LES JARDINS DES INCAS
Lorsque Christophe Colomb aborda les rives enchantées du nouveau monde, il fut tellement ravi à l'aspect de la fertilité que cette nature exubérante étalait sous ses yeux, qu’il fit de ces régions ignorées avant lui une vraie terre de promission où devaient se réaliser les rêves les plus poétiques.
Dès son premier voyage, et à la vue d’une des Antilles, il imposa à un groupe charmant où les merveilles de la nature remplaçaient le travail de 1 homme le doux nom de JcLvd'ifi dl& la FtciTic. En. imposant cette dénomination à ces terres à demi noyées, mais parées d’une éternelle fbrdure, il pensait sans doute a sa protectrice Isabelle la Cothohque et à l’amour inné de cette belle reine pour les fleurs. Plus tard il chercha sur le continent, en remontant le cours majestueux de l’Orénoque, le plus beau des jardins connus. Il nous le dit lui-même, en admirant ces rives qui fleurissent éternellement sous le regard divin, il lui semblait qu<=v pÉden allait lui apparaître et s’ouvrir devant lui. Il était bien excusable apr^ s t 0ld ce r è V eur sublime, d’imaginer ainsi l’existence du paradis terrestre # n’était guère en son temps, de carte enluminée sur vélin, jointe aux tu aités de cosmographie, qui ne présentât aux regards émerveillés des curieux j e j ard i n de délices, avec sa fontaine marmoréenne d’où sortent les quatr^ fleuves II s’en tint à la légende . il n alla pas jusqu à 1 enceinte sacrée oi^ glaive de l’ange devait peut-être s’abaisser devant lui; mais on le sei^ ea i isant ses écrits, ce grand souvenir ne le quitta plus, la terre nç> uvelle dont ü avait dot é l’Espagne était à ses yeux une espèce de jardir* divin où sa pensée errait sans cesse.
Les peuples innocents que visita pour la première fois Colomb dans Haïti, et qui se divisaient en deux races bien distinctes 5 avaient des jardins; ceux
de Guacanagari ne pouvaient se comparer certainement à ceux du terrible
Caonabo. le chef indompté des Caraïbes; mais ces vergers fleuris des Igneris étaient bien plutôt des terrains consacrés à des cultures utiles , que des lieux d’asrément proprement dits. On y faisait croître le yuca ou manioc, l’aji nourrissant, diverses espèces de patates douces, des ignames, le tout entremêlé de palmiers et de pruniers monbins : ce n’étaient point des jardins dans la véritable acception du mot. Les anciennes relations américaines nous font bien voir Anacaona, reine des Igneris, la Fleur d’or, comme on l’appelait (en traduisant son nom dans la langue sonore des vainqueurs), s’avançant majestueusement dans ces campagnes fertiles, suivie d’une cour nombreuse , et se livrant à des danses dramatiques parmi les fleurs ; on ne décrit ni son palais ni ses jardins.
Il n’en fut pas de même en pénétrant dans le Yucatan, siège d’une civilisation évanouie depuis des siècles. Le rude conquistador qui traite habituellement le vainqueur de Montezuma d’une façon si familière, quil l’appelle presque toujours <r notre Cortez », Bernai Diaz constate lui-même cette culture antique d’un peuple qui a laissé partout des vestiges de sa magnificence. Sans aucun doute, les palais d’izamal, de Chichen-Itza , d’Uxmal et de Palenqué étaient accompagnés de jardins. Des arbres séculaires, que l’on rencontre fréquemment parmi ces ruines imposantes , sont là pour 1 attester; ils parent même encore d’un ombrage qui n'a rien perdu de son ampleur ni de sa beauté les ouvrages des hommes, qu’on voit chaque jour s’écrouler et dont les derniers vestiges auront bientôt disparu L
On voit aujourd’hui que ces peuples, dont on commence à exhumer les lointaines origines, furent, en fait d’art et de culture intellectuelle, les maîtres primitifs de ces Aztèques dont Cortez admirait avec une si naïve sincérité la civilisation, parfois supérieure à celle de l’Espagne. Or les jardins, parés d’une foule de merveilles architectoniques, étaient répandus sur toute l’étendue du fertile plateau de l’Anahuac. Le souverain qui régnait à Tezcuco vers le milieu du xv e siècle , et que l'on a presque toujours surnommé le Salomon du nouveau monde, Netzahuatlcoyotzin, avait dans son royaume des jardins d’une incomparable beauté, qui servirent de modèle, un demi-siècle plus tard, à ceux dont Montezuma orna sa capitale.
Un historien, descendant direct des rois de Tezcuco, Fernando de Alba Ixtlilxoxitl (la Fleur noire), a pris soin de nous décrire ces lieux enchantés. Les vastes jardins de l'Athènes américaine étaient plantés au midi et à l’est de l’immense palais où Netzahuatlcoyotzin tenait sa cour et réunissait dans un endroit spécial les savants de l’empire, qui formaient comme une sorte d'académie. Ce vaste jardin, couvert d’aqueducs, de fontaines, de viviers remplis de poissons et de volières immenses, était abrité d’un bois de deux
1 Ce qui prouve incontestablement l’antiquité de jardins plantés d’une façon régulière dans l’ancien Mexique, ce sont les vergers fameux que renfermait la grande cité de Tula, et à l’ombre desquels le législateur de l’Anahuac allait chercher ses inspirations: on les désignait sous le nom de Jardins enchantés de Tsalzitepec; ils renfermaient d’admirables cacaoyers, et au milieu de notre siècle le souvenir n’en était pas encore perdu.
mille cèdres que l’historien admirait encore au moment où il réunissait les souvenirs intimes qui donnent tant de charme à sa narration.
Le roi de Tezcuco ne possédait pas seulement les jardins de Huetecpan et de Cillan, qui étaient devenus l’ornement de sa capitale: il en avait fait planter un grand nombre d’autres, et le plus célèbre de tous était celui de Tetzcotzinco. Nous ne dirons rien ici de ceux de Cauchiacao, de Zinacamoztoc, de Cuetlachiuhtitlan , etc. etc., qui étaient disséminés sur ce beau lac, dont on évaluait alors l’étendue à quatorze lieues sur sept de large. Plusieurs de ces parcs, au dire de l’historien américain, étaient de véritables jardins d’acclimatation où l’on cultivait les fleurs et les fruits des régions les plus diverses. Le roi de Tezcuco ne se contentait point de ces jardins de luxe, qu’embellissaient de splendides constructions destinées à l’arrosage et de vastes labyrinthes : il s’était réservé cinq lots de terre des plus fertiles , qui s’étendaient non loin de la ville, et dont les produits étaient consommés dans le palais. On nous a conservé les noms des cultures royales, qu’entretenaient, hélas! de pauvres gens soumis à la corvée: prestation fâcheuse sous un roi dont on vante la sagesse !
Tetzcotzinco, nous lavons déjà dit, était le lieu de délices par excellence où le souverain des Ascolhuas allait se délasser de ses travaux. Son étendue était immense, et par sa construction il rappelait les fameux jardins de Sémiramis. « On y montait, nous dit Ixtlilxoxitl , par des gradins dont une partie était en maçonnerie , et 1 autre taillée dans le roc. j> Des ouvrages hydrauliques d une admirable exécution avaient été pratiqués dans une montagne voisine, et permettaient d’entretenir une éternelle fraîcheur dans ce parc aérien. Les eaux, amenées ainsi en abondance, grâce à des constructions gigantesques, avaient permis de creuser sur la montagne plusieurs viviers. « Au milieu de l’étang supérieur s’élevait un rocher autour duquel on avait sculpté les hiéroglyphes de toutes les années qui s’étaient écoulées depuis le commencement du règne de Netzahuatlcoyotzin jusqu’à cette époque, ainsi que ce qui s’était passé de plus remarquable dans chacune d’elles; au centre de la roue des années on avait sculpté ses armes, qui étaient une maison consumée pa r les flammes. »
Fatal embleme héraldique, dont le Salomon américain ne soupçonnait pas la dure vérité! Non Seulement le beau jardin de Tetzcotzinco fut ravagé avant le temps, et le palaisg incendié, mais l’ouvrage splendide qui entourait le rocher
riï f' 01 re de destructlon vint d’un saint évêque qui, effrayé des terribles holocaustes humains exigés par la religion sanguinaire d"e Huitzilopuchtli, tentait d. en effacer jusqu’aux moindres vestiges. Zumarraga, le premier eveque d* Mexico, et l’admirable Domingo Betanzos, qui réhabilita es ; z eque, an, leur dignité d’hommes, étaient cependant de fervents amis
eS n . ien : ; Poilrqu01 faut " il que l’archéologie américaine ait de si cruels reproches a leur t^ire !
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fit rendre à Paul 111 la k u! , e ’par laquelle le mon^chrétÏnre^^ 3 ’ P “ r luî à R ° me “ ^
n reconnaissait une âme aux Indiens.
JARDINS DE NETZ AHUATLCO Y OTZIX
Si l’on en croit la tradition conservée par Tezozomoc, 1 historien indigène, le plus ancien jardin de l’empire de Mexico aurait été planté à Huastepec sous la direction d’un certain Tinocetl, surintendant du palais. Le grand roi Moctezuma-Illimacuna, qui régnait au xv e siècle, sentant sa fin approcher, voulut qu’on gravât son image sur les rochers escarpés qui portaient le nom de ces vastes jardins; mais comme il n’y avait en cet endroit que de* marais, de grandes herbes et des joncs de dimensions extraordinaires, il fît d abord amender le terrain, puis on y transporta avec soin les plus beaux arbres de la vallée, les fleurs les plus éclatantes. Disons-le tout de suite, ce que fait aujourd’hui l’horticulture la plus avancée fut pratiqué alors par un peuple à demi barbare : des nattes de roseaux furent tressées pour envelopper les racines des arbres précieux que l’on avait à transplanter et les préserver du contact de l’air. Ce jardin improvisé s’éleva donc comme par enchantement dans un lieu autrefois désert, et l’empereur en exprima hautement son admiration à l’intendant de ses palais. Tezozomoc a poussé le soin jusqu’à nous indiquer les essences qui furent employées pour l’embellissement de ces jardins, et il ajoute que le grand Moctezuma ne pouvait se lasser d’admirer l’infinie variété des fleurs qu’il ne connaissait pas jusqu’alors, et que l'on avait réunies si curieusement pour charmer ses regards.
Ces beaux jardins ne paraissent pas avoir été destinés au public. L’empereur s’y promenait solitaire. Armé d’une sarbacane d’un prix inestimable et sur laquelle l’art minutieux des Aztèques avait peint toutes sortes d’animaux , il abattait les oiseaux magnifiques , hôtes paisibles de ces bois improvisés. Il en tirait lui-même ces plumes aux, nuances éclatantes qu’il obtenait d’ailleurs comme un tribut précieux de son vaste empire, et qui servaient de monnaie dans le pays. Parler de plumes à propos de jardins, cela peut paraître au premier aspect une sorte d’anomalie : il n’en est rien, les artistes mexicains étaient sans contredit les plus habiles fabricants de fleurs artificielles en plumes qui existassent au monde. Dès le début de la conquête, on fit hommage au saint -père de quelques spécimens de l’art charmant qu’ils pratiquaient avec une si rare habileté , et ils trouvèrent des admirateurs passionnés au temps où vivaient encore les Raphaël et les Léonard de Vinci.
Ces petits chefs-d oeuvre n existent plus : la fragilité de la matière employée pour les composer les a fait disparaître; mais la tradition, qui s’étend longuement sur leur mérite, ne saurait mentir, et les historiens dont nous consultons les descriptions diverses renferment, à propos de ce qu’ils appellent l’Arte plumatoria, les détads les plus curieux. Le grand roi Moctezuma, nous le supposons du moins, faisait exécuter en plumes les fleurs splendides qu’offraient ses jardins de Huastepec.
Après avoir signalé les beaux jardins du roi de Tezcuco et ceux dont nous venons de parler, nous aurons moins de choses à dire de ceux que fit planter Montezuma à Mexico. Le principal de tous s’élevait sur remplacement occupé par San-Francise 0 , et l’on ne peut pas dire d’une façon absolue
LES JARDINS Dü MOYEN AGE ET DE LA RENAISSANCE
que tout vestige en ait disparu. Un azebuche (olivier sauvage) qu’un ordre fatal faillit détruire en 1811, et dont la végétation est d'une admirable vigueur, rappelle tout ce qui reste des merveilles végétales admirées encore par Cortez.
Ce n'est pas seulement le vainqueur de Montezuma qui vante les jardins de Chapultepec : le chapelain du conquistador, dont on connaît la sincérité parfois dédaigneuse, Gomana ne se refuse point à les considérer comme devant exciter au plus haut degré l’admiration des Européens. Dessinés en partie sur le modèle de ceux de Tezcuco, les jardins de Tenochtitlan ne renfermaient pas seulement des plantes rares : on y avait installé des ménageries bien supérieures à celles que possédaient l’Espagne et la France. Cortez ne tarit pas dans ses termes pleins d’admiration, lorsqu'il entretient Charles-Quint de ces merveilles, dont une planche grossière de Savorgnano, quasi contemporaine, a transmis les dispositions principales. 11 y avait des loges pour les jaguars, les couguars, les pumas et les ocelots; des cages admirablement disposées, dans lesquelles étaient réunis les plus beaux oiseaux de l’empire, et surtout des aigles majestueux; des viviers nourrissaient la légion des poissons connus, et les soins les plus minutieux pourvoyaient à l’entretien des diverses espèces; on avait enfin réuni dans des lieux souterrains des serpents énormes et des sauriens gigantesques qu’on nourrissait avec le sang des victimes, recueilli sans trêve au pied des téocallis. Les vainqueurs ne cachent pas l’horreur profonde que leur inspira cette portion des ménageries de Montezuma , et pour en distraire l’esprit du lecteur ils passent à l’é range gynécée où l’empereur des Mexicains avait réuni, pour son divertissement, de pauvres créatures appartenant à notre espèce, que la nature avait affligées des monstruosités les plus bizarres. C’était la comédie burlesque à côté des terribles images de l’enfer mexicain.
Parmi les merveilles d’un genre tout à fait nouveau qui attirèrent les regards des Espagnols, il y en avait une que les conquistadors ne se lassaient point d’admirer, la seule, à bien dire, qui ait persisté à travers les siècles parce qu’elle s’est perpétuée elle-même, presque jusqu’à nos jours, grâce à l'inépuisable fécondité de la nature sous ces climats : nous parlons ici des chinampas, ou jardins flottants b
Les Mexicains avaient imposé eux-mêmes à ces vrais trains, chargés de fleurs et de fruits, le nom significatif de Terre au milieu des eaux; la nature de la contrée explique leur construction et la longue durée de leur existence.
1 Toas les détails qu’on va lire sur les jardins flottants du Mexique m’ont été donnés, en 1866, par M. Ferdinand Denis , qui non seulement est très versé dans la connaissance des antiquités mexicaines, mais avait visité l’Amérique centrale et le Mexique. M. F. Denis a vü alors les jardins flottants, et il n’est pas le seul voyageur qui en parle. Je dois dire toutefois que j’ai eu l’occasion d en interroger quelques-uns pour qui les chinampas étaient une chose inconnue, et tout récemment une dame de Mexico, fixée en France depuis quelques années, m'a déclaré n’avoir jamais rien vu de semblable dans son pays. Faut -il en conclure que ces jardins flottants n’existent plus? Peut-être. Quoi qu’il en soit, les témoignages négatifs dont je viens de parler ne doivent aucunement faire révoquer en doute le témoignage affirmatif de mon savant et vénérable ami, M. Ferdinand Denis, et des autres auteurs très sérieux et très véridiques qui ont tour à tour décrit les jardins flottants du lac de Tezcuco.
Les grandes villes baignées par le lac de Tezcuco s étaient élevées comme Venise, et comme Venise présentaient aux regards des canaux bordés fréquemment de somptueuses habitations ; les chinampas les approvisionnaient chaque jour de légumes, de fruits et surtout de fleurs. Les Mexicains , dont la religion offre à nos yeux tant de barbaries, mêlaient toujours les fleurs à leur culte, et faisaient des fleurs un perpétuel échange avec leurs dieux; les jardins flottants du lac les apportaient jusqu’au pied des autels.
Au dire des vieux historiens, les antiques chinampas n’avaient pas eu une origine aussi poétique que celle qui leur était accordée par certains écrivains : ils étaient nés de la famine et de la guerre. Selon Clavigero 1 , les jardins flottants remontaient au commencement du xiv 6 siècle. A cette époque, on le sait, les peuples de Colhuas et les Tepanèques avaient triomphé des Mexicains proprement dits. Ceux-ci, pour rester dans le vrai, n’avaient conservé de libre que Tenochtitlan et les alentours du lac sur lequel elle a été bâtie. Il fallait vivre : les Aztèques trouvèrent dans les plantes aquatiques qui croissaient en abondance sur les rives du lac les matériaux de ces champs légers formés d’une terre noire , substantielle et abondante ; on planta sur ces plateaux verdoyants, qu’un ou deux rameurs entraînaient loin des rives, du maïs, des racines nutritives, de simples légumes enfin. Le vieil historien fait observer que ces chinampas primitifs étaient fortifiés de broussailles. Les cultures mouvantes se multiplièrent, et les habitants de Mexico se virent sauvés ainsi de la famine. Plus tard, les chinampas furent conservés, mais on les couvrit de fleurs variées et de plantes odoriférantes. Il y a un siècle environ, il y avait encore de ces radeaux fleuris, du sein desquels sortait un arbre dont l’ombre pouvait garantir l’horticulteur de 1 ardeur du soleil; sur quelques autres une sorte de cabane rustique remplissait le même office.
La tradition s’est perpétuée, mais seulement parmi les Indiens. C’est même, à Mexico, à peu près tout ce qui reste d’une civilisation originale, et dont les vestiges se sont de plus en plus altérés. Seulement, au lieu d apporter leurs tributs devant les téocallis, où des milliers d’hommes sacrifiés faisaient comme un tapis de pourpre à ces pyramides tronquées , ils approvisionnent de légumes et de fleurs les ménagères de Mexico.
C est surtout à Santa-Anita, à Ixtacalco, jolis villages situés sur le lac, à peu de distance de la capitale du Mexique , que les chinampas se revêtent de leur plus belle parure. Ixtacalco signifie, dans la langue des Aztèques, la « Maison blanche ». Cette bourgade montre, en effet, ses riantes habitations à 1 ori ine du grand canal par lequel la lagune de Chalco mêle ses eaux à celles du lac, Santa-Anita n est pas non plus bien loin de là. La population, aisée et laborieuse de ces deux petites localités se compose exclusivement d Indiens, et Ion peut dire que ces braves gens sont aujourd’hui à peu près ce qu ils étaient au temps de la conquête. Quelques-unes des maison-
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