracieux, d'un style vif et facile, il les dépare par ses fréquentes lubricités et parle ver&sdruccioh. hk Mandragore de Machiavel prouve qu'on aurait pu former un Aéàtre national en abandonnant les traces des anciens.

Qecchi et le cordonnier Gelli sont loués pour leur naturel et tar atticisme; Parabosco, surtout Hercule Bentivoglio et François d'Ambra, au milieu des intrigues qui en forment le fond, déploient souvent un style vif et gracieux. L'Arétin brille autant ptr la finesse qu^l manque de goût. Lasca connaissait les défauts des eemédies, « toutes neuves de vieille étoffe^ comme la jupe de madame Sylvestre; » il censure les intermèdes à grand spec- Me, les longs discours, les soliloques, les reconnaissances invnisemblables ; il voudrait que la comédie fût « l'image de la ^té, l'exemple des mœurs, le miroir de la vie. » Il ose rappeler que a Aristote et Horace virent leurs temps : les nôtres sort différents ; nous avons d'autres mœurs, une autre religion, ^ autre manière de vivre, et les comécfies doivent être faites dWe autre manière. A Florence^ on ne vit pas comme autrefeii on vivait à Athènes et à Rome; nous n'avons pas d'esclaves, ^ fils adoptifs nous sont inconnus, et les jeunes ûUes ne se tendent pas parmi nous. Les soldats de nos jours^ dans les sacs des cités et des châteaux, n'enlèvent plus les jeunes filles au t'^i^(iea^ , et^ ^rès les avoir élevées comme étant leur progéni-

0) Non en 1508, comme le dit Tirabaschi.

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ture^ ils ne font pas leur dot , mais ils s^occupent de voler tout ce qu'ils peuvent (1). » Toutefois, à Tœuvre^ il ne fait pasnûem que les autres^ et tombe dans les mêmes défauts, bien quil retrace parfois les mœurs italiennes^ surtout en m^dant lei bigotes. '

Ange Beolco, dit le Plaisant de Padaue, apprit si bien lai manières de ses concitoyens^ qu'il ressemblait à Tun d'eux qoaad il voulait rimiter; lorsqu'il sortait masqué^ on faisait foule autour de lui pour rire de ses facéties. Il forma une compagnie de jeunes gens de Padoue avec lesquels il jouait des comédiei; outre le padouan, il introduisit sur la scène divers dialectes, et c'est à lui qu'on attribue les personnages de Pantalon, d'Arlequin^ du Docteur.

Antoine Molin^ surnommé le Burchiello^ revenu du Levant i Venise^ sa patrie^ en 1560^ commença à faire descomédieaok Ton entendait différents dialectes , le bergamasque^ Pesclavon et le grec; il attirait une si grande foule que la salle ne pouvait It contenir (2). André Calmo, de Venise, fils de pécheur et pécheur lui-môme, représentait merveilleusement le personnage de Pantalon; il écrivait en dialecte materael des lettres bizarrai; relevées par des mots piquants qui nous paraissent fades aujom^ d'hui. François Cherrea, qui s'était enfui de Rome au pillage, introduisait alors à Venise la comédie à sujet.

Jean-George Arione publia dans le dialecte d^Asti dix farces pleines d'obscénités et de traits contre les moines, pour lesquels il fut longtemps emprisonné, puis remis en liberté sous la condition qu'il les corrigerait. On introduisit môme des langues étrangères, parlées grossièrement; dans Y Amour constant d'Alexandre Piccolomini, représenté à Sienne en 1536, au passage de Charles-Quint, il y a de ^allemand, de Tcspagnol, du napolitain et du siennois, outre quelque imitation du style de Boccace. Bien plus, les mètres étaient variés, les chants et la danse entremêlés, les personna{Jes illimités, et Ton ne mesurait pas la durée; en un mot, il y avait de la liberté. Bientôt les comédies à sujet ne laissèrent plus aux auteurs la peine de composer, et aux spectateurs la possibilité de critiquer. Néanmoins, les comiques improvisateurs mirent eux-mêmes de l'art et de Fensemble dans le

(1) Voir principalement le prologue de la Sorcière, qui eil récité par kl*'*' logue et TArgurnent.

(2) Sakkovino, liv. X, p. 450.

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3 leurs pièces. Flaminio Scala,le premier qui fit jimprimer levas de comédies, ingénieux et féconds, parvint à une I renommée; secondé par des acteurs spirituels et obscè-

surpassa tous les contemporains. Les arlequins et les }ns acquéraient une réputation européenne; Tempereur s conféra la noblesse à l'arlequin Cecchino, ce qui prouve s compositions devaient aux gestes une grande partie de \ccès{i).

e est précisément la cause pour laquelle des comédies uées, amusaient tant le public, nous paraissent froides et Tes. Dans toutes, le ridicule chatouille les sens au lieu er rintelligence par la finesse des bons mots, qui sont aui jugements. Cette arbitraire plaisanterie de personnages vention manifeste trop le dessein de provoquer le rire, un ut de sens et de fantaisie, non de raison, non fondé sur ânture évidente de la vie, sur Topposition des caractères sentiments. Ces comédies semblent éviter à dessein les si- [I8 pathétiques, amenées par le sujet même, et préfèrent ta l'action; elles détruisent TefFet de la satire à force de Mev et de l'exagérer; flottant entre l'ennui et la luxure, l'offrent pas une scène, une situation, un caractère qu'on

imiter, ou qui retracent les mœurs d'alors. L'Europe, ce- Qt, n'avait rien qui les égalât, et les plus célèbres auteurs ues, Molière surtout, leur firent de nombreux emprunts (2). s le théâtre italien reste très-loin, soit de l'originalité este qui, dès qu'elle s'est proposé un but , un sentiment, un ) développe sous tous les aspects possibles, quel que soit le 1 employé ; soit de la régularité française, qui donne raie chaque pas, qui brouille les amoureux pour le seul plailes raccommoder; soit de la grandeur anglaise, qui prél'homme avec ses vertus et ses vices vrais, alie se distingua davantage dans la musique; cette expresie Tordre dans le temps rivalisa de gloire avec la sculpture peinture^ expressions de l'ordre dans l'espace. Comme ces

Pinni ces pantomimes, nous deTons rappeler la famille Grimaldi^ qui uplanta] en Angleterre , et de laquelle est sorti le fameux clown Joseph idi, mort en 1837, et qui écrivit ses Mémoires, dont la publicité fut aidée spirituel Dickens.

Molière copia beaucoup du Candellajo de Jean Bruno , de VJssiuolo de ^Me Cecchi, des Supposai dftJ'Arioste, de V Emilie de Louis Grotlo, de la izia de Flrenzuola*

BUT. DES fTÂL. — T. Vm. P

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dernières^ ^le fit son éducation dana k» templea ; maif le leiitf ment musical était même particulier au peuple, et les Italien inventèrent les intomte (espèce de cbant)^ les ballata (diamom h, danser)^ les maggiolate (chants sur le retour du mois de mai}, les chants carmmlesques et autres mélodies populaires doot i ne serait pas facile de deviner la nature, puisque ce qui nom m reste est fait en contre-point. Dans ces compositions, on suiviit les règles de la musique sacrée, mais avec plus de liberté, n qui amena des améliorations adoptées ensuite par cette dernière.

En 1374, Marchetti de Padoue, dans le Lueidarium atiUm sicx et la Musica tnenmrabiliê, parla le premier du dièse aeel* dentel, du contre-point chromatique, de la préparation et de la résolution des accords dissonants, de Tharmonle et du tempénment, travail qui fit disparaître les erreurs les plus gros^èrai. Les notes, même après Gui d'Àrezzo, restaient fort imparfaites; car on marquait les degrés d^intonation, mais non les dlflénaces de durée* Enfin le Parisien Jean Mûris, qui nota diveraamMl les maximes, les longues, les brèves, les semi4)rève8, les ndflimes, commença pour ainsi dire Tbarmonie moderne. La diMO* nance même 8*introduisit, mais timidement et comme retard d'une consonnance; dans les harmonies du quatorzième sièete; on trouve des accords de quarte et de quinte, de tierce et de5e|H tième, même de tierce et de neuvième; puis apparut le cmitre* point double, qui devint une harmonie à quatre parties, lorsque les intervalles du contre-point furent condensés en accords.

La musique, dans le quinzième siècle, suivit une marche pins régulière. Franchino Gaffurio, de Lodi, maître de chapelle à Milan, s^étant procuré des copies et une traduction des traités de musique ancienne, se perdit en recherches sur la tonalité d'as* trefois, qui ne se trouvait plus en rapport avec les besoins du temps ; mais il acquit de la renommée avec la PracUca musiesi en quatre livres (4), où il traite des principes et de la constitation des tons dans le plain-chant, avec diverses intonations d'après le rite ambrosien; puis il s'occupe du contre-point, deb proportion des notes et des temps.

Les Flamands étaient considérés comme des maîtres et appelés même en Italie, où Ton faisait grand cas des madrigaux français. La chapelle papale se composait surtout d'Espagnols. Ba^

(1) Milan, 1490. C'est le premier livre où l'on ait imprimé d£0 notfllIBS^ cales avec des caractères en bois.

Kusions. MO

lamos Pereira^ de Salamanque, invité par Nicolas Y à ^fesser la musique à l'université de Bologne, démontra nce du système de Gui d'Arezzo, et proposa un tem- . qui^ bien que combattu par Gaffurio et d'autres, Ait e même Gaffurio et les Flamands Bernard Hycart^ Jean uillaume Guamier^ appelés parle roi Ferdinand^ fondè- ^ples une académie ^ d'où sortirent les maîtres les plus

o employait déjà la maxime ^ la longue , la brève^ la m, la minime ; au commencement du seizième siède^ 3 la noire^ la croche et la triple croche. Henri Isaac^ aée 4475, notait à Florence les chants carnavalesques à ize et même quinze voix. La musique instrumentale et furent à cette époque une véritable passion ; pour enntoine des Organi, organiste florentin^ on venait d'Anît du Nord (i). Léonard de Vinci fut appelé à la cour de ur jouer d'un instrument; Benvenuto Gellini se glorifie abileté sur le luth autant que de son burin ; les princes s s'exerçaient à jouer d'un instrument de musique. e Mei traita de la musique ancienne et moderne et des nais beaucoup d'ouvrages anciens étaient inconnus, et mal interprétés. Joseph Zariino, deChioggia, estconsiur les institutions et les démonstrations harmoniques, e restaurateur de la musique. Vincent Galilée, père de a beaucoup d'érudition et de bonnes réflexions dans le et d'autres dialogues sur la musique. Une controverse st s'étant élevée entre don Nicolas, de Vicence, et Vinitania^ tous les doctes intervinrent^ et la question fut ms la chapelle papale. Le premier soutenait que la muecque n'était qu'une confusion des genres chromatique, ue et enharmonique; l'autre, qu'elle ne comprenait que Âque, et il remporta la palme.

lœurs et les intermèdes des comédies et des tragédies [es madrigaux à plusieurs voix. La compagnie des Rossi, 5, en mêlait souvent à ses représentations , et c'était un âge appelé l'Orphée qui les chantait. Les Philharmoni- Vérone, institués par Albert Lavezzola pour Taméliorala musique, étaient obligés^ à certaines époques, de sorte lyre pour amuser la ville.

tUStOPBX Laicdhio, dans le commentaire de Dante.

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