JARDIN D’UN TEMPLE ÉGYPTIEN
gales; ce qui peut faire croire que les essences à cime volumineuse et à feuillage épais étaient seules taillées en forme de cônes ou de pyramides.
Les grands jardins étaient ordinairement divisés en plusieurs parties ayant chacune sa destination spéciale. Il y avait, par exemple, un enclos pour les palmiers ou pour les sycomores; un autre pour la vigne; un autre pour les plantes potagères; un autre enfin pour les fleurs et les plantes d’ornement, et ce dernier n’était pas le moins étendu. Un grand nombre d’arbustes et de végétaux herbacés de petite taille y étaient élevés dans des pots en terre rouge absolument semblables aux nôtres, et alignés en longues rangées au bord des allées d’arbres et des plates-bandes. En outre du jardin proprement dit, plusieurs grands personnages possédaient, comme dépendances de leurs villas , des parcs avec des étangs poissonneux et des enclos réservés pour le gibier, des étables et des basses-cours. Non contents de chasser dans ces parcs, ils faisaient souvent enclore de palissades un vaste terrain pris sur le désert, dans lequel ils faisaient poursuivre le gibier par leurs chiens ; ou bien ils le tuaient à coups de flèches , ou encore avec de simples bâtons qu’ils savaient lancer assez adroitement pour arrêter net un oiseau dans son vol. C’était, comme de nos jours, la chasse à courre et la chasse à tir, sauf la différence des armes.
Dans des tombeaux ou hypogées de Thèbes et d’autres villes de l’Égypte, on trouve de nombreuses sculptures représentant des jardins. Nous citerons seulement un jardin royal, qui devait être entouré de murs bastionnés. Un canal communiquant avec le Nil était creusé devant l’entrée principale, entre le mur et le fleuve et parallèlement à l’un et à l’autre. Cette entrée consistait en un portail élevé, donnant sur une large avenue de grands arbres. Les linteaux et les pieds-droits du portail étaient décorés d’inscriptions hiéroglyphiques parmi lesquelles se lisait le nom du prince propriétaire de ce domaine. De chaque côté se trouvaient les logements du gardien et des autres serviteurs chargés de l’entretien du jardin, ainsi qu’une salle d’attente où l’on faisait entrer les visiteurs qui ne s’étaient pas annoncés à l’avance. Ces bâtiments avaient des portes s’ouvrant sur l’enclos affecté à la culture de la vigne. De l’autre côté s'élevait une maison à trois étages environnée de beaux arbres verts et offrant une retraite agréable, où l’on venait se reposer et se rafraîchir. A peu de distance et en avant de cet édifice on voyait encore deux kiosques ou pavillons à colonnettes, à demi cachés sous les arbres et ayant vue sur des parterres de fleurs. La vigne occupait le milieu du jardin. Tout autour étaient disposées des plantations de palmiersdattiers et de palmiers -doum. Quatre pièces d’eau où croissaient des plantes aquatiques, et sur lesquelles s’ébattaient des oies et des canards, fournissaient l’eau nécessaire à l’arrosage. Deux carrés situés de chaque côté de la vigne semblent avoir été réservés pour les plantes dont la culture exigeait des soins particuliers ou qui donnaient des fruits de qualité supérieure.
Dans les jardins des particqjiers , il n’était pas rare que les arbres fruitiers fussent mêlés aux plantes d’ornement. Les deux espèces de palmier