‹ Histoire des Italiens, trChapitre 89 sur 176 · SON EFFRONTERIE · texte numérisé non relu

SON EFFRONTERIE

ardente^ uniquement parce que je ne sais pas tromper, parce que Tadulation n^est pas de mon goût, parce que je fuis la débauche , parce que j'agis librement , parce que je connais les ribauds, parce que j'abhorre les ingrats, et parce que (je ne veux pas le dire par modestie, on le sait pourtant et on ne le nie pas ) je ne manque pas de croyance envers TÉglise, après des offenses si maures et si turques ; ce dont font foi les livres que j^ai écrits sur Jésus-Christ et les saints. Quoi qu'il en soit, il est certain que je suis connu du Sophi, des Indiens et du monde entier, à Pégal de quiconque dont le nom retentit aujourd'hui dans la bouche de la renommée. Bien plus, les princes qui reçoivent les tributs des peuples sont continuellement mes tributaires, à moi, leur esclave et leur fléau. Je ne cite pas la force de ce miracle incroyable par orgueil ou par vanterie ; mais j*en parle pour me confesser à moi-même l'obligation que j'ai à Dieu, qui m'a fait tel (1). »

Tarde-t-on à lui donner, il menace de mettre le Christ dans les aams des Turcs : « En attendant, je commence à mettre la plume dans tout le légendaire des saints, et aussitôt que je l'aurai composé, je vous jure ( dans le cas où on ne me donnerait pas de quoi vivre ) de le dédier au Sultan, en faisant Tépître d'une manière si neuve que le monde en sera dans la stupeur pour les siècles à venir; car elle sera chrétienne au point de pouvoir l'amener à laisser la mosquée pour l'église. » Les cadeaux qu'on lui fait sont-ils mesquins , il les refuse : Je lui ai renvoyé ses dix ducats , et l'ai prié de daigner, en reprenant son aident, me rendre les louanges qu'il a reçues de moi; car il ne me semble pas convenable d'honorer quiconque me flétrit, et ce serait m'avilir que d'accepter un don fait pour des mendiants plutôt que pour des hommes de talent. U est certain que ceux qui achètent la renommée doivent être largement généreux, en donnant, non selon leur bon plaisir, mais comme Te requiert la condition de celui qui leur dé- ' cerne de la gloire; car les pauvres plumes ont fort à faire ^ pour soulever un homme soudé à la terre par le plomb de tout f démérite. »

U écrivait à François 1er : « Abstenez-vous du moins de pro- » mettre aux gens de talent, afin que, après s'être consumés en ^ espérance, ils n'aient pas à mordre votre réputation. Ne sali) Â ErsiUa del Monle, nièce de Jules lU.

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