DÉVOTION ET DÉPRAVATION
glises, vivant ^abstinences, priant sans cesse et suivant les oficesau moyen d'une ouverture qui donnait sur Féglîse, ouverure par laquelle elles recevaient encore les sacrements et les mnâoes (1).
Qui ne se rappelle les merveilleux effets produits par frère iaTonarola? Il s'était opposé de toutes ses forces à la recrudesme du paganisme, qui bouleversa non-seulement les idées de ittdeur^ mais celles de justice, puisque Timmoralité se montra 4Hladeusement dans les mœurs, dans les actions, dans les li- Wif Les prélats, foulant aux pieds toute honte, tout respect iniQiin, gardaient près d'eux leurs enfants. Les cours des printt.étaient peuplée^ de com>tisans, engeance qui, comme disait dexandre Allegri, avise aux coupes et atteint les épées, baise tmord en même temps, rit et écorche; » on disait encore proei;bialement qu'ils servaient de bouffons dans leur bas âge, de eauDes dans leur enfance , de maris dans leur adolescence , de ompagnona dans leur jeunesse, de proxénètes dans leur vieil- Mse, de diables dans leur décrépitude.
Les liens de famille relâchés, la bienveillance étoufTée par la éBexion^rhomme était employé comme instrument, même dans 'aiQour. En 1534, la commune de Lucques témoignait une grande (dlicitude pour les prostituées, se plaignant que la ville, à cause «^outrages qu'elles avaient subis, n'en était pas pourvue d'utï Whra suffisant (2) ; elle les favorisait de nombreux privilèges, tleor accordait même le titre si recherché de citoyennes origiyufea.AVenîse,t)n en comptait onze mille six cent cinquante (3), Vfia que la dépravation, favorisée par les gondoles, eût encore à ÇQ service les beaux esclaves; puis on voyait se multiplier les Bpt^ et les péchés contre nature ; les cloîtres avaient une réputaùm^testaUe, et le panégyriste du doge, André Contarini, lui ^t un. mérite d'avoir résisté aux tentations des religieuses (4).
' Eq souvenir d^Aspasie, qu'Athènes avait idolâtrée, les courti- »sttK$s étaient honorées. A Rome , Impéria fut <( aimée sans fin
(1) KomrBtXI, Del costume veneziano.
P) (^uod eamsatur quod in ipsa nostra ciçitate ipsœ muUeres in ea slare non P*^*ffiàt iiben^ /nvut dicens et conveniens est in eivitate libéra prout est nostra, ^f<fo fjrocedU quod vitium sodomiticum m ea radicaturet nimis incrementi sus- ^l^^oe etiam ex defectu ipsarum mulierum muUas rixœ finnt et scanda/a com^ "^thôitur.,.
t^i FlLIASI, Memorie storiche, t. III, p. 263.
(♦) Oaluciolu, Memorie venete, t. i, p. 254, 262, 336; U m, p. 269, 2'2, etc.
816 C0U&ÏISAIIE9.
par des hommes illustres et riches, 0 par Sadolél^ Camptri Colocci ; sa demeure était tout à la fois le rendez-vous des amoan des bonnes manières et des lettres^ Dans une maison que k avait montée Bu falo, « il y avait entre autres choseê uitô salle une chambre ei un cabinet si pompeuseitient ornés, que ce tt'é tait partout que velours et brocarts , aveo des tapis tiîs-flnspfl terre. Dans le cabinet où elle se retirait quand elle fecévàit la tI site do quelque grand personnage^ les tentures qui eouvrâiéfl les murs étaient toutes de drap d'or^ surchargé de broderies tftti travail riche et beau. On y voyait une corniche toute réVëtuêih dorure et de bleu d'outremer^ faite admirablement, sur la^ttaft étaient de superbes vases en matières précieuses, filbfltre, p(l^ phyre serpentin et autres espèces. Autour se trouvaient plosietw coffres et bahuts richement sculptés, et tels que tous dvinei une grande valeur» On voyait au ibilieu un guéridon^ le plus béat du monde, couvert de velours vert; sur ce guéridon était t(tt jours un luth ou une cithare, avec des livres italiens et latitiâ,ri chement ornés, etc. (1). » Elle mourut à vingt-six ans en 1511 et fut ensevelie dans Téglise de Saint^régoire^ avec cette éplta phe: Jmperia^ coriisana^ qu» digna tanto nMUne^ ràtiB Mt homines forma spécimen dédit,
La TuUia d'Âragona n'eut pas moins de réputation à Vefliie elle fut courtisée par Bernard Tasso et d'autres personnages (fil tingués, que Speron Speroni fait entretenir avec elle daiM iO Dialogue d'amour. Il est inutile de répéter les infftmes célébfit' de Rosa Yanozza et de Lucrèce Borgia, que suivirent de près fa fastes de Blanche Gapello. Néanmoins on doit s'étonner qtle di femmes renommées pour leur libertinage fussent épousées p des princes ; mais ces princes, qui n'étaient refrétlés par atteti pouvoir supérieur, ni par l'autorité redoutable de Topinio!!,' croyaient tout peruiis. Nous avons déjà parlé de la Franco, d0i il nous reste une lettre curieuse, dans laquelle elle dissuade tu dame vénitienne de faire une courtisane de sa fille; je discurieto à cause des arguments qu'elle emploie^ puisqu'elle insiste si les dangers auxquels exposent la vie et les richesses (2)«
Nous lisons dans les journaux manuscrits de 8anuto, sOOS 1 date de 1497 : a II y a peu de joun don Alphonse (qui époW ensuite Lucrèce Borgia) fit dam Ferrure une chose exirii^
(1) Badkllo, part. III, no4Jv. 42.
(2) Lettres familières f ch. 41.