VILLA ÉGYPTIENNE
que je viens de nommer tenaient le premier rang dans l’horticulture des Egyptiens, tant à cause de leur beauté que de leur utilité. Les dattes étaient chez eux, comme aujourd’hui chez les Arabes d’Afrique, un aliment populaire. On les mangeait fraîches ou confîtes dans du miel , ou simplement conservées. On utilisait d’ailleurs toutes les parties du dattier. Son tronc, entier ou fendu en deux, était employé dans les constructions. Ses branches, ses feuilles, son écorce servaient à confectionner des treillages
des claies, des paniers, des nattes, des balais, des cordes, etc.
Le palmier-doum ou palmier de Thèbes était surtout cultivé dans la haute Egypte. Le bois de cet arbre est plus compact et plus dur que celui du dattier. Les Égyptiens l’employaient dans la construction de leurs navires. Le fruit est une grosse noix enveloppée d’un tissu ligneux, et renfermant une amande dont la saveur aromatique rappelle celle du gingembre. Mais l’extrême dureté de cette amande la rend peu comestible ; aussi ne la recherchait-on que pour la confection de colliers et d’autres objets de parure. Les feuilles du doum servaient à peu près aux mêmes usages que celles du dattier.
Après les palmiers, les principales espèces végétales cultivées dans les jardins égyptiens étaient le sycomore, le figuier, le grenadier, l’olivier, le jujubier, l’amandier, le pêcher, le canéficier, le myrte, plusieurs variétés d’acanthes, le chrysanthème, le lotus ( nelumbiwn ), le papyrus, le rosier, la violette, etc. Tel était le goût des Égyptiens pour l’horticulture, qu’afin d’augmenter la variété de leurs fleurs et de se procurer des plantes rares, ils exigeaient de certaines nations tributaires qu’elles payassent une partie de l’impôt en graines ou en végétaux de leur pays; et, selon Athénée, les jardins égyptiens étaient cultivés avec tant de soin , qu’on y voyait durant toute l’année des fleurs qui partout ailleurs sont rares, même dans la saison la plus favorable. Les appartements étaient toujours ornés de bouquets; on suspendait aux murailles des guirlandes de fleurs , et quand Agésilas visita l’Égypte, il fut si charmé de la beauté dos guirlandes tressées avec les fleurs du papyrus, dont le roi d’Égypte lui fit présent, qu’il voulut emporter en Grèce plusieurs pieds de la plante qui les avait fournies